Mes problèmes avec la diabolisation des sirènes
Introduction
// TRIGGER WARNING : Sexisme, misogynie, slut-shaming, politique, tout ce qui est lié aux violence sexuelles ... Et avis impopulaires, évidemment //
Ceux qui me connaissent (et même en dehors de ce blog) savent qu'en plus d'être un défenseur de la Petite Sirène de Disney, je ne suis pas fan de l'idée de faire de la sirène l'incarnation du mal et suis de moins en moins tolérant envers cette tendance.
Et quand ce n'est pas les sirènes, c'est les elfes et les fées, ce qui me gonfle tout autant.
Alors, je ne vais pas trop aborder (du moins pas directement)... le doigt d'honneur de DreamWorks à l'encontre des fans de la Petite Sirène et de sirènes en général qui en 2023 qui m'a pourtant bien énervé, croyez-moi. Rien qu'aux bande-annonces qui annonçaient la couleur jusqu'à insulter sans détour lesdits fans et même le synopsis qui n'a fait que confirmer mes craintes en crachant sur les morales de la Petite Sirène et d'autres classiques Disney (genre le Bossu de Notre-Dame, Zootopie ou même Pocahontas), le Pixar sorti la même année mais aussi sur de précédentes productions DreamWorks bien plus respectables (genre le Prince d'Égypte ou Dragons, rien que le premier opus) et plein d'autres dessin animés qui critiquent l'autoritarisme et l'intolérance, dénoncent l'esclavage, le génocide et l'abus de pouvoir de manière générale, incitant à l'empathie, la compassion, la tolérance et même la remise en question et ayant pour message "Ne sois pas raciste" — et ouais, des morales qui pour moi sont devenus des règles de vie fondamentales, si ce n'est l'évidence même, surtout quand on s'adresse à des gosses, donc je vous laisse imaginer comment je prends le fait qu'un dessin animé s'adressant à des gosses décide de prendre ses règles à contre-pieds. Tout ça pour du hate-art à peine digne de ce qu'on trouve sur DeviantArt et transmettre à la place un message aussi discutable que dangereux, surtout au vue de l'actualité.
Donc soyez pas surpris que je sois tant remonté à ce sujet. Et dire qu'il a fallu que sorte le Robot Sauvage un an plus tard pour que je me réconcilie avec le studio (et encore, j'en viens à ne plus apprécier la saga Shrek à cause de ça).
Et je ne vais pas non plus m'attarder sur la version film d'horreur de la Petite Sirène... qui d'après la critique d'Azz L'épouvantail ressemblerait moins à une version horrifique du conte d'Andersen ou même du classique Disney qu'à une adaptation non officiel d'une œuvre de H.P. Lovecraft... même si le fait d'avoir appelé le personnage principal Eric Prince m'a bien donné envie de m'arracher les cheveux.
Juste faire remarquer que ça en dit long quand niveau représentation des sirènes ces dernières années, celui qui s'en sort doit être le remake de la Petite Sirène et ce avec tous les défauts intrinsèques des remake Disney, voire les productions Disney actuels...
Et je sais qu'étant des créatures imaginaires, toutes interprétations qu'elle soit positive ou négative est valable. D'autant qu'à l'origine, la sirène était loin d'être dépeinte comme une créature gentille et bienveillante (rendant la démarche marketing de DreamWorks encore plus insultante et inexcusable).
Seulement, pour des raisons qui seront développés plus tard, dépeindre la sirène comme une méchante créature vaniteuse et manipulatrice qui attire les marins de son chant dans le seul but de les noyer devrait selon moi ne plus être d'actualité, ni même être pris au sérieux.
Et j'ai longuement réfléchi aux raisons pour lesquels j'étais de moins en moins tolérant envers cette interprétation dégradante de la sirène, quand bien même aucune loi ne l'interdit, pourquoi ça m'embête plus qu'avec les dragons, les vampires, les loup-garous ou les orcs, et je pense pouvoir l'expliquer avec l'esprit suffisamment clair.
Mais d'abord, débarrassons nous de l'évidence.
Mes raisons personnelles
Alors oui, peut-être que mon aversion pour la diabolisation de la sirène a un rapport avec mes goûts et le fait que l'une d'entre elle a été mon crush d'enfance.
Peut-être que ça a aussi un rapport que j'ai grandi avec des médias qui m'ont donné goûts et développé chez moi une sympathie envers des créatures imaginaires (jusqu'à me lancer dans la création d'une mini-série de BD avec pour personages principaux des centaures) au lieu de les craindre et les considérer comme le diable, comme je viens d'une famille chrétienne et qu'on m'a imposé le catéchisme.
Il également vrai que dès lors qu'on parle de fantasy, j'ai beaucoup plus d'intérêt dans les races non-humaines que les races humaines qui pour moi est une race plus vanilla tu meurs. À tel point que ça m'exaspère qu'une saga de fantasy avec un lore aussi riche que le Seigneur des Anneaux ou Warcraft reste centrée sur des humains, jusqu'à rendre les races non-humaines au mieux anecdotiques ou mieux inexistantes quand elle ne sont pas réduites à des monstres à buter purement et simplement et que quand je joue au MMORPG comme World of Warcraft, l'humain n'est jamais la race que je joue en premier (et pourtant, je suis plutôt touche-à-tout dans ce genre de jeu).
C'en est un point où dans mes créations, que ce soit mes BDs ou mes fanfics sur World of Warcraft entre autres, je prends pour parti pris de privilégier le point de vue de race non-humaines.
Il y aurait aussi un rapport au fait que j'ai grandi avec des classiques Disney comme la Belle et la Bête ou le Bossu de Notre-Dame qui ont tout deux pour message de ne pas s'arrêter aux apparences, que le vrai monstre n'est pas toujours celui qu'on croit et peut très bien être un être humain pas si différent de nous et que le monstre désigné, à l'inverse, révèle plus d'humanité que la plupart des êtres humains tels que vous et moi.
Certes, ce n'est pas très original mais ça reste largement plus pertinent et subversif que d'arrêter toute réflexion à "Humain = Bon, autre chose = Mauvais" — une manière de penser très discutable, surtout quand on voit à quoi mène ce genre de réflexion.
En fait, j'estime qu'il est important de rappeler que les humains ne sont pas meilleurs que les monstres qu'ils diabolisent et que c'est une erreur de penser le contraire, surtout au vue de ce qui se passe en ce moment. On peut même affirmer qu'il y a dans ce monde des humains plus néfastes et terrifiantes que n'importe quel monstre imaginaire. Il n'y a que regarder l'actualité, voir ce que prônent les puissants et comment ils traitent ceux qui protestent contre leur discours de haine, contre le génocide et aux crimes de guerre, défendent la diversité et l'équité, encouragent à l'empathie ou se soucient du climat et de l'environnement.
Je sais qu'il y en a qui sont soûlé qu'on donne le mauvais rôle aux humains (ou plus spécifiquement en blanc) dès qu'on parle d'écologie et d'injustice sociale mais au bout d'un moment, faut l'assumer et si ça pose tant problèmes que ça, vous n'avez qu'à vous plaindre à ceux qui vous donnent une si mauvaise réputation plutôt qu'aux auteurs qui ont font une critique.
Et ce n'est pas pour rien que dans ma BD sur les centaures, je donne en grande partie le mauvais rôle à des humains en tenue de Croisés et dont la philosophie peut se résumer ainsi : "Humain = Bien, pas humain = Mal incarné".
D'autant que cette tendance à déshumaniser et diaboliser "l'autre" pour être différent, lui projeter ses pires travers, jusqu'à condamner toute empathie à leur égard et t'auto-convaincre d'être supérieur et au dessus de tout reproche, c'est non seulement dangereux et malhonnête mais très extrême droite, ce qui fait déjà une bonne raison de remettre en question ce genre de réflexion au lieu de l'approuver aveuglément.
Bref, ce qu'il faut retenir de cette section c'est qu'en dehors de mes goûts personnels, j'ai atteint un stade où les monstres qui font notre imaginaire me paraissent bien risible comparé aux monstruosités commis par des êtres humains comme vous et moi.
Et encore une fois, si ça vous gonfle tant qu'on fasse des humains les vrais monstres de l'histoire mais que vous n'avez aucun souci à diaboliser des créatures fictives à peine plus mauvaise et dangereuses, c'est pareil.
La fausse originalité et subversion
Je le dit et le redit, faire de la sirène un monstre maléfique n'a rien d'original ni de subversif. Une telle interprétation est aussi vieille que le temps.
Même pour aller à contre-courant et casser l'image positive qu'on depuis la Petite Sirène (que ce soit celle d'Andersen ou de Disney), bien... tu ne casses rien de tout, tu ne fais que revenir au courant d'origine. Un courant démodé bien avant qu'on ait inventé ce terme. Et qui a déjà été cassé entretemps.
Donc non seulement tu n'inventes rien du tout mais tu casses ce qui ai déjà cassé.
Ce n'est plus de la créativité à ce stade, c'est l'opposé. La destruction pour la destruction.
Et puis merde ! Même Disney n'a pas fait que des bonnes sirènes ! Je vais dire, vous vous rappelez de Peter Pan et de ces sirènes fan-girls qui tentent de noyer Wendy... juste pour être là.
Du coup, je repose la question vis à vis des sirènes. Car contrairement aux orcs ou même aux dragons, je les imagine assez mal prendre d'assaut une ville, même portuaire, pour la mettre à feu et à sang.
Ce qui m'amène au point suivant...
La sirène est-elle si dangereuse que ça ?
Comme je l'ai dit plus tôt, le seul moyen de mettre la sirène au même niveau de dangerosité qu'un serpent de mer ou poulpe-zilla, c'est de lui donner le pouvoir de contrôler les océans, voire d'en faire directement le dieu Poseidon. Autrement, c'est juste Aquaman mais avant que Jason Momoa le rende cool aux yeux du public lambda, à l'époque où on ne le retenait que comme le super-héros qui parle aux poissons.
Et encore une fois, les centaures étaient loin d'être des anges dans la mythologies grecques et même en ayant conçu une BD où ils font office de protagonistes (et promis, c'est la dernière fois que je vous embête avec ça), j'adhère mieux à leur dangerosité, sachant qu'un cheval peut être dangereux quand il est stressé ou en rut.
Aussi, tout ce qui est dragon, ogre, troll vampire, loup-garou, zombie, j'adhère sans souci la dangerosité, dès lors qu'on parle de lézards cracheur de feu, de géants mangeur d'hommes, d'hommes d'apparence ordinaire qui se transforment en bête sauvage à la nuit tombée et laissent volontairement ou non libre cours à leur bestialité, de morts-vivants qui en après votre cerveau ou votre sang et qui dans le cas des vampires disposent de certains pouvoirs pour manipuler ou vous piéger, etc...
Mais les sirènes, rien qu'en jugeant leur description actuelle, on parle de créature avec pour jambe une queue de poissons, qui ne peuvent ni marcher sur se tenir debout sur la terre ferme et risquerait même d'y mourrir de déshydratation si elles restent trop longtemps à sec. À votre avis, pourquoi est-ce si important dans la Petite Sirène que ladite sirène se voit obligée de marchander avec une sorcière afin d'obtenir des jambes et ainsi approcher son prince ?
Et non, les queues de poisson ce n'est pas comme les nageoires d'un phoque ou d'une otarie. Parce qu'il y a des os dans leur nageoires à eux, comme chez tous les mammifères, leurs nageoires étant simplement des pattes atrophiés, et même avec ça, c'est pas l'idéal pour fuir un prédateur terrestre. Et même si les queues de sirènes étaient bâti comme des queues de dauphins, ça restera un long coccyx et rien qui leur permettrait de se tenir debout à la surface, donc pas différent d'une queue de poisson. Donc plus comparables à des cul-de-jattes qu'autre chose. À la limite, si leur queue étaient bâti comme une queue de serpent...
Sûr, il existe des itérations comme Splash ou la série H2O où leur queue de poisson peut se transformer en jambes quand elles sont sec et redevenir une queue de poisson quand elles sont mouillées. Même dans ces cas là, elles se retrouvent hors de leur élément et vu que dans les exemples que j'ai cités, tout le truc c'est qu'elles doivent en aucun se montrer sous leur vraie forme et donc pour éviter de se faire mouiller en public au risque de finir dans un laboratoire d'expérimentation. Ce qui devient vite gênant quand il pleut ou simplement dans un environnement où l'eau donc utilisé quotidiennement, voire entourée d'eau et le fait que c'est impossible de vivre sans eau. Donc même dans de tels conditions, la sirène est juste un poisson hors de l'eau dans tous les sens du terme, plus à la merci de ses supposés victimes qu'autre chose. Donc pas vraiment de quoi la considérer comme dangereuse.
Quand à leur fameuse voix "ensorcelante" qui fait l'essence du mythe de la sirène...
Ben même là, je n'y crois qu'à moitié.
À la limite, si leur voix rendait irrémédiablement fou ou tuait quiconque l'entendait telle un cri de mandragore et exigerait d'être sourd pour en être immunisé, je l'entendrais (sans mauvais de jeux de mot). Ce serait comme la Méduse, le basilic ou le cocatrix qui tuerait ou changerait en pierre quiconque croiserait son regard.
Mais si tout ce qu'elle fait c'est te charmer temporairement, il n'y a pas vraiment de danger. Surtout si tu peux en survivre ou que t'as juste à te boucher les oreilles pour t'en protéger.
Et c'est précisément ce qu'ils font dans l'Odyssée d'Homère pour survivre aux sirènes.
Et de mémoire, Ulysse et ses hommes ont eu plus de difficulté avec le cyclope Polyphème, la sorcière Circée, les Lestrigons (géants anthropophages), Scylla le monstre à six têtes, Charybde le monstre-tourbillon et même les mangeurs de lotus, pour qu'au final ce soit un éclair de Zeus qui eut raison du navire et de l'équipage d'Ulysse, en punition du sacrilège d'avoir consommé du bétail du dieu-soleil. Et notez bien que c'est bien Ulysse l'unique survivant de cette odyssée qui parvient malgré tout à rentrer chez lui et retrouver sa famille. Le même Ulysse qui durant l'épisode des sirènes fut le seul à ne pas se boucher les oreilles, demandant à la place qu'on l'attache au mât de son navire — et le même qui a eut l'idée du Cheval de Troie, permettant aux grecs de gagner la Guerre de Troie — donc le seul à avoir entendu leur chant si "mortel".
Sans parler de Charybde et Scylla qui viennent juste après les sirènes, qui se révèlent être des monstres bien plus terrifiants et meurtriers, inspirant la fameuse expression signifiant "aggraver la situation".
Ce qui fait ce que j'ai encore plus de mal à prendre au sérieux la dangerosité des sirènes même dans ce contexte alors que c'est censé être leur mythe d'origine.
Parce que comparé à tout ce qu'ils affrontent durant cette odyssée, l'épisode des sirènes est une vraie blague. Et c'est leur moment le plus connu de toutes la mythologie grecque. Ça et quand elle se font clouée le bec par le chant d'Orphée lors de la quête de la Toison d'Or. Raison de plus de ne pas prendre leur dangerosité au sérieux !
C'est comme si Persée anéantissait la Méduse simplement en portant des lunettes de soleil, et que le pouvoir pétrifiant de cette dernière n'était que temporaire, qu'elle s'estompait aussitôt que la créature sort du champ de vision de sa victime.
Sans compter que dans la mythologie grecque, les sirènes étaient décrites non comme des femmes-poissons mais plutôt comme des femmes-oiseaux... ce qui rend leur mythe encore plus absurde selon ses propres critères.
Déjà, comment ne pas les confondre avec les harpies ?
Ensuite, pourquoi s'embêterait-elles à chanter pour attirer les marins si elles peuvent simplement voler et atteindre leur embarcation sans problèmes ? Parce qu'autant les sirènes-poissons, à moins de s'en prendre à de petites barques, elles ne risqueraient pas de se hisser sur leur bateau au risque de se retrouver hors de leur élément naturel et d'être à la merci de leurs victimes comme je l'ai démontré plus haut donc on peut supposer qu'elles n'ont d'autres choix que de les attirer vers elles, autant les sirènes-oiseaux n'ont pas ce problème. Rien ne les empêche d'attaquer directement les marins à la manière des Oiseaux d'Hitchcock.
C'est pour dire à quel point les sirènes de la mythologie grecque sont une véritable blague et pas seulement en comparaison des autres monstres marins.
Le Joueur de Flûte de Hamelin est plus dangereux qu'elles... sauf si t'as la présence d'esprit de le payer pour ses services de dératiseurs.
Hé ! Le Roi Midas avec son pouvoir de changer tout ce qu'il touche en or est plus dangereux qu'une sirène à la voix séductrice car rien ne dit dans le mythe si ce qu'il a changé en or volontairement ou non retrouve son apparence d'origine. Et on ne parle pas même d'un monstre de quelconque mythologie, juste d'un roi assez cupide et stupide pour faire le vœu de changer tout ce qu'il touche en or, y compris l'eau et la nourriture ou des êtres vivants, et qui fait tellement de conneries qu'il finit avec littéralement des oreilles d'ânes.
Et encore une fois, t'as les autres monstres marins que j'ai cité précédemment. Que ce soit le Kraken, le Léviathan, Moby Dick ou même Poseidon, c'est une tout autre histoire.
Parce que s'ils existaient, avec eux, ce ne sont pas des oreilles bouchées qui vont te sauver la vie, c'est un miracle. Tu serais complètement impuissant et désœuvré face à eux.
Même dans Pirates des Caraïbes 2, nos héros n'arrivent pas à venir à bout du Kraken, parvenant seulement à le blesser et à l'énerver davantage ce faisant, les obligeant à abandonner le navire (et sacrifier leur capitaine).
D'ailleurs, les pirates sont milles fois plus dangereux que ne le seraient les sirènes, car eux ne se contente pas de chanter pour attirer leur victimes, ils les abordent.
Et même les Final Fantasy qui ont fait du Kraken un boss récurrent et du Léviathan une invocation également récurrente ont compris que même en tant qu'ennemi, la sirène ne pouvait être qu'une moindre menace.
Alors que t'essaies de me faire passer une sirène comme la chose la plus dangereuse et maléfique qui existe dans les océan quand t'as juste à côté des monstres marins capable de provoquer un raz-de-marée et de chavirer un bateau de croisière d'un simple coup de nageoire et le font sans vergogne, que tu m'obliges à préférer ledit monstre avec un tel potentiel destructeur à une sirène qui risque à tout moment de se faire capturer et finir dans un aquarium si elle se montre sous sa vraie forme... Arrête de te foutre de moi.
Si en plus le but est de me convertir au culte de Cthulhu, c'est bon on ne va pas être copain — d'autant que, même sans avoir lu l'Appel de Cthulhu, je suis sûr que Lovecraft insistait sur la dangerosité d'un tel culte comme du monstre faisant office d'idole.
Donc que t'insultes mon attrait pour les sirènes n'est déjà pas cool en soi mais me forcer à idolâtrer à la place une créature gigantesque avec une tronche de calamar et au potentiel destructeur, c'est juste ajouter l'insulte à l'injure en plus d'être contre-productif. Ce n'est même plus mon affection pour une créature mythologique que t'insultes là, c'est mon intelligence (déjà bien limité comme ça) et ça, c'est un carton rouge. Alors excuse-moi de ne pas être tendre avec toi.
C'est comme me convaincre que je devrais redouter et haïr des super-héros tel que Batman ou Spiderman et à la place idolâtrer des kaijus comme Godzilla.
Et j'ai déjà un souci avec les kaijus, en particulier ceux qu'on veut me faire passer pour des protecteurs de l'humanité alors qu'ils provoquent autant si n'est plus de dégâts que les monstres qu'ils dézinguent, sans même avoir à combattre quoi que ce soit et n'ont même pas le mérite d'être présenter comme de gentils géants à force de nous les montrer détruire des villes comme Tokyo avec la finesse d'un éléphant bourré dans un magasin de porcelaine. Et je comprends encore moins que dans un monde post-11 septembre, on s'extasie encore sur des monstres et la destruction qu'ils provoquent, monstres qui par leur simple présence feraient un événement aussi traumatisant pour un fait divers. Pour rappel, Godzilla était à la base une allégorie de l'armement nucléaire et un rappel du trauma causé par le bombardement d'Hiroshima, alors pourquoi en faire une sorte de Messie ?
Au moins, les super-héros font en sorte de limiter les dégâts, surtout humaines et se soucient réellement de sauver leur job, vu que c'est un peu leur job. Parce qu'à moins que Godzilla ait été élevé par des humains à la manière de Denver, n'essaie de me faire qu'il en a quelque chose à foutre de l'humanité. Pourquoi il en aurait ?
Ce qui fait également que, contrairement à ce que j'ai vu clamer sur Internet pour encenser et défendre... vous-savez-quoi, non, je ne vois en quoi le Kraken serait plus intéressant comme "race" mythologique que la sirène. On parle d'un monstre marin au potentiel destructif, dont l'intérêt se résume à être imposant et dévastateur. T'aurais la même chose avec un sous-marin nucléaire dernier-cri.
Surtout que la représentation la plus commune du Kraken est céphalopode géant donc t'aurais la même chose avec un poulpe ou un calamar ordinaire en nous mettant du point de vue d'une crevette.
Même si t'en faisais une sorte de sirène mais en version pieuvre comme Ursula de la Petite Sirène, déjà d'un, on appelle ça une cecaelia, renseigne toi un petit peu sur les monstres que tu veux mettre sur le devant de la scène avant de te la péter d'avoir réinventer la roue et de deux, DUCON, c'est juste des sirènes avec des tentacules à la place de la queue de poisson ! C'EST DU PAREIL AU MÊME ! Que t'aies un fétichisme des tentacules, c'est ton droit, mais au bout d'un moment assume-le au lieu d'imposer des goûts de merde aux autres... tout en insultant les leurs. Tu ne rends service à personne à cracher dans la soupe des autres pour leur servir à la place celle que t'as fait avec ton urine.
....
Pardon d'être aussi vulgaire et offensant — d'autant que j'avais promis de ne pas m'attarder sur ce sujet, mais c'est pour dire à quel point ça m'énerve. Et ce n'est pas aidé par ceux qui approuvent pour se donner raison.
Un mythe si facile à débunker...
... En plus des raisons évoqués plus haut.
Parce qu'après tout ce qu'on a démontré plus haut, avec tous ces hurluberlus qui se croient "original" de reprendre l'image de la Petite Sirène pour en une mauvaise méchante d'un teen-drama (vous savez, le genre d'antagoniste que personne n'aime, pas même ironiquement) parce qu'ils veulent à tout prix casser l'image positive de la sirène, il n'y en ait pas un qui ce soit penché sur celles de la mythologie grecques et se soit dit : "Et si ces sirènes-là n'ont jamais voulu attirer les marins pour les noyer mais au contraire les prévenir qu'ils approchaient de récifs tel des cornes de brumes ? Seulement les marins sont trop cons pour faire la différence entre 'N'approchez pas !' et 'Venez plus près', surtout venant d'une voix féminine, à une époque où les femmes n'étaient pas encore autorisé à naviguer, et que ces crétins raisonnent avec leur b***".
Ou bien dans le pire des cas que les sirènes seraient tout simplement... de trop bonne chanteuse.
Je veux dire, il n'y a rien d'anormal d'être charmé et captivé par la voix d'un bon chanteur, par sa chanson ou sa musique — on peut même résumer tout l'intérêt de la musique à ça.
Et même un mauvais chanteur, à défaut de vous charmer, pour faire perdre toute concentration.
Autant conclure quand vit constamment entouré de "sirènes", qu'on les écoute tous les jours à la radio.
Encore une fois, dans la mythologie grecque, les sirènes se font battre par Orphée qui se meilleur chanteur. Donc suivant cette logique, Orphée est le mec le plus dangereux de toute la Grèce antique, plus qu'Hercule et sa force surhumaine, et lui tout ce qu'il a accompli c'est aller et revenir des Enfers pour délivrer sa femme et au final la perdre définitivement.
Pour ce qui est de l'origine du mythe de la sirène, j'avoue que je n'ai rien pour corroborer mes théories (n'ayant ni le temps ni la patience de décortiquer toute la mythologie pourquoi et comment ça a été conçu ainsi). Mais je ne peux m'empêcher que ça a été inventé de la même manière que les gremlins bien avant que le film éponyme de Joe Dante ne les ait rendu populaire, inventés à la base par des aviateurs pour "expliquer" les défaillances de leurs avions à l'époque où l'aviation était encore un truc réservé à la guerre ou au service de coursier.
Il serait donc logique d'assumer que les sirènes ont été imaginé de la même manière pour justifier les naufrages à une époque où la navigation n'était pas encore au point.
Quant à l'image de la sirène et à son chant envoutant, je suppose sans pour autant pouvoir le prouver ont dû entendre des cris de mouettes ou des chants de baleines qu'ils ont pris à tort pour des voix humaines. Et que passer des jours, voire des mois en mer, avec une pénurie d'eau potable et de la nourriture avariés a dû altérer leur sens et leur faire voire des trucs aussi improbable qu'un poisson avec un buste et une tête de femme.
Il y a aussi le cas connu de lamantins pris à tort pour des sirènes que j'ai vraiment du mal à comprendre même avec ma théorie de marins qui perdent la boule. Quoi, parce que les mamelles des lamantins sont situés sous les bras et que donc on dirait des seins ? Et alors ? Les éléphants aussi ont des seins, également situés sous les bras, même plus visible que chez les lamantin et je ne vois personne les confondre avec des créatures séductrice !
Aussi, il est important de noter que les marins sont réputés pour être superstitieux. Au point de non seulement bannir un lapin vivant de tout voyage maritime par peur qu'il ne ronge le bois et le cordage, mais aussi son nom.
Et qu'en plus de ça, durant une certaine période, la présence d'une femme à bord n'était pas très bien vue, soi-disant par qu'elles porteraient malheur ou du moins susciteraient la tension et la frustration au sein d'un équipage exclusivement masculin. Parce qu'en plus d'être superstitieux, ils étaient aussi très sexistes.
Parce que ça aussi c'est un truc récurrent dans les mythes et folklores antiques ou médiévales, ce sexisme omniprésent qui consiste à toujours donner le mauvais rôle aux femmes, jusqu'à leur reprocher tous les maux du monde et inventer des monstres comme allégorie de leur féminité soit disante "toxique", et ce même quand la femme en question est plus victime qu'autre chose.
C'est le cas pour la Boîte de Pandore, Eve et le fruit défendu, c'est le cas pour tout le mythe autour de la sorcière et ses procès consistant à noyer des femmes soupçonnés de sorcellerie juste pour voir si elles flottent et ainsi confirmer leur nature de sorcière quand elles ne sont directement envoyés au bûcher pour des motifs arbitraires.
Aussi, toujours, dans la mythologie grecque, les Amazones, ces fameuses femmes guerrières vivant dans une société matriarcale qui les pousseraient à sacrifier (ou même simplement estropier) leurs enfants mâles pour n'élever que des filles. Ce qui ont dit sur comment les grecs de l'époque considéraient le matriarcat (à savoir le patriarcat mais dans l'autre sens).
Et puis il a tristement célèbre Méduse qui avant d'être un monstre aux cheveux de serpents et au regard pétrificateur était une belle femme violée par le dieu Poseidon dans le temple d'Athéna qui en représailles, plutôt que de punit comme il se doit le dieu des océans s'en prend à sa victime et la transformer en gorgone pour qu'elle finisse décapitée par Persée — car ce dernier a eu l'intelligence de parier avec son futur beau-père qu'il ramènerait la tête de la gorgone comme cadeau de fiançailles et s'en servira finalement comme arme pour pétrifier ses ennemis. J'en viens à demander qu'on réhabilite Méduse alors que je n'ai été amoureux des serpents.
Sans parler que durant une longue période (et peut-être encore aujourd'hui, malheureusement), les femmes avaient moins de droits que les hommes, tant et si bien que les hommes avaient le contrôle sur elles, y compris dans leur manière de s'habiller ou leur vie sentimentale, voire leur sexualité et même leur grossesse, jusqu'à les traiter comme des objets, comme des possessions et décider à leur place qui elles devaient ou non épouser. Et que de ce fait, c'était mal vu à cette époque qu'une femme s'habiller comme elle le désirait (même si elle n'avait rien de provoquant dans sa tenue) ou fréquentait un homme sans l'autorisation de ses parents, voire qu'elle fréquentait d'autres hommes, même célibataires, et ait "l'audace" d'avoir une relation sexuelle et néanmoins consenti avec l'un d'entres eux sans être mariée, que ça suffisait à se faire traiter de... mot en P.
J'exagère peut-être mais je rappelle qu'à une époque (genre au moyen-age), qu'une femme montrait une seule de ses chevilles ou même une épaule c'était déjà considéré comme de l'exhibitionnisme et de l'impudence.
Je serais incapable d'expliquer pourquoi autant de haine et de mépris pour les femmes et particulièrement les femmes libres qui doit dater de la nuit des temps — et honnêtement, je doute que la réponse plaira à qui que ce soit. Mais toujours est-il que cette tendance à toujours tout mettre sur le dos des femmes plutôt que d'assumer les travers des hommes corroborerait avec ma théorie comme les soi-disants victimes des sirènes sont davantage victimes de leur propre libido et de leur sexisme.
Parce qu'en prenant tout ça en compte, il est facile d'assumer que ce n'est pas tant les sirènes qui charmeraient et attireraient les marins vers les récifs pour qu'ils fassent naufrage ou vers les abysses pour les noyer et ainsi les manger mais plutôt les marins qui en plus d'être superstitieux sont tellement sexistes et libidineux qu'ils interdissent la présence de femme à bord pour ne pas avoir de problème. Seulement, après des semaines en mer, ils se retrouvent en manque de présence féminine et donc tel des mouches sur une charogne, ils se jettent vers le premier truc qui ressemble de près ou de loin à une femme (de préférence dénudée) jusqu'à éteindre leur cerveau et BOUM ! Dans les rocher leur bateau !
Là, je pense au court-métrage animé King Neptune où il se passe précisément ce que je viens de décrire : une bande de pirates soûls et libidineux repèrent des sirènes qui ne faisaient que se prélasser sur un rocher, se précipitent vers elles pour les aborder, en capturent une et la font passer un mauvais moment jusqu'à déchaîner la fureur du Roi Neptune dans une séquence qui inspirera plus tard le studio pour la Petite Sirène.
Car ouais, je vous parle d'un cartoon produit par Walt f***ing Disney, sorti en 1932 — donc avant Blanche Neige ou Fantasia.
Pour dire que même durant les années 30, 57 ans avant que le même studio d'animation fasse sa version de la Petite Sirène, on remettait en question l'image négatif de la sirène qu'on a depuis l'antiquité et suggérait même que ce serait plutôt les hommes le problème, qui non content de manquer respect à la nature se comportent comme des bêtes, oubliant toute bienséance ou tout bon sens à la vue d'une femme dénudée, que ce serait plutôt l'HOMME le vrai monstre. Et que si les sirènes existaient, elles auraient plus peur des humains et à juste titre que nous on devrait avoir peur d'elles, surtout à l'heure où on pollue les océans. (Et voilà que je donne raison au Roi Triton, maintenant).
Parce que voilà, le pire que font les sirènes dans le cours-métrage pris en exemple c'est se défendre contre leur agresseurs et tenter de sauver l'une des leurs en prévenant la faune sous-marine. Ce serait un peu dégueulasse de dire que c'est leur faute si elles se font agresser par des pirates ivrognes et pervers.
Et j'en viens au sujet qui fâche...
En plus de la misogynie, on est pas loin de la culture du viol avec cet interprétation de la sirène comme une femme fatale.
Car ouais, ce mythe de la sirène c'est tout simplement le cliché de la femme fatale. Un cliché déjà éculé et plus trop d'actualité.
La femme fatale, un cliché aussi problématique que démodé
Et puis prenant un exemple célèbre de femme fatale au cinéma : le personnage de Sharon Stone dans Basic Instinct. Qu'est ce qui la rend si fatale dans ce film ? La manière éhontée dont elle séduit tout le monde autour d'elle jusqu'à montrer brièvement sa chatte en décroisant et re-croisant ses jambes de manière suggestive lors d'un interrogatoire de police ? Le fait qu'elle accumule les liaisons amoureuse ? Ou le fait qu'elle massacre sauvagement ses victimes à coup de pic à glace ?
Donc c'est une petit peu irresponsable blâmer les femmes pour être un peu attirante pour ne pas admettre que c'est les hommes qui sont les plus violents et dangereux dans l'histoire, à force de se laisser aller à la masculinité toxique. Surtout à l'heure où on promeut la masculinisme sur les réseau sociaux et on en vient à défendre et excuser des agresseurs sexuels, quand bien même le simple acte d'agression sexuel est inexcusable en soi, peu importe le vécu de l'accusé.
Encore une digression pour démontrer que ça ne date pas d'hier de calomnier la femme pour des raisons aussi dérisoire.
Après je ne dis pas que les femmes ne sont pas capable du pire et qu'elle mériterait un traitement de faveur. Mais ça reste une grave erreur, en plus d'être dégueulasse, de ne pas considérer que les hommes puissent en faire autant si ce n'est plus et quand même leur attribuer un de traitement de faveur.
C'est que je trouve encore plus con avec le concept de femme fatale c'est de mettre toute la méchanceté, la malveillance et la dangerosité de la personne sur le compte de sa beauté et de sa sensualité plutôt que sa personnalité. Vous savez ? Le truc qui définit si une personne est bonne ou mauvaise !
Parce que si on nous apprend dès le plus jeune âge à ne pas juger les gens sur leur apparence et ne pas faire de body-shaming, ce n'est pas pour passer d'un extrême à l'autre et faire du slut-shaming... ce qui revient quand même à tout ramener à l'apparence.
Entendons nous bien, le body-shaming en soi n'est pas cool, certainement pas pour ceux qui se font constamment rabaissé pour le physique soi-disant ingrat. Mais le slut-shaming n'est pas mieux vu que ça revient à s'en prendre à des personnes, principalement des femmes, naturellement belles ou qui doivent des efforts et des sacrifices monumentaux pour entretenir leur apparence car la société les y obligent... tout en devant supporter le harcèlement sexuel.
Et clairement, la dernière chose que ces personnes là ont besoin c'est d'être stigmatisé et traité comme leur mal incarné. En particulier si c'est pour prendre le parti de ceux qui en plus de les traiter comme de la merde, les faire passer pour des méchantes, sont milles fois plus toxiques et dangereux.
En clair, le cliché de la femme fatale, ça va cinq minutes pour nous mettre en garde contre les gens mal intentionnés qui se serviraient de leur charme pour se jouer de nous, ça ne va plus du tout si c'est pour diaboliser la féminité tel des masculinistes puritains et ainsi opprimer davantage les femmes.
Comme si on n'avait pas assez opprimé assez de gens pour leur différences au cours des siècles... et encore aujourd'hui.
Vous devez penser que j'exagère et que je passe pour un parano depuis tout-à-l'heure mais admettez qu'entre ça et le mythe de la sirène né de superstitions de marins, ça beaucoup trop de similarité.
Et c'est probablement mon plus gros problème avec la diabolisation de la sirène là où ça me gêne moins avec les orcs, les trolls, les dragons, les vampires ou les loup-garous.
Parce qu'au moins avec ceux-là, selon le point de vue que tu souhaites suivre, tu peux t'en servir pour dénoncer et critiquer la masculinité toxique, l'abus et glorification de la puissance ou un des péchés capitaux, des trucs qui font vraiment du tort à la société, qui la gangrène.
Tandis qu'avec la sirène, dans le meilleur des cas, tu peux t'en servir pour dénoncer ceux qui usent et abusent de leur charme et de leur influence pour manipuler et piéger les gens, quand bien même t'aurais la même chose avec les sorcières et les vampires style Dracula. Mais en dehors de ça, qu'est-ce que tu chercher à critiquer et dénoncer en diabolisant une créature dont le seul crime est d'être mi-femme mi-poisson ? La féminité ? La sensualité ? Genre, c'est un crime selon toi ? Plus que le fait d'être une brute, d'être violent, haineux, belliciste voire meurtrier ? Plus que d'user et abuser de sa puissance pour parvenir à des fins égoïstes et s'en prendre à des innocents, de préférence plus faible que soi ? Plus que de kidnapper des enfants ou d'agresser une personne à la manière d'un loup affamé se jetant sur un agneau sans défense ?
Je pourrais en citer d'autres mais c'est pour dire qu'en comparaison, une créature sexy, gracieuse et mi-poisson dont l'arme la plus redoutable est sa voix séductrice me paraît bien inoffensif. Il faut être un vrai puritain conservateur et misogyne de la pire espèce pour y voir un problème.
À la limite, dénoncer l'objectification et l'hyper-sexualisation des femmes, pourquoi pas ! Après tout, il y a matière à critiquer, même en tant qu'homme hétéro cis. Mais dans ce cas, ayez la décence sur de taper sur ceux qui objectifient/sexualisent les femmes à outrance, qui l'imposent et en abusent jusqu'à pourrir l'existence des femmes concernées au lieu de vous acharner sur celles qui doivent subir cette objectification comme si elles n'avaient pas assez de problème comme ça. Que vous ratez l'éléphant dans le couloir, c'est déjà désespérant mais que ce soit pour au final tirer sur l'ambulance, c'est vraiment minable et lâche.
(Encore un truc qui me fait réagir, d'ailleurs, les gens qui se félicitent d'exposer un problème tout en se gourant, volontairement ou non, de cible.)
Quant à servir la morale "faut pas se fier aux apparences", à la limite je serais d'accord mais encore faut-il que les gens comprennent que cette morale ne veut en aucun cas dire qu'il faut passer d'un extrême à l'autre et traiter les gens séduisants comme des pestiférés, ramenant de nouveau tout au physique — confirmant que ceux qui font ce genre d'interprétation sont définitivement à côté de la plaque, en plus d'être binaire et avec une mentalité d'un enfant pré-pubère.
Conclusion
Voilà tout mon problème avec la diabolisation de la sirène.
Tout comme le cliché de la femme fatale, c'est vieux un cliché aussi vieux que le monde qui ne fait que contribuer, même indirectement, à la diabolisation de la féminité, légitimant l'oppression des femmes, voire d'autres groupes de personne qui sont encore persécutés pour leur différence — et dont la dernière chose qu'ils ont besoin est un cliché qui leur attribut systématiquement le mauvais rôle, si ce n'est un rôle ingrat, là juste pour donner le "bon rôle" à leur oppresseurs.
Et qu'en 2025, il serait peut-être temps de remettre ça en question.
D'autant que ça a déjà été remis en question à l'époque de nos grands-parents, voire de leur grands-parents avant eux, donc il serait peut-être temps de se mettre à jour.
Et surtout, cette diabolisation est complètement dérisoire quand à côté on a des "monstres" milles fois plus dangereux et toxiques, à commencer par ceux qui les diabolisent.
Et le fait que ça vient d'une autre époque n'est pas une excuse. Encore moins quand le problème est toujours d'actualité — donc ce n'est pas tant que ça vient d'un autre temps mais plutôt qu'avec un âge aussi avancé ça refuse de crever. Ce qui rend la chose encore pire.
Et encore une fois, ça a été remis une question à une époque où Internet et les téléphones portables relevaient de la science-fiction. Donc plus d'excuse à ce compte là.
Certains vont probablement me reprocher de tout politiser, de prendre les choses trop à cœur alors qu'on parle depuis une heure de créature imaginaires. C'est peut-être vrai, seulement...
1) N'est-ce pas un politique de stigmatiser, déshumaniser et diaboliser une partie importante de la population pour ses différences ? Ou de se prendre à quiconque le déplorer et critiquer ? Meilleur question : qu'est-ce qui est plus condamnable ?
2) J'ai atteint un stade où je ne peux plus ne pas voir de politique — ou simplement de commentaires sociales dans les fictions, y compris ceux de mon enfance, que ce soit les classiques Disney ou encore plus flagrant Babar. Au bout d'un moment, j'y peux rien !
3) Je maintiens que ça reste une bien meilleure critique que la "diversité forcée" dont aiment se plaindre les anti-wokes. Et puis au moins, je critique plus la glorification de la puissance, la banalisation des discours de haine et d'intolérance, et aussi qu'on me force à être du côté des tyrans, des brutes et des oppresseurs au détriment de ceux qu'ils oppriment.
4) Que ça vous plaise ou non, la politique a toujours été présente dans les fictions, même les plus imaginatives. Ou du moins, il y a toujours eu des commentaires sociales et il y aura encore. Et les monstres imaginaires (y compris les aliens dans la SF) ont servi d'allégorie pour tout et n'importe quoi. À un moment, il faut l'assumer.
Ce qui fait qu'en tant qu'auteur, même si la politique n'est pas dans vos priorités (ce qui est tout à votre honneur), que vous cherchez juste à être le plus créatif possible et que vous bénéficiez d'une liberté totale d'interprétation, vous devez néanmoins prendre ça en compte un minimum. Ça ne peut que vous épargnez des moments gênants où vous-même ne comprenez pas ce que vous racontez et finissez par envoyer des messages discutables et contradictoires. Genre en donnant raison à un personnage supposé être dans l'erreur, voire carrément en tort.
En fait, si je devais donner un conseil en tant qu'auteur de fantasy après ce trèèèèès looooooong article, s'il vous prend l'envie de reprendre une créature imaginaire populaire et de casser l'image qu'on a habituellement d'elle, faites-le. Mais intelligemment, s'il-vous-plaît. Réfléchissez à ce que vous faîtes, à commencer par ce qu'incarne à la base la créature dont vous cherchez à casser l'image, à la place et au rôle que vous lui attribuez dans votre histoir, au message que vous envoyez en faisant tout cela, avant de vous la péter parce que vous vous croyez "original". Parce que sans réflexion ni nuance, ce genre de méthode ne peut qu'aboutir au pire des scénarios.
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