Mon film préféré de Wallace et Gromit
Nul besoin de présenter les personnages phares de l'animateur-réalisateur Nick Park (à qui l'on doit également Chicken Run et la série Shaun le Mouton) et des studios Aardman, constitué d'un inventeur excentrique, bon enfant et surtout amateur de fromage (avec les crackers, s'il-vous-plaît) et de son chien beaucoup plus débrouillard que son maître — et aussi beaucoup plus éloquent malgré son mutisme — et à qui il arrive des aventures ayant fait l'objet de quatre court-métrages ainsi que d'un long-métrage sorti en 2005 et en partenariat avec DreamWorks Animation, plus une série sur les inventions de Wallace dont je n'ai vu quelques épisodes juste pour me faire une idée de ce que c'est comme genre de série (et je pense pas manquer grand chose vu que c'est surtout des sketches d'environ deux minutes).
Cela commence donc avec le court-métrage Une grande excursion (A Grand Day Out en VO) sorti en 1989, où à l'approche des vacances et en panne d'inspiration touristique, Wallace réalise qu'il n'a plus de fromage en réserve et décide de construire une fusée avec l'aide de son chien Gromit dans le but de se rendre sur la Lune car faite de fromage.
Puis il y eut le cultissime Un mauvais pantalon (The Wrong Trousers) sorti en 93 et qui eut l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 94 que j'aime considéré comme le premier vrai Wallace et Gromit.
Suivi en 95 de Rasé de près (A Close Shave) qui eut également droit à un Oscar pour la même catégorie et marque la première apparition de Shaun le mouton qui aura droit à une série à son nom et deux films dérivés.
Ensuite, il y eut le long-métrage de 2005, le Mystère du lapin-garou (The Curse of the Were-Rabbit) qui parodie les vieux films d'horreurs et de monstres, notamment le Loup-Garou (évidement), sûrement mélangé avec un peu de Dr Jekyll/Mr Hyde et aussi un peu de King Kong pour le climax.
Puis, il y eut un quatrième court-métrage datant de 2008, Sacré Pétrin (A Matter of Loaf of Death), dans lequel nos héros, après avoir été successivement laveurs de carreaux et de vitres puis mené une entreprise de protection de légumes contre une invasion de lapins dans les films précédents, se sont reconverti en boulangers tandis qu'une série de meurtres visant les justement les boulangers fait la une des journaux.
Au cours d'une livraison de pains, Wallace fait la connaissance de Piella Bakewell , une ancienne actrice ayant fait la pub pour une entreprise de boulangerie et tombe irrémédiablement sous son charme, au grand déplaisir de Gromit à qui la romance soudaine entre son maître et Piella qui va jusqu'aux fiançailles lui fait un peu revivre l'expérience du pingouin dans le Mauvais pantalon.
Puis, alors qu'il devait rendre à la nouvelle amante de son maître le porte-monnaie qu'elle avait oublié chez eux, Gromit découvre que Piella EST la tueuse en série qui en a après les boulangers et que Wallace est le prochain sur sa liste. Et durant le reste du film, il tentera de prévenir son maître de la folie meurtrière de sa bien-aimée, d'abord en vain, puis avec l'aide inespérée de Fluffy, la caniche de Piella qui a souffert du mauvais traitement de sa maîtresse et développé un béguin pour Gromit.
Et vous l'aurez compris, c'est de ce film dont je veux parler comme étant mon préféré de la franchise.
Peut-être pas le meilleur. Car je peux comprendre qu'on puisse être gêné que pour un fois qu'un des personnage principaux est épris d'une femme un peu ronde il faut que ce soit la méchante, une tueuse psychopathe qui maltraite son animal de compagnie, que son surpoids soit la clé de sa chute en fin de film (au sens propre comme au figuré) mais on y reviendra sur ce détail.
Et il est vrai que dans ce film, Wallace est un peu con de faire davantage confiance à une femme qu'il connaît depuis quelques jours seulement qu'à son propre chien qu'il a dût élevé depuis que c'était un chiot, allant jusqu'à l'enchaîner et lui mettre une muselière après qu'il soit faussement accusé d'avoir mordu sa fiancée (d'autant que je n'ai pas souvenir qu'on voit Gromit avec une bouche). Et aussi un peu con quand, suite à une tentative de meurtre ratée, sa fiancée s'en va furibarde après lui avoir cracher son mépris de tout ce qui se rapporte à la boulangerie avec une violence verbale pour revenir le lendemain avec un gâteau de réconciliation (cachant en réalité une bombe) qu'elle offre à Wallace, que l'inventeur accepte avec candeur comme si rien ne s'était passé, mais ne reste pas pour le goûter.
Ah ! Et aussi que durant une de ses tentatives de meurtres, Piella a obligé Wallace a récupéré sa chaussure prise dans un rouage du moulin aménagé de nos héros pour ainsi le pousser dans le vide, et vu que l'engin est assez hors d'atteinte au point d'obliger Wallace à se pencher au dessus du vide pour attraper la chaussure, je doute qu'elle s'y soit retrouvé par pur accident comme le prétend la meurtrière.
Encore une fois, plutôt suspect... Ou alors, il faut qu'elle soit vraiment cruche pour laisser traîner ses godilles dans un endroit pareil.
Je veux bien que Wallace soit candide, éperdument amoureux de Piella et est censé tout ignorer de sa vraie nature, et veux bien aussi qu'il y ait quelques querelles dans un couple, mais ça reste quand même suspect comme attitude venant d'une personne avec laquelle on est supposé vivre le grand amour.
J'aimerai aussi ajouter qu'il y a quand même une petite différence entre être sincèrement amoureux de quelqu'un et se laisser aveugler par ses sentiments ou son attirance pour ne pas voir que l'être aimé est tout sauf une bonne personne. Mais je garde ça pour un autre sujet...
Cela dit, à la décharge du film, Wallace n'a jamais été très fute-fute, même pour un inventeur. — déjà que ses inventions fonctionnent rarement comme prévu et sont décrit par Nick Park lui-même comme des "canons pour tuer des mouches" — et surtout comparé à son chien Gromit.
Aussi, je ne peux m'empêcher de remarquer que Wallace tombe trop facilement amoureux de la première femme qu'il croise, que ce soit dans Rasé de Près ou le Mystère du Lapin-Garou. Ça en devient presque Clover dans Totally Spies. Ce qui me fait aussi me demander, il s'est passé quoi avec Lady Tottington ? Avec la vendeuse de laine de Rasé de Près, je comprends que Wallace soit déçu d'apprendre qu'elle est allergique au fromage, mais Tottington, ils semblaient en bon termes durant le Lapin-Garou et a même donné un coup de main à nos héros vers la fin du film. Elle préférait les lapins aux humains, c'est ça ?
Cela étant dit, la candeur de Wallace me ramène à ce que je considère le gag le plus drôle du film et même de toute la franchise, quand après que Piella l'ait quitté furibarde il demande à Gromit désemparé "je ne suis pas bête, tout de mème ?", ce à quoi le chien répond d'une tape qui se veut rassurante sur l'épaule après un bref moment d'hésitation.
Ce que d'ailleurs je trouve génial avec des personnages comme Gromit, qu'ils n'ont pas besoin de parole pour dire quoi que ce soit, juste d'être suffisamment expressif, et démontrent avec brio que des moments de silence et d'hésitation en disent plus long que les mots ou les actes en eux-mêmes.
Quoi qu'il en soit, qu'est ce qu'il fait que ce soit mon film préféré de la franchise ?
Pour commencer, c'est probablement l'épisode le plus sombre de toute la franchise. Encore plus sombre que le Lapin-garou qui s'inspire pourtant de films d'horreurs classiques et où la vie d'un des protagonistes est en jeu ou Rasé de près où on a une histoire d'enlèvement massif de moutons pour en faire de la pâtée pour chien.
Non pas dans le sens littéral où t'as des séquences qui sont tellement dans l'ombre que tu ne vois de ce qui se passe, même pas ce que la caméra veut que tu vois.
Ni dans le sens où on a des séquences plus "matures" qu'à l'accoutumé car ça reste un film familiale et bon enfant. Et sur ce terrain, je pense qu'il est battu par Chicken Run.
Mais plutôt dans le sens où, comme pour le Lapin-garou, l'enjeu concerne la vie d'un de nos héros et ou la menace dans ce film est plus terre-à-terre comparé aux précédents films. Avant en guise d'antagoniste, on avait un robot lunaire qui avait besoin qu'on lui insère une pièce de monnaie pour s'activer et se découvre une passion pour le ski, un pingouin qui cherche à dérober un diamant, ainsi qu'un bouledogue se révélant être un robot ayant pété un boulon. Pour le long-métrage, si on omet le lapin-garou du titre qui s'en principalement aux légumes, on a bien Victor Quatermaine qui est grosso modo Gaston de la Belle et la Bête (ayant des motivations similaires, voulant profiter du fait de connaître par inadvertance la vraie identité du lapin-garou pour se débarrasser d'un rival tout en se faisant passer le héros qui aura abattu la bête qui terrorisait le village) constamment tourné en ridicule.
Pour ce qui est de Piella Bakewell, elle est d'abord présentée comme une femme tout ce qu'il y a de plus normale et d'inoffensive, mais passé la séquence où Gromit découvre par inadvertance son secret, on se rend compte que c'est une psychopathe manipulatrice et impitoyable. Rien que la séquence de la découverte de Gromit nous révèle qu'avant Wallace, elle a séduit une dizaine de boulangers pour les assassiner (et quand je dis une douzaine, ce n'est pas un chiffre approximatif, elle en vraiment tué douze, Wallace étant destiné à être le treizième) et conserve leur tablier et leur toque dans sa chambre à coucher en guise de trophées, ainsi que les photos d'elle avec ses victimes dans un album photo.
Elle se montre tellement déterminée, froide et sans scrupule qu'elle en vient à faire usage d'une bombe vers la fin du film, quand bien même elle tue d'autres gens dans la foulée, ou encore à se mordre elle-même le bras pour accuser Gromit afin d'empêcher ce dernier de lui mettre des bâtons dans les roues et n'hésite pas à assassiner Wallace sous le regard impuissant de son chien enchaîné (scène que j'adore d'ailleurs car on sent bien la détresse de Gromit en plus d'être le genre de situation où son mutisme devient un handicap). Elle va aussi jusqu'à simuler un accident de vélo — qui manque quand même de la tuer elle ainsi sa chienne dans la foulée sans l'intervention de nos héros, mais bon, il faut garder à l'esprit que cette femme est tout sauf sain d'esprit.
Et puis, il y a sa chienne Fluffy qu'elle utilise pour séduire ses victimes, n'hésite pas à battre quand il lui prend l'audace d'empêcher ses meurtres ou de se rebeller contre elle, et qu'elle fait dormir dans une boîte en carton avec un vieux chiffon alors qu'elle vit elle-même dans un manoir bien luxueux, démontrant un mauvais traitement de la part de sa propriétaire. Là où Gromit a droit à une chambre à lui tout seul et qu'il a été montré dans le Mauvais pantalon que lui et son maître ne roulent pas sur l'or, et même dans ce film, ils n'ont pas l'air plus fortuné que Piella.
Au passage, je salue la VF pour le choix de Marion Game pour doubler Piella. Marion Game que certains connaissent en tant que Huguette dans la série Scènes de Ménage ou la voix française de Lois dans la série Malcolm.
Après, son envie obsessionnel d'assassiner des boulangers ne sort pas non plus de nul part, vu qu'elle a été victime d'une publicité mensongère dont elle a elle-même fait la promo, et un peu de sa propre renommée.
Avant c'était une actrice splendide et svelte, faisant la pub pour une marque de pain amincissant où elle est se tenait assise sur une mini-montgolfière à l'aise et citant le slogan "je suis légère comme une plume, je suis la fille du boulanger" ce qui a fait son petit succès, lui apportant gloire et fortune, en témoigne son manoir et le fait que Wallace la reconnaisse grâce à la pub. Mais elle a prit du poids en mangeant un peu trop de pains et de pâtisseries, si bien qu'elle ne plus monter dans le ballon ni être en accord avec le fait d'être "légère comme une plume" et fut donc viré, ce qui la fit craquer et haïr les boulangers et leur pains (ce qui ne l'a pas empêché d'avoir une coiffure rappelant une brioche, soit dit en passant), l'amenant à sa série de meurtres.
Comme quoi, le film lui-même dénonce un peu la grossophobie dont est victime Piella.
Ce qui est d'autant plus tragique et ironique qu'en plus de ce qu'il lui arrive à la fin, quand elle tente de s'enfuir avec son vieux ballon de la pub qu'elle a quand même gardé, son surpoids ne l'a pas empêché de séduire pas moins d'une douzaine de boulanger. Comme si cela n'a jamais dérangé ne serait-ce qu'une de ses victimes, pas même Wallace qui ne voit en elle que la femme mince qu'elle avait été avant.
Et rien que l'amour que lui accordait une de ses victimes malgré son surpoids aurait pu lui faire ouvrir les yeux sur sa condition, qu'elle est la seule à qui ça pose problème. Mais faut croire que sa haine des boulangers est plus forte que son désir d'être aimée malgré sa condition.
Cela dit, je ne m'en plains pas. Je vais peut-être paraître sadique mais je suis content qu'elle tout sauf une fin heureuse où elle se rend compte de son erreur, renonce à sa guerre contre les boulangers et se marie avec Wallace comme si rien ne s'était passé. Ça aurait juste fait cucul la praline, même pour un film pour enfant, aurait plus détruit le personnage de Piella et aurait été un peu insultant pour les précédentes victimes.
Et puis, j'estime pour ma part qu'il est plus sain de montrer qu'il n'y a rien de plus autodestructeur que de se laisser obséder par la haine et le désir de vengeance, plutôt que de faire croire qu'on a toujours une chance de se racheter après avoir commis l'irréparable, comme ce n'était pas si grave, quand bien même l'irréparable n'a pas été commis une ou deux fois mais bien une douzaine de fois et ce sans le moindre remord ni scrupule.
Vous aurez beau cachez la poussière sous le tapis, ça ne va pas la faire disparaître pour autant. Et si en plus ce n'est pas de la poussière mais des débris de verres ou de porcelaine que vous essayez de cacher, ça formera une bosse sous le tapis et n'enlève pas le fait que quelque chose a été brisé. Pardon d'être aussi prêchi-prêcha, mais j'ai toujours cette impression que ce n'est pas évident pour tout le monde.
J'en viens à ma principale raison d'aimer autant ce film : Fluffy.
Fluffy est de loin le personnage le plus adorable qui m'ait été donné de voir dans une production Aardman et la relation qu'elle entretient avec Gromit, bien que plus modérée que celle de leur propriétaires respectifs, n'en est pas moins plus touchante et sincère.
Il faut dire que concernant Wallace et Piella, la relation qu'ils entretiennent est trop soudaine, trop endiablée et surtout trop exagérée, même pour un coup de foudre (et surtout quand on prend en compte le fait que Wallace n'en est pas à son premier crush), au point il parodient la fameuse scène de la poterie du film Ghost, on se doute qu'il y a anguille sous roche.
Tandis que pour Fluffy et Gromit, rien que la scène où la petite chienne rapporte à Gromit ses affaires — qui ont dû être mis à la poubelle par Piella quand elle a décidé de refaire la déco chez son nouvel "amant", incluant la chambre de Gromit, pour lui donner un "touche féminine" pour quand elle emménagera chez lui et ce pendant que le chien a passé la journée à être aux fourneaux et livrer du pain seul — suffit à installer leur romance. Et je tiens à préciser qu'on a affaire à deux personnages muets, donc pas de dialogue ou quoi que ce soit de verbalement grandiloquent, juste un échange de regards et quelques interactions qui démontrent leur gentillesse et la sympathie qu'ils ont l'un pour l'autre.
Aussi, je doute que les deux chiens se soient autant fréquentés l'un et l'autre que Wallace et Piella de puis leur première rencontre (Gromit étant davantage occupé aux fourneaux ainsi qu'à la livraison de pain et Fluffy restant sous la surveillance de sa maîtresse), et n'empêche que leur relation reste plus sincère et touchante que celle qu'entretiennent leur maîtres respectifs.
Si vous êtes en manque d'exemple de meilleurs romances que Twilight, Cinquante Nuances de Grey ou encore Autant en Emporte le Vent, c'est cadeau. Remarque, au vu de la réputation des livres/films que je viens de citer (OUI, Y COMPRIS Autant en Emporte le Vent), ce n'est pas difficile de faire mieux.
Aussi, petit détail si on est attentif, on peut apercevoir dans un plan les initiales "F <3 G" gravés sur un arbre de la propriété de Piella et qui n'ont pu être gravé que par la petite chienne.
Je ne serais même pas surpris que sa psychopathe de maîtresse l'ait découvert vu que ça se passe à un moment où elle se sert de sa propre chienne comme appât pour piéger Gromit.
Et pour en revenir à Fluffy, quand on prend on compte qu'elle a une psychopathe meurtrière pour maîtresse, qu'elle a non seulement été témoin de ses crimes, qu'elle aurait bien malgré elle assisté dans ses magouilles et qu'elle aurait subi de la maltraitance de sa part (probablement pour toutes les fois où la pauvre chienne avait fait preuve de réticence), allant jusqu'à l'obliger à dormir dans une boîte en carton plutôt que de lui offrir un vrai panier pour chien plus confortable.
Ce qui fait qu'elle a toute les raisons du monde d'avoir peur d'elle (d'où le fait qu'elle soit constamment tremblante de peur), on se rend compte qu'elle a quand même du cran quand malgré tout ça, elle se range du côté de nos héros au détriment de sa maîtresse, surtout pour ce qu'on assume être un caniche timide et délicat.
Alors au début, elle le fait en catimini, quand sa maîtresse est occupée ailleurs. D'abord en rendant à Gromit ses affaires ayant été jeté à la poubelle sans son consentement, puis en "omettant" de prévenir sa maîtresse qu'elle a flairé la présence d'un intrus dans leur chambre et qu'elle a clairement reconnu l'odeur de Gromit, en empêchant la première tentative de meurtre de Piella quand Gromit se retrouve enchaîné, et de fil en aiguille, elle se rebelle pratiquement contre sa propre maîtresse, aidant au passage Gromit à sauver son maître de la bombe, allant jusqu'à l'affronter en mode Ripley dans Aliens aux commande d'un chariot élévateur (d'ailleurs, toute la séquence où Wallace fuit Piella en se cachant sous les grilles de sol que Piella arrache un par à un pour être interrompu par Fluffy qui l'affronte avec une machine, c'est clairement un clin d'œil à Aliens).
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| "Get away from my master's boyfriend, you bitch !" |
Et le plus beau, c'est qu'elle n'a même pas besoin de se faire convaincre par nos héros qu'elle sait être dans une situation épineuse pour se bouger et leur donner un coup de main (ou plutôt de pattes). Non. Elle le fait assez tôt, de sa propre initiative et a juste eu besoin de sa bonne conscience (et peut-être de son affection pour Gromit ou le fait qu'elle doit la vie à nos deux héros). Encore mieux, on sent assez tôt qu'étant pleinement conscience de la psychose de sa maîtresse ainsi que de ses crimes et ayant probablement dû l'assister dans ses manigances, elle ne les approuve pas pour autant. En fait, on voit clairement que c'est Piella qui force sa chienne à faire de qu'elle doit faire pour parvenir à ses fins, que la chienne n'obéit que par la contrainte.
Et ce qui m'arrange le plus avec le personnage de Fluffy en guise d'exemple, c'est que ça me permet de poutrer une bonne fois pour toutes tous les personnages que j'ai défoncés sur ce blog (et même ceux qui attendent encore leur heure).
Ouais, j'en viens à la partie
Mais que serait un article de "BEB se défoule sur la toile" sans un avis impopulaire ou bien un coup de gueule à partager ? Aussi, pardon de remuer le couteau dans la plaie.
Si vous me suivez, vous avez dû constater pas mal plaint de personnages que non seulement je trouvais surestimés et qu'il ont pour point commun d'être présentés comme des antagonistes ou simplement comme des personnes antipathiques et nuisibles mais qui sont quand même acclamés parce qu'ils décident à la dernière minute de se rattraper en se rangeant du côté des gentils — quand bien même ils leur ont démontré à plusieurs reprises qu'ils avaient pour être racheté auprès, que chaque fois qu'ils ont en eu l'occasion, ils l'ont aussitôt gâché — ou bien avec une bonne action censé être leur moment de gloire alors qu'en soi, cette bonne action n'a rien d'impressionnant ou de pertinent et dans le meilleur des cas ne suffit pas à effacer toutes les mauvaises actions qu'ils ont fait avant ou même après (à ce stade, ça revient à traiter en héros quelqu'un pour avoir éteint un incendie qu'il a lui-même déclenché en toute connaissance de cause, parfois dans un but criminel quand ce n'est pour venir à bout d'un vulgaire cafard ou bien pour qu'il en déclenche un autre dans le même but). Ou bien on les excuse parce qu'ils n'ont pas eu une enfance heureuse — genre ils ont été brimé/maltraité à l'école ou par leur propre famille, quand ce n'est pas juste une mauvaise influence/éducation de leur part, ils ont perdu de vue un proche avec lesquels ils n'ont jamais songé à garder contact ou retrouver la trace, ou autres merdes qui sont également arrivés aux personnes qu'ils ont cherché à nuire sans que ça en fasse des connards finis — qui la plupart du temps n'excuse en rien leur mauvaise action tant ça manque de logique. Bref, des énergumènes qui pourrait tout aussi bien être Piella tant ils suivent la même logique et la même éthique à 90% de leur temps.
Ce qui m'agace avec ce genre de personnages c'est que, quand ceux ne sont pas les fans qui les idolâtrent plus aveuglément que Wallace dans le film que j'aborde aujourd'hui, on essaie de mes les rendre sympathiques, de me les faire passer pour des personnes pas si mauvaises que ça, alors qu'à chaque fois, en me remémorant leur attitude et les mauvaises actions qui ont été fait de leur propre chef, je me demande à quel moment c'est censé me donner cette impression ? À quel moment c'est censé me donner une meilleure opinion d'eux ? Même en essayant de me faire croire qu'on les a forcé à agir tels qu'ils ont fait, la plupart du temps c'est raté, vu qu'on ne les a rien forcé du tout, on ne les a même pas manipulé, limite ils étaient pleinement conscient et d'accord pour aider leur "tortionnaires" dans leur combine, faisant d'eux plus des complices consentis que des victimes agissant sous la contrainte, ou ont accepté d'eux même de se lancer dans une quête que même leur commanditaire savait bidon et insensé. Quant à la backstory expliquant pourquoi ils ont fait tel trucs et supposés justifier leur mauvais actions et me les rendre plus sympathique, tout ce que je retiens au mieux c'est que j'ai affaire à des attention-whores égocentriques et insensibles qui ont décidé de pourrir l'existence de leur entourage — pas même ceux qui leur ont fait du tort, la plupart du temps, plutôt des personnes qui ne leur ont rien fait ou simplement voulu leur tendre une main amicale si ce n'est leur aide et leur soutien — juste parce qu'ils ont décidé que puisqu'ils ne sont pas heureux, personne ne doit l'être. Et c'est pas aidé quand non seulement ils ne montrent aucun scrupule à martyriser les autres, à s'en prendre constamment à des personnes qui ne lui ont rien demandé, mais en plus ils y prennent du plaisir. Encore une fois, je suis supposé avoir de la sympathie pour ce genre d'énergumène ?
Je m'excuse mais s'ils ont vraiment souffert de brimade ou de mauvais traitements, fusse de la part de leur proches, ils le devraient être les mieux placés pour savoir que ça ne se fait pas d'infliger la même chose (voire pire) aux autres comme ils le font, surtout à des innocents. Et agissant ainsi, il démontrent qu'ils n'ont en réalité rien à foutre de faire souffrir des innocents, se révèlent aussi ignobles et indignes de confiance (si ce n'est plus) que ceux qui les ont martyrisé, quand bien même ceux-là sont montrés comme le mal incarné, et démontrent surtout qu'ils n'ont aucune excuse de se comporter ainsi à part d'être des connards finis. Encore une fois, ce genre d'énergumène est plus proche de Piella (ou n'importe quel méchant de film pour enfant) que d'une quelconque âme en peine ayant seulement besoin qu'on lui tende la main et méritant qu'on lui accorde une seconde chance.
Mais toujours est-il que ces énergumènes passent du personnage le plus détestable du casting, limite le pire trou du cul du monde, au préféré des fans parce qu'à la toute fin il "ose" se rebeller contre le "vrai méchant" qui les a "tant martyrisés" — mais à qui ils léchaient le cul durant tout ce temps jusqu'à l'instant d'avant, même après que ce dernier lui a ordonné d'arrêter — et devient ami-ami avec les héros à qui il a quand même pourri la vie à 90% du temps (parfois jusqu'à des proportions criminelles) et ce après qu'on leur a fait la morale à base de "soit gentil, pas méchant". Le plus souvent en se contentant de jeter un petit caillou au méchant ou de lancer au héros une lame émoussée (quand ce n'est pas un flingue non-chargé) pour qu'il élimine le méchant à sa place.
D'ailleurs, ça aussi ça me perturbe... En quoi je suis considéré ce genre d'énergumène comme une bonne personne parce qu'il se décide de venir à bout d'un ennemi alors que ce faisant, au lieu de l'affronter directement quitte à se salir les mains, il envoie un autre s'en charger pour lui ? Ce genre de passage est censé être son moment de gloire ? Son moment de rédemption ? Ça en fait un lâche doublé d'un fainéant, ouais ! Rien qui puisse susciter l'admiration !
Et si en plus, il refile à ce quelqu'un d'autre la plus inutile des armes (comme une lame émoussée, un flingue non chargé ou la maîtrise d'un pouvoir qu'il arrive à peine à maîtriser) ou laisse un avantage au méchant qu'il s'était lui même juré de voir tombé, alors son moment de gloire et de rédemption, s'il ne cache pas en réalité un coup de pute à l'encontre de ceux qu'il est supposé aider, ce n'est ni plus ni moins qu'un coup d'épée dans l'eau. Dans un océan, je dirais. Pas de quoi l'applaudir, dans tous les cas.
Toujours est-il qu'avec tout ça, t'as un caniche en apparence fébrile, n'apparaissant que dans un court-métrage de 30 minutes et ne prononçant pas un mot durant ce laps de temps, qui pourtant dit littéralement à tout ces personnages surestimés "Hold my beer !".
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| Notamment dans ce plan. |
Dans un film sorti en 2008. Soit quatre ans avant la sortie de Gravity Falls (si vous avez lu mes précédents articles qui abordent cette série, vous comprendrez).
Ce qui fait que, SURPRISE ! je n'ai aucun problème à ce qu'elle ait une romance avec Gromit et reste avec nos héros à la fin après la disparition de sa maîtresse — mieux, je les ship comme Fedex. Pour la simple raison qu'elle a beau être la chienne de celle qui a voulu les nuire à tous les deux et a déjà commis une douzaine de crimes, elle n'a jamais approuvé les actes de cette dernière. Que dès le début, on sent qu'elle n'a rien à voir avec sa démoniaque maîtresse, qu'elle en est même l'opposée.
Car croyez-moi, je ne serais pas aussi indulgent avec Fluffy et sa relation avec Gromit si on me l'avait présenté comme une chienne prétentieuse, égocentrique et hautaine, se complaisant dans sa vie d'animal domestique d'une star à la retraite et ne manquant de rien, rabaissant et humiliant sans le moindre scrupule chaque animal qu'elle croise, incluant son futur amoureux, pour le simple fait d'avoir été chanceuse qu'elle, pour qu'on essaye pas de me faire croire que "ce n'est pas de sa faute si elle est aussi odieuse", qu'elle a juste eu une "mauvaise éducation" de la part de sa maîtresse ou autre connerie du style "elle martyrisait ses camarades car en vrai, elle enviait leur bonheur qu'elle n'a jamais eu". Je ne le répéterai jamais assez mais franchement, c'est censé me rendre sympathique ce genre d'énergumène ?
Encore mieux, je trouve jouissif de la voir se rebeller contre sa maîtresse jusqu'à l'affronter directement (et pas seulement pour la référence à Aliens), parce qu'au vu du mauvais traitement qu'elle a dû subir, on se doute que ça à dû lui brûler les pattes (et même les dents) au bout d'un moment.
Elle n'a même pas besoin d'en venir à bout, bien qu'elle fut à deux de le faire avec le chariot élévateur, et encore moins à laisser nos héros s'en charger pour elle. Limite, toute la séquence de l'affrontement en chariot élévateur, c'était entre la petite chienne et sa méchante maîtresse.
Et même à la fin, quand Fluffly pleure la disparition de Piella, je n'ai aucun problème avec ça, d'autant qu'elle est plus meurtrie par sa disparition que ne l'est Wallace. Parce qu'en dépit de tout ce que lui a fait subir son épouvantable maîtresse et des atrocités dont elle a été témoin, je me doute qu'elle soit la seule famille qu'elle ait eu et qu'elle ait donc besoin de faire son deuil avant de se décider de rester avec Wallace et Gromit qui lui ont généreusement et par pure miséricorde tendu la main. Peut-être même qu'elle fut adoptée par Piella bien avant qu'elle ne sombre dans la démence et ne se lance dans sa série de meurtre. Et au moins, ça démontre que c'est plus dur pour elle que pour n'importe qui d'autre que de se rebeller contre celle qu'elle devrait considérer comme sa seule et unique famille et en venir à bout.
C'est même plus convainquant quand t'as un gus qui est genre à 90% du temps "ouin ouin ouin ! c'est pas ma faute si je suis aussi ignoble ! chuis martyrisé par mon propre père !" pour être genre "Ok ! Maintenant, je montre que j'ai des couilles et décide d'envoyer chier ce père indigne ! On est amis, maintenant ?" les 10% restants.
Alors je vois à des kilomètres les rageux me rétorquer "Ouais ben, les personnages que tu critiques sans arrêt, ils sont intéressant eux, ils ont une vrai évolution, pas comme ta chienne qui ne dit pas un mot et ne fat que trembloter ! elle est gentille dès le début, donc elle n'a rien d'intéressante !". Ceux-là, je ne veux plus en entendre parler. Sérieusement, je HAIS ce genre de critique. C'est du même niveau que de descendre des films comme Gravity ou Mad Max Fury Road par "qu'ils n'ont pas de scénario" —dixit des gens ne comprenant comment marche le cinéma et persuadés qu'un scénario simple "ne raconte rien", quand bien même il raconte bien mieux son histoire qu'une version ultra-complexifiée et tellement verbeux que cela en devient chiant et prétentieux.
Je veux dire, à quel moment vous décidez qu'un personnage cesse d'être intéressant sous prétexte qu'il n'a pas d'évolution l'amenant à changer aussi drastiquement de personnalité ou de camp, qui à être inconsistant et en contradiction avec lui-même ?
Déjà, un personnage qu'on assume être faiblard et timoré qui gagne en courage, en force ou même qu'on assume comme étant indiscipliné et naïf gagnant en expérience et en maturité sans pour autant passer par la case "méchant" ou "plus gros connard de l'univers" n'est pas moins intéressant qu'un autre qui se contente de passer d'un extrême à l'autre, voire de passer à l'ennemi parce que "SCÉNARIO". Ni moins improbable ni inconsistant, par dessus le marché. Du moment que son évolution paraisse naturel et non artificiel.
Aussi, à un moment, il est impératif d'apprendre à faire la différence entre un personnage qui évolue convenablement et un autre complètement out-of-character pour les besoins du "SCÉNARIO" (de même à différencier un personnage complexe d'un autre qui est juste inconsistent, mais ça c'est un autre débat). L'évolution à proprement parler, ça n'a rien à voir avec les évolutions de Pokémon. Et déjà que dans la première générations, on avait des évolutions qui n'avaient pas vraiment de sens — genre, Draco, un pokémon type dragon d'apparence svelte et gracieux, plus proche d'un serpent, qui évolue en Dracolosse, AKA un dragon à la Casimir, ou encore Magicarpe, littéralement une carpe est considéré comme le pokémon le plus faible et inutile de la première génération et qui pourtant évolue en un pokémon beaucoup plus puissant et inspiré du léviathan.
Et puis, quand le personnage que vous vénérez tant pour l'évolution sont juste le même trou-du-cul qu'ils étaient au début qui sont juste passé à l'ennemi ou dans le meilleur des cas, évolue pour retourner aussitôt à la case départ, passant ainsi tout signe de progression à la trappe comme si ça n'avait jamais eu lieu, je ne vois vraiment pas de quoi s'extasier ! Je me retiens même de crier FAIL !
Donc voilà mes raisons d'aimer tant Sacré Pétrin. Non seulement parce que je considère ce court-métrage comme un bon film pour enfant mais aussi parce qu'avoir une méchante qui a la fin qu'elle mérite quand bien même la vie ne lui a pas tant fait de cadeau, quitte à finir avec une fin tragique (au moins ce sera VRAIMENT tragique), ET une chienne qui démontre qu'on peut être une pauvre âme opprimée par un psychopathe sans pour autant embrasser sa méchanceté, voire en étant ouvertement opposée à sa méchanceté, ça fait du bien. Surtout à une époque où c'est monnaie courante de pardonner les pires trou-du-cul tout en blâmant des âmes plus innocentes qui font à peine le dixième de leur crasses pour des raisons arbitraires.











Salut ! Premiere fois que je suis pas sur avatar ! Bon je fais un tour ici et j'adorerais pouvoir regarder ce film pu meme le desin animé... mais petit probleme : j'ai la trouille ! Vous pouvez penser que je suis une trouillarde mais meme le stephen king me fait moins peur ! Je sais pas mais depuis toujours les dessins animés de ce genre d'animation un peu ''pate a modeler '' ca me fou une de ces trouille ! Apres j'ai eu des retour ici mais aussi de mon entourage et c'est apparemment genial ! Tout ca pour dire que je rate un truc apparemment super par ce que j'ai peur ... je crois que je vais rester sur avatar ! Super article quand meme , bonne soirée, une indochinoise de 13 ans !
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