Mon Final Fantasy préféré (2)
Je me suis attaqué aux personnages jouables que je trouve... disons superflu narrativement. Passons à ceux qui ont un vrai rôle.
À commencer par Eiko.
Certains peuvent la trouver attachante et même touchante, du fait qu'elle est une orpheline et ait grandi avec un groupe de Mogs pour seul famille et n'ait jamais quitté son village natale (bien qu'en ruine) avant qu'elle ne rencontre nos héros envers lesquelles elle tient tant à faire bonne impression qu'elle se propose de faire la cuisine pour eux à leur arrivée. Et aussi qu'elle ait eu un béguin pour Djidane malgré le fait qu'il ait dix de plus qu'elle et qu'il semble s'être déjà entiché d'une autre fille qui est plus de son âge.
D'autres peuvent la trouver chiante du fait qu'elle ait son caractère et qu'elle puisse se montrer effrontée et vaniteuse par moments.
En ce qui me concerne, je conserve un avis neutre concernant Eiko.
Mais contrairement à Kweena et Tarask dans le rôle narrative m'échappe encore à ce jour, je comprends tout à fait sa place dans l'histoire.
Et pourtant, parmi les personnages joubales, bien qu'elle soit l'avant-dernière à se joindre au groupe avant Tarask, elle est la dernière à faire sa première apparition dans l'histoire.
Après tout, c'est elle qui explique à nos héros l'histoire des invocateurs dont elle est la dernière représentante avec Grenat et comment fonctionne leur magie.
Et c'est également en combinant ses pouvoirs avec ceux de Grenat qu'elles invoquent ensemble la chimère Alexandre pour chasser Bahamut et ainsi sauver Alexandrie, même si ce sauvetage se révèlera malheureusement temporaire. Et oui, je sais, drôle de coincidence, qu'elle invoque une chimère pour sauver un royaume qui ont pratiquement le même nom.
Ah et c'est aussi (indirectement et plus accidentellement qu'autre chose) grâce à elle que Steiner et Beate forment un couple à la fin du jeu.
Et il faut admettre qu'Eiko a droit à un scène émouvante quand elle assiste au sacrifice de son Mog de compagnie, s'avérant être une chimère lui faisant office d'ange gardien, pour la sauver des deux bouffons Pile et Face.
Et puis contrairement à Tarask qui durant l'épilogue se contente de faire coucou à son ancienne partenaire qu'il a trahi pour un stupide duel d'honneur et Kweena qu'on retrouve aux fourneaux du château d'Alexandrie (où elle était déjà en début du jeu quand on incarne Steiner et part chercher Grenat et qu'on va jusqu'aux cuisine), je sens une vraie conclusion de personnage concernant Eiko quand on la retrouve adopté par le roi Cid, sa femme Hilda et qu'elle commence à les appeler "père" et "mère".
Comme quoi, même si elle n'est pas mon personnage préféré et qu'elle arrive assez tardivement, elle s'en sort pas si mal. Comparé à Kweena et Tarask.
Ensuite on a Freyja.
Freyja est cool.
Tellement cool que je regrette qu'elle soit relégué au second plan durant la seconde moitié du jeu où on compose soit-même et à sa guise son groupe, rendant les personnages interchangeables.
Parce que le peu qu'on a d'elle durant la seconde moitié suffit à en faire un personnage attachant et captivant.
Rien qu'à sa première apparition dans un pub où elle interrompt Djidane en train de draguer une serveuse, on sent de suite que c'est une amie de longue date du jeune voleur.
Durant la fête de la chasse à Lindblum, la raison de sa présence, on sent qu'elle est non seulement fortiche pour se retrouver en première ou en deuxième place mais assez fair-play pour venir en aide à Djidane pour qu'ils affrontent tout les deux la bête ultime, une sorte de phacochère géant monstrueux, et éventuellement le laisser gagner.
Puis sa ville est attaqué par les armées d'Alexandrie, son peuple victime de génocide et on sent qu'elle est bouleversée par les événements et qu'elle veut faire tout son possible pour sauver les siens. Et encore plus dévastée quand elle s'aperçoit que ses efforts ont été vains.
Et puis il y a son amoureux et ancien mentor, Fratley, dont on apprend qu'elle est désespérément à sa recherche depuis des années et ce pourquoi elle a du abandonner sa ville natale. Et que celui ci apparaît au moment le plus inespéré... pour nous révéler qu'il a perdu la mémoire et ne se souvient même pas de sa bien-aimée, au grand dam de cette dernière qui avec la guerre visant son peuple en a assez bavé.
Et malgré tout ce qu'elle subit durant cette première moitié de jeu, elle ne devient pas pour autant un personnage edgy et rancunier qui semble en vouloir à la terre entière pour s'être cogné le petit orteil contre la table basse. Au contraire, elle reste digne et loyal. Voire même généreuse (du moins, dès lors qu'on gagne sa sympathie) et attentionnée, surtout vis à vis des gosses. Peut-être qu'elle a déjà un côté maternelle ?
Elle accepte même de s'allier avec Beate, alors que cette dernière à commander les troupes visant à l'éradication de son peuple, quand cette dernière se retourne contre Branet. Et malgré le fait que des Mages Noirs aient tué ses semblables, elle ne tient pas pour autant rigueur à Bibi pour les crimes de ses semblables, contrairement à d'autres figurants qui après avoir subi une attaque de Mage Noirs ne font même pas la distinction entre Bibi et les autres.
En gros, Freyja, c'est la femme forte (pas seulement physiquement) mais qui n'est pas invulnérable pour autant. Ce qui n'est pas une critique, loin de là, c'est qui la rend plus touchante.
Et c'est ce qui fait que je la préfère à Tarask (car contrairement à lui, elle a une vraie personnalité et une backstory qui suscite l'empathie) ou même à Beate, car contrairement à cette dernière, elle ne se bat pas tant pour la gloire de sa patrie quitte à verser le sang d'innocents mais pour défendre sa patrie et même sauver des innocents. Rien que ça, elle correspond plus à mon idéal de guerrier ou d'héros/héroïne. En tout cas mille fois mieux qu'un seigneur de guerre à en devenir et obnubilé par son égo, qu'il songe à songer de camp dès qu'il ne sent plus assez apprécié à sa juste valeur. (Ouais, je dois avouer que je ne suis pas trop fan de Beate, même quand elle se range de notre côté)
Mais les meilleurs restent ceux qu'on nous introduit en début de jeu. Avant qu'on nous parle de guerre ou d'autres planètes ou de métaphysiques.
À commencer par Djidane... qui est quand même LE personnage principal du jeu.
Et pareil que Freyja, il est cool.
En gros, c'est l'achétype du voleur au cœur pur. Un peu filou, espiègle, prenant un malin plaisir à narguer l'autorité et les puissants mais pas moins solidaire et prêt à aider ceux qui sont dans le besoin ou plus démuni que lui. Et sans rien attendre en retour, seulement parce que c'est juste, même s'il y risque sa peau.
Rien qu'au début de jeu, après l'enlèvement catastrophique de Grenat, quand ils se retrouvent tous dans une forêt hostile et que Grenat se fasse capturer par une créature, Djidane insiste pour aller la sauver contre l'avis de son chef qui lui souhaite d'abord s'occuper des blessés avant de lancer une mission de sauvetage, ce qui l'amène à quitter ce qui fut jusqu'à présent sa seule famille.
Et durant le reste du jeu, il continue de veiller autant sur Grenat pour qui il a un béguin que pour les gosses comme Bibi ou Eiko pour ses amis en général comme Freyja ou les Tantalas.
Et quand il aide son entourage, ce n'est pas uniquement en les sauvant ou les protégeant d'un danger ou un ennemi, il le fait également en leur remontant le moral quand ils ont un coup de blues, leur donnant des conseils quand ils ne savent pas quoi faire. Ce qui en fait quelqu'un ayant une influence positif vis à vis de ses proches.
Et de manière général, c'est le genre de héros qui aide son prochain et se donne du mal pour sauver une princesse, tout un peuple, voire le monde non pour la gloire ou qu'on lui fasse une faveur, mais bien parce que c'est juste. Bref, un VRAI héros.
Ce qui fait que j'ai tendance à le préférer à certains Cloud Strife, Squall Lionheart (désolé, avis impopulaire) ou autre héros supposé être dark et edgy qui donnent juste l'impression de ce qui se passe autour d'eux.
Il y a bien un moment où il sombre dans la déprime, quand il doit se faire à l'idée qu'il devra se séparer de Grenat quand elle devient reine ou quand il apprend la vérité sur ses origines et la vrai raison de son existence, l'amenant à une crise existentielle. Mais là encore, ces moments de déprimes ne sont que des moments aussi pénibles que passagers qu'il doit surmonter (soit avec de la volonté soit avec l'aide et le soutien de ses proches), pas des état-d'âmes dont il décide d'en faire des traits de sa personnalité par facilité comme je vois un peu trop souvent avec ce genre de héros qui se veut dark et edgy pour n'être que des ados geignards et fainéants.
Et puis, après en avoir un personnage plutôt positif et débrouillard, ça le rend juste plus humain.
Si je devais lui faire reproche ce sont ses moments où il se la joue Dom Juan, drague des inconnus dans un pub, tente de voler un baiser à Grenat ou profite d'un moment où elle grimpe une échelle pour lui effleurer le popotin. Des moments qui rappelle un peu trop... une adaptation désastreuse en dessin animé d'un jeu vidéo pourtant culte.
Cela dit, si je devais relativiser, ces moments-là sont relativement rare et même mieux, l'attachement que Djidane éprouve pour Grenat évolue tout au long du jeu, passant d'un béguin à un amour sincère, si bien qu'il se soucie sincèrement de sa bien-aimée quand elle a des soucis ou est en danger, fait preuve d'héroïsme pour lui venir en aide et va jusqu'à accéder l'idée qu'ils ne pourront jamais se mettre ensemble une fois Grenat devenue reine, quand bien même ils s'aiment d'un amour réciproque. Et même quand Grenat se retrouve inconsciente, il n'en profite jamais pour abuser d'elle ou lui voler un baiser comme on le reproche sans cesse aux princes de contes de fées comme Blanche-Neige ou la Belle à Bois Dormant, il se montre même encore plus protecteur et attentionné.
Hé ! Il ne profite même pas des sentiments d'Eiko à son égard — ET HEUREUSEMENT, après tout on parle d'une fille qui a dix ans que moins que lui, ça fait quand une GROSSE différence d'âge.
Ensuite on a Steiner, que je qualifie de meilleur exemple de comic-relief que Kweena.
Déjà, il est largement plus drôle par son allure de chevalier en armure rouillée et encombrante qui se prend un peu trop au sérieux, ses mimiques et sa tendance à réagir de manière excessive à tout ce qui se passe autour de lui (genre quand il croit que Grenat s'est fait tuée sur scène alors qu'elle jouait juste la comédie ou quand il comprend qu'on a empoisonné la nourriture), mais surtout, il ne se limite pas un clown dont le rôle faire rire.
C'est avant-tout un chevalier chargé de veiller sur Grenat (pour qui il aurait une affection quasi-paternel) et très à cheval sur ce que doit être un chevalier digne de ce nom. Bref, avant tout un personnage et non un pantin destiné à amuser la galerie. Et ses moments comiques servent à déconstruire son image chevalier fort, noble, droit dans ses bottes à tourner en ridicule ses côtés pète-sec, collet-monté et tête de pioche. En gros des leçons d'humilité, tout comme les moments où il se fait réprimandé par Grenat.
Et encore mieux, il évolue au cours du jeu — du moins la première moitié.
Je fais notamment référence au moment où il confie la sécurité de Grenat à Djidane qu'il n'a pas arrêté de traiter comme un vulgaire voleur indigne de confiance et s'en va affronter sa propre reine à qui elle a juré allégeance, dont il démentait les accusations sur sa personne comme quoi elle serait une despote préparant une guerre et était convaincu de sa bienveillance et son pacifisme.
Sûr ça ne casse pas trois pattes à un canard. Mais le simple fait que ça arrive durant la première moitié du jeu, avant qu'on apprenne qu'il y a un autre continent à explorer, et venant d'un personnage assez têtu, à mes yeux c'est milles fois mieux que d'autres personnages acclamé pour le soi-disant développement alors qu'ils sont juste long à la détente. À tel point que même quand la vérité leur crève les yeux, leur faut des plombs pour comprendre ou admettre l'évidence même, quelque chose que n'importe qui avec une moitié de cerveau aurait dû assimiler dès le début. Et qui en plus de ça sont tellement que plutôt que se poser les questions et chercher à comprendre l'évidence, ils accumulent les plus mauvaises décisions qu'ils puissent prendre pour s'étonner après qu'ils aient tout fait de travers.
Encore mieux, dans le cas de Steiner, je comprends mieux pourquoi il est si tête de pioche ou si long à la détente que les personnages auxquels je pense.
Déjà, c'est un militaire, donc quelqu'un conditionné à obéir aux ordres, pas à poser des questions. Encore moins s'il a déjà la trentaine. Ainsi qu'à mépriser tous type de voyou.
Et avec ses hommes (au nombre ridicule 8 et loin d'être la crème de la crème) il est chargé de la sécurité de sa souveraine ainsi que de la princesse, et accessoirement de faire régner l'ordre en Alexandrie. Donc on peut en déduire qu'il n'a pas eu l'occasion de voyager en dehors de son royaume, si ce n'est pour escorter la reine, et donc pas l'occasion de connaître le point de vue des gens extérieur à son royaume. Et même probable qu'avant d'être embarqué dans l'escapade de sa protégée, c'est fois qu'il fasse quoi que ce soit sans ses hommes pour l'épauler, donc techniquement livré à lui-même et contraint d'agir par ses propres moyens. Surtout qu'il conserve une méfiance vis-à-vis des Djidane ou des Tantalas, même s'ils se révèlent plus efficace et digne de confiance que ses propres hommes.
Et quoi de mieux que d'être livré à soi-même, loin de chez de soi ou de devoir faire équipe avec des supposés ennemis ou juste des gens qu'on a en horreur pour remettre en question ce qu'on a pris pour acquis.
Et puis, voilà, le pire que Steiner ait fait au cours de la première moitié du jeu, ça a été de mentir au groupe au sujet du cargo qu'il s'apprêtait à prendre en disant qu'il partait pour Lindblum, leur destination alors qu'en vrai il partait pour Alexandrie, ramenant le groupe à son point de départ. Ce qui est compréhensible et cohérent avec le fait que Steiner tient à tout prix à ramener sa protégée dans son château et se révélera finalement bénéfique pour le groupe vu que ça leur fournit un moyen de transport qui les amènera vers le destination. Il fallait juste que Djidane (qui a vu clair dans le jeu du chevalier) détourne le cargo avant qu'ils n'arrivent en vue d'Alexandrie.
Donc c'est milles fois plus excusable et pardonnable que quand un personnage acclamé pour son "développement" mets volontairement en danger ou attente à la vie des protagonistes à plusieurs reprises, manquant même d'y parvenir une fois, tout en trouvant le moyen de se tirer une balle dans le pied et dont l'excuse est claqué au sol.
Ensuite, on a Bibi, de loin le préféré des fans.
Et on les comprend. C'est de loin le personnage le plus attachant et le plus touchant.
Rien que pour sa bouille et son air d'enfant timide, candide, sensible et maladroit — et personnellement, je lui trouve un côté Caliméro. Je ne sais pas pourquoi mais je ne peux m'empêcher de l'imaginer avec une voix et une manière de s'exprimer à la Caliméro.
Voire un mélange de Caliméro et de Pinocchio, pour son côté être artificiel qui découvre la vie.
Ajoutez à cela que c'est le genre de mage à avoir peur de ses propres pouvoirs, soit parce qu'il ne se sent pas capable de s'en servir efficacement soit par peur de blesser quelqu'un par inadvertance (et on ne peut que le comprendre on sachant dans quel but lui et ses semblables ont été initialement créé). Démontrant qu'il a une âme, conscience et un discernement moral le distinguant des autres mages noirs. Et le rendant plus attachant que n'importe quel gus avec tout les pouvoirs qui s'en sert à tort et à travers sans se soucier des conséquences.
Toujours est-il qu'on le voit gagner en assurance, courage et confiance en lui au fil de l'aventure. Ce qui certes ne casse pas trois pattes à un canard en terme d'évolution de personnage mais toujours bon à prendre et largement suffisant pour un petit bonhomme montré d'histoire comme un trouillard peu sûr de lui. Comme quoi, pas besoin d'un développement (faussement) complexe pour son personnage marquant, parfois la simplicité suffit.
Mais surtout, on le retiens pour toute son histoire sur ses origines et sa condition de mage noir, ici des golems initialement créé pour la guerre à partir de brume, qui le chamboule émotionnellement. Surtout que durant la première partie, les mages noirs sont montré comme des sortes de robots sans âmes et insensibles, ne faisant qu'obéir aux ordres. Et qu'à force de semer mort et destruction sur leur passage, partout où il ont causer des dégâts, Bibi se voit traiter de monstre pour des crimes qu'il n'a pas commis. Et que comme dit plus haut, c'est le genre de mage qui a peur de ses propres pouvoirs évite autant que possible d'user et d'abuser ses pouvoirs par peur de blesser les autres.
Puis plus tard, en explorant un autre continent dans lequel on découvre une tribu de mages noirs parfaitement autonomes et pacifiques, là on apprend qu'ils ont une durée de vie limité. Amenant Bibi, montré ici comme un gosse de 9 ans (mentalement), à une crise existentielle, se posant des questions sur sa propre existence, son espérance de vie et terrifié à l'idée de mourrir d'ici peu de temps, sans lui laisser le temps de profiter de son existence et même d'en apprendre son sens, au point qu'il se surprend à en trembler de peur.
Et vu que l'espérance de vie des mages noirs dans ce jeu ne dépassent pas une année, c'est celui parmi les protagonistes qui meurt à la fin de l'histoire — hors-champ mais non sans un discours poignant destiné au reste du casting en guise de message d'adieu. Et ce même après avoir triomphé avec ses amis de Kuja, de la mort incarné et ainsi sauvé le monde.
Mais ce qui m'amuse le plus avec Bibi, c'est la manière dont il s'embarque dans toute cette histoire en début de jeu.
Récaptilons.
On a Djidane chargé de kidnappé la princesse pendant que sa troupe monte une pièce de théâtre en guise de couverture.
On a Grenat qui a décidé de se faire la malle et profite de la représentation pour infiltrer l'aérothéâtre.
On a Steiner chargé de retrouvé la princesse qui par conséquent les poursuit, elle et son supposé ravisseur, jusqu'à l'aérothéâtre.
Et Bibi dans tout ça ? Ben il voulait juste assister à la pièce.
Seulement, il s'est retrouvé avec un faux billet, donc accès non autorisé, obligé de resquiller, surpris et pourchassé par les gardes, le poussant à se réfugier sur l'estrade de l'aérothéâtre.
Il se retrouve embarqué dans une histoire de princesse enlevée/en cavale, de guerre, de métaphysique et de crise exitentielle alors qu'il voulait juste voir une pièce de théâtre. Comment ne pas trouver ça drôle ?
Mais ma préférée du lot reste la princesse Grenat, aussi appelée Dagga (son nom de couverture).
Alors je dois reconnaître être tombé sous son charme quand j'ai découvert le jeu.
Et aujourd'hui encore, je ne peux m'empêcher de la trouver trop belle.
Alors oui, c'est très superficiel et pas du tout objectif comme argument. Je suis le premier à trouver superficiel d'apprécier tel personnage principalement pour son apparence (en particulier quand c'est le seul truc positif à son sujet et encore !).
Cela dit, le jeu lui-même n'arrête pas de répéter à quel point c'est la plus belle princesse qu'ait connu Alexandrie, allant jusqu'à blaguer sur le fait qu'on ne puisse pas en dire autant de la reine Branet.
Et puis il n'y a pas que son apparence ou son jolie minois. Il y a aussi sa voix — et une des rares qu'on peu entendre dans le jeu — et son chant.
Tenez, un petit échantillon pour le plaisir des oreilles :
Mais rassurez-vous, ceux ne sont pas les seuls trucs que j'aime chez ce personnage.
Déjà, elle est à des années lumière de la princesse vaniteuse, superficielle et snobinarde parce qu'elle est une princesse et abusant de son statut pour faire et avoir tout ce qu'elle veut. Elle même relativement humble, sincère et consciente de ses lacunes, voire souffre d'un manque d'un manque de confiance en elle en début de jeu.
De même qu'elle est loin d'être la princesse passive se cantonnant au rôle de demoiselle en détresse qui ne sait rien faire de ses dix doigts et a besoin de l'intervention d'un homme, de préférence fort et séduisant, pour être tirée d'affaire.
Sûre, il y a des moments où elle est mauvaise posture, dans le besoin et complètement dépassée par les événements mais cela ne la rend pas moins inepte que n'importe quel être humain dans sa situation.
Elle est même plutôt active et débrouillarde, surtout pour une princesse aussi jeune (seize ans), aussi candide et qui pour cause n'a pas eu l'occasion de sortir de son château avant son évasion. Hé ! Le simple fait qu'elle décide de s'évader, y parvient (non sans accroc) et que son évasion soit un peu l'élément perturbateur démontre qu'on affaire à une princesse qui capable de prendre des initiatives et qui ne va pas se contenter de subir le scénario, tel un mauvais stéréotype de princesse de conte de fée que même Disney trouverait ridicule et insultant pour la gente féminine.
On peut penser que la raison de sa fugue en début de jeu serait dû à un désir de liberté et d'indépendance comme chez beaucoup de princesse Disney, mais on apprend assez vite que son but est loin d'être aussi égoïste, qu'elle s'est enfuie pour trouver de l'aide auprès de son oncle car elle commençait à avoir des soupçons sur sa mère (et qui se révèleront fondés par la suite).
Notez, qu'elle n'attend pas deux ans ni un siècle après que sa mère ait mis à exécution ses projets de guerre ou d'être exiler par sa propre mère pour ainsi être témoin de ses crimes de guerre pour décider d'y mettre un terme. Non, elle décide d'empêcher de tels crimes de se produire.
Et même tout au long du jeu, tant qu'elle n'est pas dans les vapes, elle démontre une autonomie et une volonté à agir malgré ses lacunes et face à un problème, elle fait son possible pour trouver une solution et insiste pour se rendre utile pour faire ce qui est juste. Bref, c'est un personnage actif. Même mieux elle est du genre culpabiliser quand elle n'arrive pas à se rendre utile ou pense qu'elle est un fardeau pour ses amis.
Et même si au départ, comme Bibi, elle démontre un manque de confiance en elle, elle trouve le moyen de combler ce manque au fil de l'histoire, jusqu'à faire preuve d'autorité autant pour ne pas se laisser marcher sur les pieds que pour rappeler ses amis à l'ordre (notamment Djidane dans ses moments de dragueurs lourds ou Steiner dans ses moments papa-poule).
Si bien que dans une scène, elle trouve la force en elle de se libérer de son fardeau de manière symbolique (en se coupant les cheveux à la Mulan) et vers la fin c'est elle qui arrive à sortir Djidane de sa crise existentielle vers la fin du jeu. Pour dire qu'elle est finalement a des années de lumière de la femme faible ayant besoin d'un homme pour se tirer d'affaire, pour au final être l'inverse.
Sûr, elle ne réussit pas tout ce qu'elle entreprend et il lui arrive de faire des erreurs, comme n'importe quel être humain. Et puis tout bon personnage doit apprendre de ses erreurs et des échecs pour ainsi mieux aller de l'avant et devenir meilleur. Autrement, on aurait affaire à un personnage fade et artificielle, une Mary Sue.
Elle reste pas moins un personnage sensible et vulnérable, préoccupée par le sort de ses amis, au point de culpabiliser quand ceux ci risquent leur vie pour elle, ou pour tout ceux qui ont statut social inférieur à la sienne ou qui dépendent d'elle. Et surtout horrifiée par les atrocités commises par sa mère ou par Kuja. Un sentiment qui la motive à faire tout son possible pour les arrêter.
Et quand elle devient reine dans la seconde moitié du jeu, on la sent rongée par le doute quand à ses aptitudes de reine, que ce soit après les dégâts causées par sa mère et en raison de son jeune âge. Ce qui n'est pas arrangé quand à peine fut-elle intronisée, elle assiste à la destruction de son royaume, ce qui la met dans un état de choc tellement violent qu'elle en perd la voix (temporairement mais quand même). Néanmoins, ça démontre qu'elle prend cette tâche très au sérieux et la rend mille fois plus fiable et digne de confiance en tant que monarque que n'importe quel trouduc' prêt à trahir ses proches, à commettre des crimes crapuleux ou à déclencher des guerres pour le simple plaisir d'avoir une couronne sur la tête, le cul posé sur un trône ou étendre son territoire d'une parcelle.
Mais plus important, on sent sa gentillesse, sa compassion et sa générosité tout au long du jeu, son désir de faire ce qui est juste. Cela se sent dans son désir d'empêcher une guerre, d'y mettre un terme ou même dans sa relation avec Djidane qu'elle apprécie plus pour sa gentillesse, son empathie et sa dévotion que pour son physique ou sa force.
Et comme Bibi, quand elle découvre qu'elle peut invoquer les chimères, on peut sentir chez elle une appréhension quant à l'usage d'un tel pouvoir, de peur de s'en servir à mauvais escient et de causer plus de mal que de bien. Surtout après avoir été témoin du potentiel destructeur des chimères quand elle sont sous le contrôle de Branet ou de Kuja.
Et justement, ce que je trouve le plus admirable chez elle, c'est que malgré tout les atrocités commises par sa mère, le sang qu'elle a sur le mains et le fait qu'elle ait ordonné l'exécution de sa propre fille après lui avoir extrait ses chimères, elle rechigne à lui ôter la vie. Même quand elle en a la possibilité et que c'est le seul moyen de la faire payer pour ses crimes de guerres et le mauvais traitement à l'égard de sa propre fille, même si depuis le début Grenat tenait à tout prix à empêcher les atrocités commises par Branet et même après avoir appris un peu plus tôt qu'elle n'était pas sa mère biologique.
Cela démontre deux-trois choses.
Premièrement, qu'elle n'est pas le genre de monarque assoiffé de pouvoir, tellement déterminé et impatient de l'obtenir qu'il en vient à commettre un meurtre ou una cte de trahison visant sa propre famille pour se faire. Même mieux, qu'elle n'est pas du tout pressé d'être reine à la place de sa mère, même pour réparer ses fautes.
Deuxièmement, que sa compassion ne s'arrête pas qu'aux gens gentils avec elle, aussi naïf puisse cela sonner.
Et troisièmement, malgré toutes les raisons pour renier Branet en tant que reine et en tant que mère, malgré les atrocités qu'elle a commise, ce que Djidane ne manque pas de lui rappeler, malgré le fait qu'elle n'est pas sa mère biologique, elle continue de la considérer comme sa mère. Cela peut sembler naïf, une fois de plus, et moi même je me sens plus du côté de Djidane dans ce genre de situation. Mais cela démontre que Grenat n'est en rien motivée par la vengeance, ni une adepte de loi du talion ou quoi que ce soit assoiffée de sang. Qu'elle ne cherche pas tant à punir Branet pour ce qu'elle a fait que la sauver.
Et puis, on nous rappelle qu'avant les événements auxquels on assiste dans le jeu, Branet était une reine doublée d'une mère respectable. Donc on peut comprendre que Grenat continue de la considérer comme une mère malgré ses crimes ou la vérité sur ses origines. Car à une époque, Branet a bien été une mère à ses yeux, celle qui l'a élevé comme sa propre fille avec amour et attention. Et surtout la seule famille qui lui reste en dehors de son oncle Cid. Que Branet a juste mal vécu le décès de son mari et fut influencé par Kuja telle une mauvaise conscience et que tout ce Grenat voulait s'était la guérir de cette mauvaise conscience.
Et malgré ça, on acclame un connard de prince parce qu'après deux ans à nier l'évidence, que son père est un connard abusif doublé d'un tyran et que sa nation est coupable d'un siècle de crimes de guerre ne méritant pas aucunement son respect ni son estime, il décide de le trahir en se rangeant du côté de ses ennemis, quitte à se rendre coupable de parricide ou de complicité de meurtre ? Visant le même père pour lequel il était prêt à trahir ses proches, envoyer chier tous ceux qui s'étaient pris pitié de lui et de les combattre en tant qu'ennemis ? Juste pour avoir l'approbation de son paternel malgré le mauvais traitement qu'il lui a infligé et le fait d'être responsable de tous ses malheurs ? Et dont on remet à peine en question sa décision ou même sa motivation ? Limite on le félicite et le traite comme le meilleur personnage de la série avec le meilleur développement de personnage ever et ainsi le mettre sur un piédestal ? Alors qu'il a décidé de trahir son père ainsi sa nation APRÈS que celui-ci l'ait finalement accepté en tant que fils ? Et APRÈS qu'il ait trahi ceux qu'il a décidé plus tard de rejoindre ? Et aussi APRÈS qu'il ait engagé un tueur à gage pour se débarrasser définitivement des gentils pour assurer ses arrières ? Ou que c'est une décision qu'il aurait pu prendre dès le début ? Et qu'en plus il met la pression sur un gosse pour qu'il fasse le sale boulot à sa place, gosse qui appréhende déjà cette tâche ? Et que ça non plus ce n'est jamais remis en question ?
QU'AUCUNE DE SES ACTIONS, AUSSI MORALEMENT DISCUTABLES SOIENT-ILS, NE SOIENT REMIS EN QUESTION DÈS LORS QU'IL A REJOINT LES GENTILS ?
QU'ON L'ACCLAME COMME LE MEILLEUR PERSONNAGE AVEC LA MEILLEUR ÉVOLUTION DE TOUS LES TEMPS ? ALORS QU'IL ACCUMULE LES MAUVAISES DÉCISIONS ET N'EN DEVIENNENT PAS MEILLEURS, PAS MÊME QUE QUAND IL ÉTAIT UN ANTAGONISTE ?
ET QU'ON LE RÉCOMPENSE À LA FIN EN FAISANT DE LUI LE NOUVEAU DIRIGEANT D'UN EMPIRE AYANT UN SIÈCLE ENTIER DE SANG SUR LES MAINS ?
(respire)
Pardon de ramener ça sur le tapis, surtout que ce n'est pas du tout le sujet et que ça devait être un article positif mais dire qu'il va y avoir un film sur la gueule de ce trouduc' — comme s'il n'avait pas suffisamment éclipsé les autres protagonistes dans la série d'origine à tel point que c'est devenu SA série et non plus celle du personnage titre — et qui n'a clairement pour but de sucer la queue de fans... Bref, ça m'exaspère !
Ça m'exaspère déjà qu'on impose des personnages aussi surestimés comme des exemples intouchable alors que plus j'y pense, plus j'ai de quoi démontré en quoi ceux sont en réalité les pires exemples qui soient tant ils sont claqué au sol et que j'en sois encore à expliquer en quoi. Ça m'exaspère d'autant plus que ça passe au dessus de la tête de gens pourtant plus exigeants et cultivés que moi. Mais ce qui n'arrange pas les choses c'est qu'à force s'extasier sur des personnages aussi surestimés et d'en faire l'éloge, on en néglige d'autres qui à défaut d'être parfaits sont un milliard de fois mieux écrits, plus consistent, qui font tout un milliard de fois de mieux et surtout s'améliorent au fur et à mesure que l'histoire progresse — et pas juste parce que la narration nous le dit texto.
Pire encore, on s'arrange pour les descendre prétextant qu'ils ne seront jamais aussi bon que les surestimés (ce qui fait que je soupçonne les fanboys d'être juste dans le déni, aveuglé dans leur idolâtrie et de refuser d'admettre que leur personnage idolâtré n'arrive pas à la cheville de ceux qu'ils ont juré de traîner dans la boue)
Et Grenat n'en est qu'un exemple parmi tant d'autres de personnages cent fois mieux écrits que ceux dont tout le monde mettent un point d'honneur de foutre sur un piédestal et imposent comme un modèle intouchable et inégalable, quitte à descendre ceux susceptibles de leur faire de l'ombre.
Je ne demande pas à ce qu'on foute Grenat sur un piédestal ou qu'on l'impose comme modèle au point de calomnier tout ceux qui soi-disant ne lui arrivent pas à la cheville ou menaceraient de lui faire de l'ombre. Mais qu'au moins qu'on lui accorde un peu plus de considération et de prestige. Elle ainsi que les autres personnages que j'ai traité précédemment. Ce ne serait que contre-productif et malsain.
J'espère juste qu'un jour on cesse ses idolâtries qui n'ont aucun sens et qu'on s'attarde un peu plus sur ceux dont on ne parle pas assez et qui pourtant méritent autant de prestige (si ce n'est plus).
C'est à mon sens beaucoup plus sain et constructif que d'arrêter sa réflexion à "lui est bien, tous les autres sont nuls, lui est intouchable, tout ce qu'il touche c'est de l'or, tu critiques pas, j'ai raison t'as tort" — et j'espère sincèrement que ceux utilisant l'expression que je viens de citer font référence à la légende du Roi Midas que je puisse leur rappeler que ce pouvoir de changer tout ce qu'il touchait en or était sur le long terme plus un inconvénient et une malédiction qu'autre chose.
Pour revenir à Grenat, je souhaite m'attarder sur la dague qu'elle emprunte à Djidane à deux reprises.
J'en entend certains se moquer d'elle parce que la première fois elle demande le nom de l'objet qu'elle tient dans les mains, oubliant qu'elle n'est pas censée jouer avec des armes tranchantes et qu'elle demandait juste le nom de l'objet, pas son utilité (contrairement à une certaine princesse qui démontre avoir l'intelligence d'une poule qui aurait trouvé un couteau quand elle en a littéralement dans la main). Même mieux, elle interrompt Djidane quand il énumère les différentes types d'armes tranchantes selon leur taille à coup de "c'est bon j'ai compris !", car elle demandait juste le nom de l'objet qu'elle tenait dans la main, pas un cours sur les différentes armes. Et ça lui donne l'inspiration pour son nom de couvert, le vrai intérêt de la scène.
Puis vint la deuxième scène où après être sortie de son mutisme et décidée d'aller de l'avant, on la voit jongler avec cette même dague juste avant de s'en servir pour se couper les cheveux.
Ce moment où elle jongle avec le couteau m'éclate car ça démontre à quel point elle a grandi, la petite, qu'elle a gagné en assurance et qu'elle est plutôt adroite, à quel point elle sait se servir de ses dix doigts, que ce soit au sens propre. Pourtant, on ne la voit pas souvent se servir d'un couteau, encore moins en combat (elle fait office de mage blanche, autrement dit de soigneuse). Aussi la réaction de Djidane démontre qu'elle le lui a subtilisé, qu'elle aurait acquise des aptitudes de voleuses qui surprend même un voleur expérimenté.
Preuve de plus d'à quel point elle est débrouillarde pour une princesse ayant passé toute sa jeunesse cloitrée dans un château et ne connaissant du monde extérieur que dans les livres.
Ce qui fait une raison de plus de lui accorder plus de crédit en tant que personnage féminin ou même en tant que personnage tout court.
Voilà donc mes raisons d'aimer Final Fantasy IX.
Et c'est une bonne chose que je parle d'un truc qui me plaît car je ne suis pas sûr qu'il en sera autant pour les articles à venir sur les sujets que j'ai en tête.
En espérant que ce double article vous aura convaincu.







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