L'affaire Ariel la Petite Sirène (1)


Avant toute chose, je ne prétend pas que la Petite Sirène soit le meilleur Disney, mon Disney préféré (sinon un plaisir coupable, comme n'importe quel Disney ou dessin animé décent) ou même celui qui a le plus bercé mon enfance — parce que ma sœur avait trop peur de la scène où Ursula devenait une pieuvre géante, je n'avais droit qu'aux bouquins illustrés et j'ai officiellement visionné le film assez tardivement, en me mettant à Internet. Et tant pis pour l'impartialité, seulement son héroïne, Ariel, fait parti de mes héroïnes Disney préférées — et celles pour lesquelles j'ai toujours eu un faible, je dois l'avouer — et probablement LA sirène qui me fait aimer les sirènes. Et sans aller dire que c'est le meilleur personnage Disney, elle reste à mes yeux l'un des meilleurs. Nuance ! Et c'est la raison pour laquelle je fais de sa défense une affaire personnelle... et que je ne ferais jamais carrière d'avocat ou de juge.
Et les sceptiques vont se demander pourquoi défendre un des personnages les plus populaires de la compagnie aux grandes oreilles et dont le film dont elle est l'héroïne a lancé la renaissance de cette même compagnie ? Subie-t-elle suffisamment de haine pour qu'on écrive je-ne-sais-combien d'articles pour pendre la défense d'un personnage de fiction ? et bien, bienvenue sur Internet, messieurs dames ! Ici, dès qu'un truc devient populaire, il y a une bande de neuneus qui viennent le baser juste pour se la jouer "rebelle" (alors que concrètement ce sont juste des trolls) ou parce qu'ils n'assument pas le fait qu'ils aient simplement des goûts différents des autres. Et ce pour la grande peine de ceux qui aiment sincèrement et profondément le truc en question et qui prennent ça comme un couteau dans le cœur. Et parfois à coups de critiques d'arguments es quand elles à défaut d'être ineptes et justifiées sont abusées, voire hypocrites. Et depuis le temps que ça me brûle les doigts, je suis là pour démonter ces critiques, mêmes cela doit me prendre plusieurs articles dessus. Et, j'ose l'espérer, une bonne fois pour toutes.

Et vous aurez beau me dire que c'est leur opinion, que je dois les respecter, les accepter, que je dois penser à la liberté d'expressions et que si je ne suis pas d'accord avec ces haters je n'ai qu'à les ignorer. Premièrement, moi aussi j'ai été Charlie et je suis pour la liberté d'expression (sans quoi je ne pourrais pas rédiger ce blog, d'ailleurs). Seulement, être pour la liberté d'expression ne veut pas dire accepter toutes les conneries et horreur que je lis ou écoute, même si c'est monnaie courante sur Internet. Deuxièmement, avoir une opinion, fut-elle divergente, ne vous rend pas plus intelligent, ni spécial, ni unique ou quoi que ce soit. Parce que devinez quoi ? Tout le monde a une opinion, même le dernier des imbéciles. Et toutes les opinions ne sont ni acceptable ni intouchables, certaines puent la merde ! Troisièmement, j'ai beau reconnaître que le personnage de fiction que j'affectionne ne soit pas parfait (ce qui serait le cadet de mes soucis), même avec la plus grande ouverture d'esprit et la meilleure volonté du monde, je ne peux pas accepter qu'on le traîne dans la boue ! Pas plus que je ne l'accepterai à l'égard d'une personne réelle qui pourrait un parent ou l'amour de ma vie ! Et quatrièmement, ignorer les haters s'ils m'ennuient ? Je veux bien ! J'aimerais, même ! Seulement, j'aimerais que certains site comme Youtube et DeviantArt masque ce que postent les utilisateurs que je souhaite ignorer au lieu de juste empêcher toute interactions. Parce que désolé mais être obliger de voir leur merde tout en laissant faire, non seulement ça ne suffit pas mais en plus ça n'aide pas !
Et les deux-trois rigolos qui iront me dire "Tu ne perds ton temps à défendre un personnage qui n'est même pas réel ?" sachez que je ne perdrais pas autant de temps et d'énergie à défendre un personnage qui est certes imaginaire mais que (encore une fois) j'affectionne et qui au moins est décent si d'autre neuneus n'en faisait pas autant pour le traîner dans la boue mais jamais pour des personnes réelles indignes de se faire appeler être humains.
Et vous savez c'est quoi le plus drôle ? Je n'ai toujours pas commencer ma plaidoirie et je suis déjà en mode vénère. Pour dire si ça promet d'être long et éprouvant. Aussi désolé pour la longueur.

Bon, reprenons notre calme, mettons de côté mes préférences (ainsi que mes fantasmes de geek) et commençons par les critiques les plus répétées sur Ariel à en croire F* Yeah, Controversial Characters ! Comme ça ce sera fait. (retranscrit de l'anglais) "Pour être une pourrie gâtée, ne pas avoir de réel motivation pour aller sur la terre, abandonne sa famille et ses amis pour un gars qu'elle connaît que depuis trois jours (aussi n'a jamais eu à lui parler), anti-féministe."
Ah et je m'étais promis d'expliquer en quoi la plupart de ces reproches s'appliqueraient mieux à la protagoniste du conte originale. Seulement j'ai tellement de trucs à dire que je le garderai pour plus tard.

Alors, je veux bien qu'elle ait des défauts et tout mais être une pourrie gâtée, j'adhère pas. Déjà, il faut que les Ariel-haters m'expliquent ce qu'ils entendent par enfant pourri gâté. Parce que moi, quand j'entends ce terme, je pense à Dudley Dursley de Harry Potter, à Veruca Salt de Charlie et le Chocolaterie et à Angelica des Razmokets. À savoir, un gosse de riche, fainéant, arrogant, mal éduqué par ses parents, profitant et abusant de leur situation, tellement superficielle qu'il va à demander ce qu'il a déjà, obtenant ce qu'il veut sans vraiment le mériter, et rarement par ses propres moyens (notez le) et dans les cas les plus extrêmes se croyant le centre du monde. Au point d'être odieux avec tout le monde, de traiter ses parents comme des serviteurs (et les personnes moins avantagés que lui comme de la merde), devenir un cauchemar quand on lui dit non, quand il n'a pas ce qu'il veut, ne l'obtient pas assez rapidement ou ne correspond pas à ces critères (d'ailleurs certains fans, et ce pour quelque chose de tellement superficielle qu'une fois qu'il aura obtenu, il s'en lassera au bout d'une semaine ou sera déjà passer à autre chose le temps de l'obtenir. Or, je ne me souviens qu'Ariel ait une telle attitude de pourrie gâtée dans le film, à part le fait qu'elle veille quelque chose — seulement, flash spécial : TOUT LE MONDE veut quelque chose dans sa putain vie ! Même les plus infortunés ! Et ça n'en fait pas des pourris gâtés pour autant !  Arrêtez vos amalgames à la noix ! Aussi, à aucun moment elle ne se la ramène avec son titre ou celui de sa famille. Elle tellement simple et tellement modeste, de par son look comme de par sa personnalité, qu'elle pourrait tout aussi bien venir d'une famille aisée de sirènes. La seule indication qu'elle soit une princesse c'est que son père est le Roi de la Mer. Et c'est tout ! Pas de "Chuis une princesse et doit être traitée comme tel". Aussi, elle a beau être la fille préférée du roi Triton (parce que c'est la petite dernière ou parce que c'est celle qui ressemble le plus physiquement à sa femme disparue), c'est aussi celle qui se fait le plus grondée par ce dernier tellement elle n'en fait qu'à sa tête et prend les choses à la légère. Et elle finit par se faire punir ! En détruisant sous ses yeux sa collection d'objets trouvés ! Pour lui avoir désobéi une fois de trop !
Quoi, parce qu'à la fin elle obtient ce qu'elle veut à la fin ? Autant lui reprocher d'être le personnage principal et d'avoir atteint son objectif !
Et oui qu'elle finit par obtenir ce qu'elle veut à la fin, seulement elle ne l'obtient pas aussi facilement ! Elle ne l'obtient grâce à son jolie sourire ou à des poses sexy, NON, elle se heurte à des obstacles, à des conflits. Comme le fait qu'elle ait une queue de poisson, pas très pratique parcourir la terre ferme, que son père lui interdisse d'aller à la surface, qu'Ursula prétend l'aider mais lui propose un pari risqué et s'arrange à lui mettre des bâtons dans les roues, lui prive de sa voix, ce qui fait que son amoureux ne reconnaisse pas notre héroïne parce qu'il ne se souvient d'elle que sa voix qu'elle vient de perdre, et qu'elle n'a que trois jours pour le séduire.
Aussi, à la fin, elle devient pas humaine parce qu'elle l'a demandé, l'a supplié ou fait un caprice de pourrie gâtée — si on regarde bien la scène après la défaite d'Ursula et qu'on analyse sa posture, où elle se tient sur un rocher et regarde au loin d'un air triste Eric couché sur la plage au lieu d'être à son chevet, elle semble plutôt sur le point de renoncer à ses désirs, surtout après vu les dégâts que ça a provoqué. C'est juste son père qui a appris de ses erreurs et fait preuve de générosité, parce que le bonheur de sa fille l'importe plus que le fait de l'avoir constamment auprès de lui (donc le prochain qui dit que Triton est un père possessif, je peux le bouffer tout cru ?)
Une autre raison pour laquelle je n'arrive pas à adhérer qu'Ariel soit une pourrie gâtée ? Parce qu'elle le serait, je ne vois pas pourquoi elle se démènerait autant, quitte à conclure un pacte avec une sorcière et à risquer son âme, s'il lui suffit d'un claquement de doigt pour qu'on cède à ses caprices. Je pense qu'elle serait vraiment pourrie gâtée si elle voulait que ce soit son aimé qui soit changé en homme-sirène, au lieu de troquer sa que de poisson (et sa voix) pour des jambes.
À la limite, je la vois seulement comme une adolescente naïve et impulsive avec des rêves d'adolescents et qui fait sa crise d'adolescence et désire s'émanciper. Et les deux trois chipoteurs qui se plaignent qu'elle soit un stéréotype d'adolescent, je vous signale qu'il existe des représentations beaucoup valorisantes de l'adolescence (genre ce qui touchent à la drogue,  font de la délinquance, sont obsédés par le sexe mais n'ont aucune notion des sentiments). Ah et elle est aussi tellement romantique qu'elle se laisse vite emporter par ses sentiments pour un coup de foudre ou pour un monde qui la fascine.

D'ailleurs, puisqu'on en parle, "aucune réelle motivation pour se rendre sur terre". Avez-vous au moins vu le film avant de le critiquer ? Ou avez-vous seulement lu la quatrième de couverture ? Parce qu'il y a toute une scène, du moins une chanson où elle explique sa motivation. Une motivation toute simple, qui n'a pas besoin qu'on en fasse un débat, à savoir explorer un monde, dont elle a certes une image très utopique mais qui la fascine, voir ce monde de ses propres yeux, le connaître, en apprendre, le vivre, "be part of this world". Ah et aussi le mec qu'elle rencontre après la chanson (retenez le) et dont elle tombe amoureuse après, mais ça ce n'est que la motivation ultime.
Certes c'est un peu vague comme motivation mais qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? Qu'elle le conquiert et le gouverne ? Qu'elle engloutisse tout un royaume sous les flots et en fasse une Atlantide ? *ironie * Oh oui, c'est digne d'une gentille de Disney — et ça ne la rendra pas moins "pourrie gâtée".
Au moins, ça reste une plus noble motivation, que je ne sais pas moi, le pouvoir, l'argent, ou l'immortalité (ce qui se passe d'ailleurs dans le conte original mais ce sera pour plus tard).
En plus, sa motivation est accentuée par le fait que non seulement le monde des humains lui est physiquement inaccessible (parce que vous la voyez parcourir le monde terrestre en rampant avec sa queue de poisson et en risquant la déshydratation ?), mais aussi qu'elle n'est pas autorisée à ne serait-ce que monter à la surface et à avoir ne serait-ce le moindre contact avec les humains. En raison d'une loi mis en place par son père, pour protéger aussi bien sa fille que son peuple. Parce que pour le Roi Triton, les humains représentent une menace pour les sirènes.
Et puis, vous préférez quoi, les Ariel-haters ? Qu'elle reste tranquillement dans son château, à se faire belle et à être une petite sirène bien sage ? À mener une vie normale , dans le sens ennuyeux et insipide ? À imiter ses sœurs qui ont tellement peu de personnalités et sont tellement inactives qu'elles ne sont que figurantes dans le film ? Mesdames et messieurs, bientôt, la vie normale d'une petite sirène tellement ordinaire dont le seul but dans la vie est d'être belle et de se taire !
Et sérieusement, quitter le cocon familiale pour explorer le monde, ce n'est pas une motivation assez suffisante et légitime pour vous ? Surtout que faire partie d'un monde qui nous passionne mais qui nous est inaccessible, c'est le rêve des geeks ou otakus digne de ce nom. La seule différence c'est qu'elle est fascinée par un monde qui est réel (évidemment vu que c'est supposé être le notre), là où les geeks rêvent d'être dans un monde purement imaginaire, qui n'existe que dans les livres, films et jeux vidéos.  Ce qui rend son désir plus sensé qu'un fan de Star Wars qui veut devenir Jedi ou un fan de Harry Potter qui attend sa lettre d'admission à Poudlard.
Et ai-je évoquer l'émancipation ? C'est une étape de la vie ! Tous les enfants passent par cette étape avant de devenir adulte ! Et encore, pardon de vous raconter ma vie, mais c'est un mec qui à l'heure actuel vit chez ses parents et dont le vie amoureuse est proche du néant qui vous parle. À 25 ANS ! ARIEL EN A 16 DANS LE FILM ! À ce stade, je l'envie sur tous les points !

"Abandonne sa famille et ses amis..." Là, j'avoue, c'est la partie un peu triste du dénouement, le fait qu'en devenant humaine, elle doit laisser derrière elle sa famille, ses amis, le monde d'où elle vient. Elle l'évoque elle-même dans la séquence "Pauvres âmes infortunées" ("Si je deviens humaine, je ne verrai plus mon père ni mes sœurs..."). Et même pendant le dénouement, je me sens un peu à la place de Polochon. Pire ! Je suis en train de me remémorer la fin des Enfants Loups, Ame & Yuki, et elle me fait pleurer à chaque fois, rein qu'en me la visionnant dans la tête.
Mais que voulez vous ? C'est ça, l'émancipation ! Quitter le confort du berceau familiale pour vivre sa vie, la vie qu'on rêverait d'avoir, dans le meilleur des cas, ou le cas échéant, vivre une nouvelle vie, pleine de nouvelles expériences et tout !  Et comme je l'ai dit plus haut, c'est une des étapes de la vie, tout le monde passe par là d'une manière ou d'une autre. Alors pour l'amour de Dieu, pourquoi vous obstinez vous à faire passer ça pour une mauvaise chose ?
D'ailleurs, c'est aussi la preuve qu'elle n'est pas une pourrie gâtée qui non contente de demander la lune s'arrange pour avoir le beurre et l'argent de beurre. Que pour avoir ce qu'elle désire, elle doit faire des sacrifices, des choix douloureux comme le dit Ursula. En l'occurence, laisser derrière le monde qui l'a vu naître et grandir. Quitter la zone de confort. Et je ne pense pas qu'un pourri gâté digne d'être qualifié ainsi soit psychologiquement apte à faire de tels sacrifices.
Et puis voyons le bon côté des choses, à partir du moment où notre héroïne soit heureuse de sa nouvelle vie et qu'elle garde une place dans son cœur pour sa famille et sa amis (je rappelle qu'elle leur fait la bise et enlace son père à la fin), pourquoi en faire un drame ? Ce n'est pas comme ces jeunes gens du vrais monde qui du jour au lendemain laissent tout tomber, leurs passions, leurs ambitions, leurs projets, pour aller faire la guerre sainte dans un pays en guerre, où ils serviront de chair à canon (ou de machine à faire des bébé s'ils ont un vagin) on les incite à renier leur famille, leur anciens pays, leur pays d'origine et tous leur valeurs pour ensuite les renvoyer là-bas, massacrer des innocents et se faire exploser en croyant dur comme fer qu'ils iront ainsi au paradis.
Non parce que ça, en plus d'être réel, c'est plus immoral et abject qu'une sirène qui abandonne son monde pour...

"... Pour un gars qu'elle ne connaît que depuis trois jours." Ah oui, il y a ça aussi, sa romance avec Eric. *se racle le gosier* Alors, premièrement, comme je l'ai expliqué plus haut, Eric n'est pas la seule motivation pour qu'elle devienne humaine, ni sa première vue qu'elle voulait explorer la monde humain AVANT de découvrir Eric. Pour rappel, la chanson "Partir là-bas" a lieu AVANT qu'elle ne découvre le bateau sur lequel elle trouvera son coup de foudre. Eric n'est que la motivation ultime, le bonus. D'ailleurs, on voit bien dans la chanson, sa passion (pour en pas dire son obsession) pour le monde humain a commencé AVANT le début du film et doit durer depuis des mois, des années même. Preuve que sa motivation va au-delà qu'une simple passade d'adolescent. Prenez ça en compte parce que là, ça se voit que vous ne lisez que les quatrièmes de couverture. Deuxièmement, nous sommes dans un Disney s'inspirant d'un conte de fée (même si je ne sais pas si je peux vraiment qualifier l'histoire originale de conte de fée), le genre de média où les couples et se concluent non pas en trois ni en deux mais en à peine UN jour. Limite si le prince et la princesse ne se rencontrent pas un beau matin et décident de se marier dans les heures qui suivent. Alors trois jours, c'est peut-être exagéré dans le monde réel, mais dans un conte de fée, c'est plutôt raisonnable pour prendre le temps de se connaître avant de se parler. Aussi, vous qui vous plaignez qu'elle plaque tout pour un mec alors qu'elle le connaît à peine, ne vous est-il pas venu à l'esprit que ce serait justement afin de mieux le connaître qu'elle décide de tout plaquer ? Et troisièmement, c'est le temps qu'Ursula laisse à Ariel pour conclure avec son prince. Et comme si ce n'est pas assez mission impossible, il faut que cette sorcière sabote tout le dernier jour. Sans compter que rien que pour lui compliquer la tâche, après lui avoir fait signer le contrat, elle lui confisque la seule chose dont Eric se souvient de celle qui l'a sauvé du naufrage, à savoir sa voix.
Ce qui m'amène au point suivant, "n'a jamais eu à lui parler".
Alors, suivant cette réflexion, WALL-E ainsi que les dix premières minutes de Là-Haut seraient les pires histoires d'amour de tous les temps après Twilight et Cinquante nuances de Grey parce que dans WALL-E les personnages principaux, à part pour s'appeler par leur nom, parlent à peine, et que les premières minutes de Là-Haut sont muettes. *hurle dans un oreiller* Je ne suis pas un expert en intrigue amoureuse mais je sais qu'on peut très bien rendre un couple attachant, ou du moins intéressant, sans infliger aux protagonistes un discours ou des kilomètres de dialogues juste pour dire combien ils s'aiment. En commençant par exemple par rendre les protagonistes suffisamment attachants pour qu'on n'ait pas envie de les voir malheureux. Et les deux Pixar que je viens de mentionner sont de bons exemples.
Aussi j'adore cette logique, écris-je avec ironie. "Elle ne peut pas lui parler alors ils ne peuvent pas se mettre ensemble !" Allez donc dire ça à un muet que parce qu'il ne peut pas parler il ne trouvera jamais l'amour, bande de... !
Surtout qu'au final, mise à part le fait qu'Ursula lui ait confisqué sa voix pour rendre son pari plus compliqué qu'il ne l'est déjà pour les raison s mentionnés plus haut, Ariel n'a finalement pas besoin d'émettre le moindre don pour dire quoi que ce soit à Eric et lui montrer sa personnalité. Ses mimiques, ses expressions faciales, sa gestuelle, sa posture,  le langage corporel comme le mentionne Ursula (encore), ces trucs qui jadis rendaient le cinéma muet "parlant" et permettent à un personnage muet out timide de dire beaucoup en peu de mot. Du coup, certes Ariel n'a jamais eu l'occasion de parler à son aimé, du moins pas avant qu'elle ait récupéré sa voix, mais malgré son mutisme, il y a quand même un échange. Et ça marche ! Ça a même séduit Eric qui lui pense toujours à la voix de la mystérieuse jeune fille qui la sauvé du naufrage sans se rendre compte qu'il s'agit de la même fille dont il est en train de tomber sous le charme, jusqu'à ce qu'Ursula vienne tout foirer sous forme humaine et avec la voix d'Ariel. Ouais, une vraie pute, cette pieuvre !

Et à ceux qui la reproche de tomber amoureux qu'elle connaît à peine, allant jusqu'à la reprendre quand elle dit à son père 'Tu le connais pas !". Premièrement, de la même manière qu'il y a une petite différence entre "presque mort" et "raide moi"t, il y a une petite différence entre"connaître à peine quelqu'un" et "ne pas le connaître du tout". Alors quand elle reproche à son père de juger un humain sans apprendre le connaître, elle marque un point, vu qu'elle le connaît mieux que son paternel ne le connaît. Donc le prochain que en visionnant la scène sort 'TU NE LE KONNé PA NON PLU ALOR TG !!! ", je lui réponds fermement  "NON ! TOI, TA GUEULE !"
Deuxièmement, certes, elle le connaît à peine. MAIS, du peu qu'elle connaît de lui, elle sait déjà que c'est quelqu'un qui aime danser, jouer avec son chien et faire de la musique avec sa flûte (donc pas un coincé du cul), qu'il traite son majordome Grimsby comme un ami et non comme un sous-fifre (donc pas un connard de riche snob), acceptant poliment et non sans gêne son cadeau, une statue de lui à son effigie dans une posture prétententieuse (donc quelqu'un d polie et de plutôt modeste, contrairement à la statue), et qu'il recherche la fille parfaite et non une quelconque princesse ou noblesse ou fille de sang-royal (donc un rêveur et un romantique). Et aussi qu'il s'habille souvent en tenue décontractée et plus banale qu'en tenue un plus plus chic et m'as-tu-vu. Et elle sait aussi que c'est quelqu'un d'assez courageux et héroïque (et c'est pourtant la sirène qui le sauve la première), vu qu'il n'hésite pas à prendre la barre quand le bateau est pris dans une tempête, ne laisse pas son majordome se noyer et risque sa vie pour sauver son chien. *ironie* Ouais ! Comment ose-t-elle tomber amoureuse d'un tel monstre ?
Et troisièmement, en admettons qu'elle ne le connaisse à peine, vous ne vous êtes dit une seconde que devenir humaine pour le rejoindre serait l'occasion de mieux le connaître ? Qu'elle n'en saurait pas davantage sur lui si elle toute sa vie sous l'océan avec sa queue de poisson ? Et au final, ce n'est pas une mauvaise chose, vu que le prince s'avère être galant avec elle, l'emmenant faire une ballade en ville put un tour dans le lac et hésitant à l'embrasser quand ils sont dans leur canot.
Bref, du peu qu'Ariel sache de lui, elle sait déjà est plutôt un bon gars. En tout cas à cent lieues de Gaston de la Belle et la Bête ou de Hans de la Reine des Neiges, et à milles lieues de Frollo du Bossu de Notre-Dame.

Et enfin, "anti-féministe". *consternation* Vous êtes sérieux ? Anti-féministe ? D'accord, ce n'est pas la plus badass des héroïnes Disney — certes, on ne la voit pas botté des culs comme Mulan, Esmeralda, Kida d'Atlantide, Mérida de Rebelle et Judy Hopps de Zootopie, mais elle est au moins plus active et débrouillarde, donc plus forte comme personnage que les princesses qui l'ont précédés, à savoir Blanche-Neige, Cendrillon et Aurore (et encore je suis méchant avec elles). Et qui est le débile qui a décrété que si une héroïne n'est pas assez badass et en botte pas assez de cul elle est donc nulle et antiféministe ?
On parle quand même d'une princesse qui sauve le prince la première (j'en viens à dire que jusqu'au climax le prince, malgré ses moments héroïques, est plus la demoiselle en détresse que ne l'est la princesse de l'histoire — et c'est supposé l'amant idéal, celui que les jeunes filles rêvent d'avoir), et ce bien avant qu'on ait Pocahontas, Esmeralda, Mulan et les autres, elle se bouge littéralement le cul pour aller à sa rencontre plutôt que de l'attendre sagement qu'il vienne la chercher comme les princesses de conte de fée, et se contenter d'être jolie. Elle risque aussi sa propre personne pour sauver ses personnes qu'elle aime (pas seulement son prince mais aussi Polochon qu'elle sauve d'un requin), se bat (à sa manière) pour ses rêves et son indépendance — sans compter que son personnage a été écrit durant une période où les droits des femmes se développaient — et il y en a qui trouvent que ce n'est pas assez féministe ? (mon sentiment)


Surtout que c'est pourri comme argument parce qu'on pourrait très bien échanger le sexe des protagonistes et avoir un homme-sirène qui sauve une princesse de la noyade et veut devenir humain, l'histoire serait pareil. Mais pas plus féministe, je suis désolé.
D'autant qu'on a affaire à une anticonformiste, qui a l'esprit libre, s'écarte des sentiers battus, n'a pas froids aux yeux et va jusqu'au bout de ses passions, ses rêves, montrant ainsi une image de femme un chouia plus forte, et donc un chouia plus féministe, que la fille "conformiste" qui se voit elle-même comme une poupée Barbie et dont les centres d'intérêts se limitent au shopping et à la mode, choses qui exaspèrent même le plus galant des hommes.
Et je crois que le pire, c'est que parmi les Ariel-haters, il y aient des femmes qui se croient féministes — or je les soupçonne d'être elle-même les plus mauvaises représentations de la gente féminine, d'être en réalité sexiste envers leur propre sexe. Et je regrette mais ça n'en est que plus horrible. C'est comme un fervent partisan de l'apartheid, de l'esclavage, du trafic d'êtres humains et/ou de je-ne-sais-quel génocide, qui traiterait de fasciste quiconque s'y opposerait.
Quoi ? Parce qu'elle abandonne son "précieux don", à savoir sa voix et sa faculté de chanter (un don pas si rare que ça, que ce soit chez les sirènes ou les princesses Disney) pour être avec son amoureux ? Sous prétexte que les hommes préfère les muettes au bavardes comme laissent entendre Ursula ?
Vous oubliez un ou deux détails : D'un, c'est Ursula qui l'oblige à abandonner sa voix, ce n'est pas Ariel qui décide de s'en débarrasser— et ce malgré le peu d'importance que cette dernière accorde à sa prestation et à sa carrière de chanteuse vu qu'elle rate un concert pour aller explorer des épaves. Et deux, même si la sorcière n'a pas tout à fait tort sur le fait de préférer de ne pas supporter les bavards et de fuir les conversations, on sait tous en regardant le film que ce n'est que du pipeau, vu que la véritable raison d'ôter la voix à la sirène et de lui compliquer la tâche, pas de la facilité, vu que tout ce dont Eric se souvient de sa sauveuse c'est sa voix. Et même si Ariel est bel et bien la sauveuse en question (en plus d'être la fille de ses rêves), vu qu'Eric est un peu long sur la détente, le fait qu'elle soit muette fait que le prince est des doutes si la jeune fille aux cheveux roux et en guenille et bel et bien la fille qu'il recherche.
Et quand Ariel retrouve sa voix, alors qu'un peu plus tôt Eric était prêt à laisser tomber la fille de ses rêves pour la petite muette qui le fait craquer, ça n'a pas l'air de déranger "l'homme qui préfère les muettes aux parlantes".

Parce que son objectif c'est un mec dont elle est amoureuse ? Parce qu'elle "change pour un mec" ?
Un, elle "change" pour faire partie d'un monde dont elle voulait en être partie AVANT de rencontrer le mec en question, comme je l'ai dit plus haut. Elle "change" pour elle-même. Quant au mec, le fait qu'elle soit humaine ou sirène semble être le cadet de ses soucis vu qu'il part la sauver après avoir découvert sa queue de poisson. Donc NON, elle ne "change" PAS pour un mec, parce que le mec en question s'en fout ! Elle "change" juste parce que ce n'est physiquement ni pratique ni viable de vivre sur la terre ferme avec une queue de poisson. De même qu'il s'en fiche qu'elle soit muette ou pas.
Deux, émancipation et exploration d'un monde qui lui est inaccessible et interdit, je me tue à le répéter, bordel !
Trois, à ce stade ce n'est plus prétendre au féminisme, c'est être une conasse. Une conasse qui a en horreur la notion d'amour — et j'espère sincèrement qu'elle ne soit pas en couple avec une telle attitude — et pourquoi pas avec la notion de vivre. C'est comme traiter un homme de misogyne et de machiste parce qu'il retourne ciel et terre pour retrouver/sauver/protéger la femme qu'il aime. Ah oui, tant que vous y êtes, traitez Eric de sexiste pour avoir sauvé la vie d'Ariel à la fin du film !
Connaissez vous au moins la définition des termes que vous employez ?
Et dire que dans la vraie vie, il existe des femmes qui se choisissent une vie de femme soumise et battue auprès d'un partenaire des plus abusifs, machistes et violents. Encore une fois, DANS LA VRAIE VIE ! Et ça, c'est anti-féministe !

M'enfin, c'était le dernier point à démonter. Je suis supposé en avoir fini, non ?
...
Hélas, non. Ce n'est que le début.

À suivre...
Partie 2
Partie 3
Partie 4

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