L'affaire Ariel la Petite Sirène (4) Final (?)

Partie 1
Partie 2
Partie 3

Anecdote assez amusante : En écrivant cette article, j'étais sur le point d'achever quand je fis une mauvaise manipulation et tout un après-midi de travail s'est effacé, impossible d'annuler et Blogger m'avait enregistré une page blanche. Ça vous est déjà arrivé ? C'est râlant, hein ? Frustrant ! Révoltant ! Désespérant ! Et ben imaginez ce qu'a du ressentir Ariel quand Triton détruit sa collection sous ses yeux ou quand elle apprend qu'Eric va épouser une autre femme qui vient tout juste de se pointer.

Après m'être attaqué au plus gros concernant les critiques sur ma sirène préférée — et avoir défendu par la même occasion son love-interest et son paternel qui ne vaut pas mieux que sa fille, j'ose déduire qu'à part ceux qui ont de bonnes raisons de ne pas l'aimer (comme je ne sais pas moi, une simple et bête question de goût ou de préférence), parmi ces détracteurs certains :
  • ne lisent ou ne retiennent que les quatrièmes de couvertures — chose que même moi je peux faire, donc pas de quoi se féliciter,
  • ne savent pas comment marche un bon personnage de fiction ou même une fiction en général tout en prétendant savoir mieux que quiconque,
  • se plaignent de problèmes qui ne en réalité que sont des non-problèmes,
  • critiquent les actions et les émotions d'un personnage sans tenir compte du contexte, voire en l'occultant,
  • confondent l'ado qui fait sa crise d'ado avec l'enfant pourri gâté,
  • pensent qu'un enfant ou un adolescent modèle doit rester chez ses parents, faire tout ce qu'on lui dit et se taire, parce que selon eux les parents ont toujours raison,
  • se plaignent qu'une héroïne soit imparfaite (donc ne soit pas une Mary-Sue) et ait des défauts qu'aurait une adolescente du vrai monde,
  • lui reprochent de réagir comme n'importe qui réagirait dans le vrai monde à sa place, au point d'avoir une méconnaissance du comportement humain — et encore, je suis gentil... avec les personnes du vrais du monde. Parce qu'il y en a qui même dans leur moment de lucidité ont une attitude encore plus exécrable et font des choses encore plus stupides,
  • ont un sérieux problème pour ce qui est de lire des expression faciaux et autres mimiques, et d'interpréter ne-serait-ce que les émotion les plus basiques,
  • sont tellement aveuglés par la haine pour tel personnage que même quand ledit personnage fait un quelque chose de positif, ils sont dans le déni ou l'occulte,
  • essaient de faire passé ledit personnage pour un monstre sachant qu'il y a pire à côté — ainsi que dans la vraie vie,
  • tiennent absolument à ce que tel personnage ait la punition qu'il mérite malgré toutes les claques et les coups de putes qu'il se prend — et parce que pour eux confronter ledit personnage aux conséquences de ses erreurs n'est pas suffisant — quitte à faire passer pour Mère Thérèsa le personnage le plus détestable de la saga Harry Potter,
  • se prétendent féministe mais voit en l'amour quelque chose de sexiste et d'anti-féministe — et si c'est vrai, qu'ils ne viennent pas se plaindre qu'ils finissent leur vie célibataire,
  • dans le pire des cas, sont soit des hypocrites et/ou des champions de la mauvaise foi qui se contredisent et ont besoin de se regarder dans un miroir avant de juger, soit un de ces trolls qui aiment faire chier et essayent de faire passer leurs conneries et leur immaturité pour de l'intelligence (oui, je les exècre à ce point ces cons, et j'essaie d'être gentil !) — et donc sont de pire représentants de l'humanité que ne l'est le personnage fictive sur lequel ils crachent.
Plus concrètement, j'ai démonter quelques unes des critiques les plus répétés sur Ariel et démontrer à quel point ces critiques sont ineptes, à la limite du ridicule, que ses détracteurs ont beau la faire passer pour un monstre, leurs arguments montrent qu'on a affaire à un personnage humain, avec ses défauts et ses faiblesses, exploité comme il devait être exploiter tout en allant dans la direction du film, et ils s'en plaignent alors que ce genre de personnage est le b.a.-ba dans toute fiction qui se respecte.
Et tout ça, même en mettant de côté mes goûts personnels et mes fantasmes de geek, même avec l'esprit le plus ouvert et la meilleur volonté du monde, et même en étant critique envers un de mes personnages Disney préférés.
Le seul argument que j'accorderai aux détracteurs c'est que ce soit une question de goûts. Et encore, même ça j'ai du mal à défendre parce que OK, chacun ses goûts, mais ça n'en fait pas pour autant un argument objectif, donc encore moins intouchable.
Après, il y en a que je soupçonne de faire partie de ceux qui s'intéressent plus au côté merchandising de Disney qu'à ses côtés artistique, cinématographique et divertissement — et avec ça osent se dire disneyphiles. Le genre qui considèrent les princesses Disney comme des poupées Barbie ou Bratz, ne les appréciant que pour leur robes, leur coiffures et autres accessoires girly et non pour leur personnalité, leur histoire, le film dont elles sont l'héroïne respective ou même le rôle qu'elles y jouent.
M'enfin, ce n'est qu'une impression. Et il se peut que je voie le mal partout (merci Internet !)

Mais avant de m'arrêter (et j'ose l'espère, pour de bon), je voudrais m'attaquer à une dernière catégorie d'Ariel-haters et finir sur contre-argument qui fermera (encore une fois, je l'espère une bonne fois pour toutes) leur gueule aux plus hypocrites et moins crédibles de ses détracteurs.
Je voudrais cette fois m'attaquer aux fans-puristes de l'auteur originale de la Petite Sirène, Hans Christian Andersen, qui reprocherait à la version Disney d'avoir trahi l'original en donnant à son héroïne une fin heureuse en lieu de la faire mourrir conformément à l'original (et de là à vouloir la mort du protagoniste, ils doivent vraiment le détester). De même qu'il existe des fans-puristes de Victor Hugo qui sont choqués que le Bossu de Notre-Dame ait une fin heureuse.
Aussi, et j'en profite, j'adore la logique de ces puristes et fans hardcore de l'original, écris-je avec ironie. "On se fiche de la qualité de l'œuvre ! On se fiche du public cible ! On se fiche du changement de support ou de format ! On se fiche que ce soit au final la même merde qu'avant ! Si l'adaptation essaie d'être autre chose qu'un copié-collé de l'original, on massacre ses auteurs et on brûle les copies !" Et à côté, il y en a qui crient au plagiat quand une œuvre n'a ne serait-ce qu'une similitude avec une autre œuvre dont elle pourrait très bien s'en être inspiré ou vouloir lui rendre hommage. *soupir*

Pour en revenir à la Petite Sirène, j'ai déjà aborder l'œuvre originale et ce que j'en ai ressenti (pour plus de détails). Après, rien ne vous empêche de préférer l'original, car après tout, chacun ses goûts.
Que vous n'aimez pas les fins heureuses à la Disney, c'est votre problème. Seulement, les happy-end c'est comme le sexe et la violence au cinéma et à la télé, il y en a qui ont ça en horreur et d'autres qui aiment ça et pour qui la moindre des politesses est de respecter leur goûts et de ne pas les emmerder en leur imposant ou en leur interdisant quoi que ce soit. Et de ce fait, même si je suis supposé respecter vos préférences, je ne vous laisserai pas me convaincre que l'original est mieux que l'adaptation parce que "c'est l'original" ou parce que le protagoniste meurt à la fin. Parce que ce serait un peu me convaincre que votre film de série B préféré serait milles fois mieux que mon Disney/Pixar préféré parce qu'il y a du gore, de l'humour pipi caca, des nanas à poils et que ça fait "BOUM" toutes les dix minutes. C'est un peu comme me convaincre que la relation Joker/Harley Quinn de l'univers Batman serait une meilleure histoire d'amour que toutes les romances Disney réunies parce qu'on nous montre d'une romance toxique entre un clown psychopathe et une pauvre écervelée.
Une chose est sûre, l'héroïne souffre plus de ses erreurs dans l'original, au sens propre. Est-ce un plus ? Moi ce que j'en pense, c'est que les souffrances qu'elle subit sont gratuites, forcées et inutiles. Même en sachant qu'un auteur se doit d'être cruel envers ses personnages pour ne pas perdre l'intérêt et l'attention du public — même moi il m'arrive d'être cruel envers mes propres personnages.
Autant pour la transformation, je en dis rien car je doute que ce soit agréable comme sensation. Autant je ne vois pas l'intérêt à ce que ses jambes lui fassent l'effet de marcher sur des couteaux de cuisine chaque fois qu'elle fait un pas. Ça ne suffit de juste la faire tituber sur ses nouvelles jambes comme dans le dessin animé, parce qu'elle supposée avoir la capacité de locomotion et d'équilibre d'un nourrisson ?
Si le but est de la punir, je maintiens que c'est plus efficace dans le dessin animé. Au moins dans la version Disney, en plus de subir l'attitude excessif de Triton et les coups de putes d'Ursula, Ariel se retrouve confrontée aux conséquences de son erreur dans le climax et en ressort plus mature — c'est juste que ce n'était pas assez explicite pour ceux qui s'arrêtent qu'à la couverture du livre.
Dans le conte, les souffrances infligées à l'héroïne n'ont pas l'air de la dissuader de son objectif. Pire c'est même en les endurant qu'elle finit par l'atteindre. À ce stade, ce ne sont plus des punitions à sa fougue ou pour s'être laissée aveugler par ses sentiments, ni une série d'injustices du à la réalité faisant obstacle à ses rêves. Ce sont juste des épreuves qu'elle doit passer pour obtenir le Saint-Graal, pour voir s'il est prête à crever pour obtenir l'immortalité, une sorte d'épreuve du feu.
Et je maintiens aussi que dans le conte, ce n'est pas l'amour du prince que la petite sirène veut. Ce qu'elle veut c'est une âme immortelle, qu'elle ne peut obtenir qu'en épousant le prince. Ce qui en fait une salope.
En parlant de salope qui entame une relation inter-espèce avec le pire représentant de son espèce pour avoir l'immortalité ou de jeune écervelée qui à cause d'une peine de cœur n'a rien trouvé de mieux pour y remédier que de se suicider et qu'on a pour héroïne, c'est quoi ce qu'on reproche entre autre à la saga Twilight ? À part le coup des vampires qui brillent au soleil au lieu de cramer ? Je dis ça alors que je suis indifférent à cette saga...

De même, je n'ai jamais compris l'intérêt qu'avait la sorcière de couper la langue à la petite sirène en échange d'un paire de jambe, à part se faire passer pour la plus horrible des tortionnaire. Je sais qu'elle voulait sa voix en guise de paiement, mais dans ce cas qu'elle lui prive de ses cordes vocales (ce qu'Ursula fait, pas conne !), pas de sa langue. Je ne sais ce que ça fait de parler avec la langue coupé mais là c'est moins lui priver de sa capacité à émettre un son que celle à parler de manière audible. Nuance !
Et encore une fois, priver Ariel de sa voix avait plus de sens dans le dessin animé. Cela fait qu'Eric ne reconnaisse pas Ariel muette comme étant celle qui la sauvé parce qu'il ne se rappelle que de sa voix, mais en plus Ursula se sert de sa voix comme plan B pour gagner son pari. Ce qui en fait un meilleur personnage et une meilleure méchante que la sorcière du conte ! Elle au moins elle a un objectif, une motivation ! (Putain, même la méchante du film, la VRAIE pute de l'histoire, je suis en train de la défendre !)

Et aussi, l'histoire originale ne fait pas grand chose pour tenter de dissuader l'héroïne de son objectif, pourtant futile et hypothétique — on parle d'une âme immortelle. Il y a juste sa grand-mère (oui, dans le conte, elle a une grand-mère) qui lui dit que la vie sous la mer c'est mieux que la vie qu'ont les hommes sur la terre (tiens, "Sous l'océan" !). Et c'est pourtant cette même grand-mère qui a mis l'idée d'une âme immortelle dans la tête de la plus jeune de ses petites-filles. Connasse de mamie sénile et irresponsable !
Et vous vous rappelez dans le dessin animé de cette histoire autour du Roi Triton qui pour la sécurité de ses filles et de son peuple interdit à quiconque de monter à la surface ainsi que tout contact avec les humains  envers lesquels il a des préjugés ? Ben cette partie de l'histoire est inexistante dans le conte originale. Du coup, pas de papa en colère et de destruction d'objets venant de la surface. Même le rôle du Roi de la mer se limite à simple élément du décor.
Dans le conte, les filles du roi sont autorisé à monter à la surface passé leur quinzième anniversaire, à avoir aperçu du monde des humains, et les plus courageuses peuvent tenter de les approcher. L'un d'elles, connaissant elle aussi le prince et ayant elle aussi vu son bateau couler, va jusqu'à indiquer à notre héroïne le château ou vit le prince après que cette dernière leur ait raconté son aventure.

À ce propos, s'il y a bien un plus que j'accorderai à l'original par rapport à l'adaptation, c'est que les sœurs de l'héroïne font autre chose que de la figuration (ou du moins essaient). Je n'ai rien contre les sœurs d'Ariel, seulement je n'arrive pas du tout à les accrocher.
Elles ont sûrement plus de personnalités et se démarquent plus les unes des autres dans la série et dans les suites mais en ne prenant en compte que le premier film, elles ont moins de personnalité que Jack et William Dalton dans Lucky Luke, elles m'ont l'air plus superficielles qu'Ariel et lui servent au mieux de fair-valoir, sont tellement peu actives et présentes dans l'histoire qu'elles font limite éléments de décors, j'ai du mal à retenir leur nom (je sais juste qu'elles commencent et finissent tous par un A) et je suis incapable de déterminer qui est qui alors que j'en suis capable avec les treize nains de la trilogie le Hobbit — dans la trilogie de Peter Jackson en tout cas, parce que dans le livre, même problème.
Et c'est de la part d'un mec qui a une obsession coupable pour les centaurettes de Fantasia — Oui, j'ai mes faiblesse ! Et alors ?!
(EDIT 28/01/17 : Je suis en train découvrir la série Bienvenue chez les Loud, après avoir visionné deux trois épisodes, j'arrive sans problèmes à retenir les noms des sœurs Loud (ils commencent tous par L) et en donner un à chacune des filles alors qu'elles sont dix)
Toujours est-il que dans le conte, vers la fin, elle tente délivrer leur petite sœur de son sort funeste en lui donnant un poignard qu'elle doit utiliser pour assassiner le prince et redevenir sirène avec le sang de ce dernier. Poignard qu'elles ont obtenu en sacrifiant leurs beaux cheveux à la sorcière. Notez ce détails !
Mais bien qu'on lui offre une échappatoire, l'héroïne épargne pour lequel elle a tout sacrifié et sui en retour lui a brisé le cœur et préfère se suicider et se changer en écume. Rendant le sacrifice de ses sœurs INUTILE !

Et là j'en viens au contre-argument ultime contre les Ariel-haters et notamment ceux qui parmi eux préfèrent l'original. La petite sirène originale est PIRE que la version Disney mérite une bonne partie de ces critiques, sinon toutes.
Parce qu'autant, les critiques autour d'Ariel comme quoi elle serait "égoïste, stupide, pourrie gâtée, qu'elle n'a aucune considération pour sa famille et ses amis qu'elle laisse derrière elle ou trahie, foutant sa vie en l'air pour un mec qu'elle connaît à peine, rend visite à une sorcière peu digne de confiance pour troquer sa queue de poisson pour des jambes et obtient ce qu'elle veut sans rien apprendre ni être punie pour ses erreurs", ou encore — ce que je considère comme en même temps le pire des affronts et le pire des arguments — "une Bella Swann avant Twilight", je trouvais ça abusé et indigne de celui qui juge un livre sur sa couverture. Autant dans le conte, c'est limite ça ce qui se passe. Y compris le fait que l'héroïne serait une Bella Swann avant Twilight — et je dis ça alors qu'encore une fois, je me fiche de cette saga.
La petite sirène s'ennuie de sa vie de château, va à la surface le jour de ses quinze ans, voit un beau prince et le sauve de la noyade. Elle décide par la suite de devenir humaine et de l'épouser ! (Même si concrètement son vrai objectif est plus quelque chose qu'ont les humains mais pas les sirènes, mais bon !) Il lui faut des jambes ? Elle s'en va d'ELLE MÊME voir une sorcière peu digne de confiance avec laquelle elle troque sa queue de poisson et sa langue pour des jambes ! Après que son aimée ait épousé une autre, ses sœurs lui offre une échappatoire au prix de leur belle chevelure ? Elle n'en fit rien, les envoie chier, épargne le mec qui lui a brisé le cœur et pour lequel elle a tout sacrifié et préfère se suicider ! Et après que son corps soit changé en écume ? Elle devient une "fille de l'air", en récompense de ses souffrances et de ne PAS avoir ôté la vie au mec qui blablabla, avec la possibilité de se créer une âme immortelle ! Autant dire que même si ce n'est pas à la manière qu'elle attendait, elle finit par obtenir ce qu'elle voulait !
Et puisqu'on aborde le sujet, vous trouvez les motivations d'Ariel n'étaient pas assez justifiables pour qu'elle accepte de troquer sa queue de poisson pour des jambes ? Malgré le fait qu'elle voulait explorer le monde humain AVANT de faire la connaissance d'Eric ou qu'elle sort d'une dispute avec son père ? Ben je crois qu'Andersen s'est dit la même chose pour son héroïne. Selon lui, vouloir faire partie d'un monde qui te fascine mais qui t'est physiquement inaccessible ou rejoindre l'homme (ou la femme) de tes rêves — et qui accessoirement fait partie de ce monde dont tu veux faire partie,  n'est pas suffisant pour aller jusqu'à t'en remettre à une sorcière douteuse afin qu'elle te transforme. Il te faut la promesse (hypothétique) d'avoir une âme immortelle en épousant tel représentant de tel espèce, parce que ton espèce n'a pas cette forme d'immortalité tandis que l'autre l'a. Parce qu'en dépit du fait que tu as une espérance de vie plus longue que celle de  la créature que tu t'apprêtes à devenir, la simple idée de devenir poussière (ou écume) à ta mort t'es insupportable.
Et je regrette mais épouser quelqu'un parce que c'est le seul moyen d'obtenir quelque chose que l'être aimé a et que tu convoites, c'est une très mauvaise raison de tout laisser tomber par amour un inconnu. Pire, cela revient à épouser quelqu'un pour son argent, pour sa situation. Ce n'est pas de l'amour, c'est du profit. Là où Ariel était vraiment (folle) amoureuse d'Eric — même si ça ressemble plus à de l'attirance physique mais je ne vois pas en quoi ce serait incompatible avec l'amour — et ce peu importe sa situation, et sa fortune (parce qu'elle pourrait tout aussi bien tomber amoureuse d'un matelot, d'un mousse). Et elle n'a besoin de l'épouser pour faire partie de son monde (chose qu'elle désirait avant de faire la connaissance d'Eric), elle a juste besoin de jambes pour marcher — bon si, elle doit les moins embrasser Eric dans un délai de trois jours si elle veut garder ses jambes mais c'est seulement parce qu'Ursula l'a imposé.
Et non, je en vois pas en quoi faire tant de sacrifices pour une forme d'immortalité serait plus morale que tout laisser tomber pour vivre sa vie, avec accessoirement l'homme (ou la femme) de ta vie et explorer un monde qui te fascinait avant de rencontrer d'un homme/une femme de tes rêves qui en plus de ça fait partie dudit monde. Car comme je l'ai dit dans un précédent article, même si ça implique juste d'avoir une âme immortelle, la quête d'immortalité n'intéresse que les méchants ou du moins les mauvaises personnes, les mégalomanes ou les narcissiques de la pire espèce, incapable de se résoudre à imaginer un monde sans eux, à admettre qu'ils ne sont pas éternelles, Donc milles fois plus égoïste qu'un besoin d'émancipation ou un bête béguin. J'ai même envie de dire, la simple quête de l'immortalité — que ce soit l'âme, la vie ou la jeunesse éternelle — mérite cents fois plus une remise en question, donc cents fois plus de développement de personnage, qu'une bête histoire d'une ado en pleine crise d'ado qui veut juste suivre ses rêves, ses passions, ses folies, et vivre sa vie avec le beau gosse pour lequel elle a craqué.
Il ne manquerait à l'héroïne du conte plus d'être au centre d'un mauvais triangle amoureux, qu'elle obtienne le beurre et l'argent du beurre et éventuellement de jouer les salopes manipulatrices, pour qu'on est une Bella Swann avant Twilight. Seulement le rôle de celui qui est au centre d'un triangle amoureux et jouant avec les sentiments de l'un pour finir avec l'autre est attribué au prince — là où Eric avait l'excuse d'avoir été manipulé par Ursula, la salope de l'histoire.
Et après ça, il y en qui persistent à dire qu'Ariel serait un horrible modèle pour les petites filles. Ce que j'en pense ? À mi chemin entre ça et ça

Et l'intelligence de l'héroïne, ça aussi j'adore ! Dans le conte quand elle est avec la sorcière, la petite sirène ne voit aucune objection à la douleur promise causée par ses futures jambes en plus de celles provoquées par sa prochaine mutation, au fait qu'elle ne reverrait plus jamais son monde, qu'elle sera promise à une mort certaine si son aimée en épouse une autre et qu'elle doit payer de sa langue (du moment qu'on lui laisse son jolie minois avec lequel elle pourra séduire son aimé). Et bien qu'elle soit appréhendée par ces termes déjà pas très rassurant, elle les accepte. Par contre, quand elle voit son prince sombrer : "Transportée de joie, elle crut qu'il allait descendre dans sa demeure, mais elle se rappela que les hommes ne peuvent vivre dans l'eau, et que par conséquent il arriverait mort au château de son père." Genre elle est d'abord contente de voir le prince se noyer et excitée à l'idée de l'amener dans son château mais il lui faut un petit moment de réflexion pour réaliser qu'en fait, ça n'allait pas être possible. Et je n'ai rien inventé, je n'ai fait que citer.
Au moins, Ariel quand elle réalise qu'Eric est en danger et qu'elle doit le sauver, elle n'a pas besoin de réfléchir, elle agit, rapidement et instinctivement. Mieux, elle n'attend pas de voir le prince couler pour se lancer à sa rescousse, elle s'y lance dès qu'elle voit le bateau commencer à sombrer. Et elle est supposée ne rien connaître des humains. Elle ignore l'utilité d'une fourchette ou d'une pipe — elle en ignore même le nom, et finit par croire que l'une sert à se peigner les cheveux et l'autre à faire de la musique — et pourtant, elle est consciente qu'un humain, contrairement à elle, ne peut pas respirer sous l'eau. Un autre preuve, si ce n'est la preuve ultime, qu'elle moins stupide qu'on le dit (même mieux, moins stupide que l'originale) et que parfois, elle pense à autre chose qu'à sa personne.
Et pour la scène avec Ursula, vous n'avez qu'à lire mes précédents articles, j'en ai marre de me répéter.

Bref, la prochaine fois que vous entendez quelqu'un massacrer la Petite Sirène en disant que "c'est à chier, Ariel est un horrible modèle pour les petite fille, elle est conne, égoïste, enfant gâtée, elle abandonne sa famille et son monde, se change pour un mec qu'elle connaît à peine, donc c'est anti-féministe, elle obtient ce qu'elle veut donc ça en fait une enfant gâtée et elle n'a pas de développement de personnage, c'est Twilight avant Twilight " et autres conneries, répondez lui simplement: " Non ! Ça, c'est pas la version Disney que tu décris ! Ça, c'est le conte original !"
Tout ce qu'à fait la version Disney c'est améliorer le conte et son protagoniste pour qu'il soit plus regardante pour un jeune public.

Et c'est là dessus que ce conclut ma plaidoirie. Et j'espère ne pas avoir à y revenir parce que là... je n'en peux plus.

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