Retour sur la Petite Sirène d'Andersen

 Avant propos : Je l'admets, ce n'est pas la première fois que j'aborde le sujet et ce ne sera probablement pas la dernière. Je m'en suis pratiquement fait un cheval de bataille sur ce blog. Seulement voilà, le temps passe, mes pensées se précisent, je remets de plus en plus en question ce que j'ai écris à l'époque, à point où je n'assume plus trop certains articles, et comme ça fait un moment que j'ai laissé ce blog inactif, dû à d'autres priorités dans ma vie personnelle, je pense que c'est le moment de refaire le point sur ce sujet.

Ceux qui me connaissent savent que concernant la Petite Sirène, je préfère de loin la version Disney à la version originale.

Et croyez-moi, mes raisons ne se limitent pas au fait que la protagoniste meure à la fin du conte d'origine — un point sur lequel je reviendrais plus tard.

Pour résumer :

1) Je comprends mieux les motivations d'Ariel

En dehors de son amour pour un prince.

Parce que dans le conte d'origine, la petite sirène d'Andersen (que je vais appeler "Siréna" pour cette article) ne cherche pas tant à faire sa vie sur la terre ferme à cause d'un conflit familial qui ne pourra pas aller en s'arrangeant fusse avec son père ou ses sœurs, ou pour fuir une quelconque autorité parentale trop autoritaire et limite abusive. Ce n'est pas non plus à cause d'un intérêt ardent, sincère et personnel pour le monde des humains que sa propre famille ne comprend pas vu que... toutes ses sœurs ont la permission d'aller à la surface dès leur quinzième ans et même d'approcher les humains si elles sont assez téméraires.

Même "Siréna" attend son quinzième anniversaire avant d'aller à la surface et rencontrer son prince. Et elle ne se fait même pas enguirlander par son père pour lui avoir désobéi et sauvé la vie d'un humain comme avec Ariel — ni même pour s'être mise en danger dans ce faisant comme Marina dans la version Toei.

C'est pour dire qu'on est loin de l'adolescente rebelle et indépendante en pleine crise d'adolescence qui aurait une querelle avec un père autoritaire et soupe-au-lait qui désapprouve avec fermeté ses hobbies ou éventuellement des sœurs un peu méchantes qui passent leur temps à l'embêter et se moquer d'elle parce que c'est la benjamine. On serait plus proche d'une fille sage, bien élevée et chouchoutée dont le plus gros défaut est d'être une fashion-victim.

D'ailleurs, pour confirmer mes dires, le conte décrit "Siréna" comme étant "calme et réfléchie". Mais vu les décisions qu'elle prend, j'ai des doutes sur la partie "réfléchie". Au mieux, c'est juste une énième preuve qu'un personnage décrit ainsi n'est pas forcément mieux qu'un autre plus rebelle, espiègle, indiscipliné et téméraire si ça le conduit à prendre des décisions inconsidérées et hasardeuses qui ne feront que foutre sa vie en l'air. Au moins le rebelle-téméraire-indiscipliné à l'excuse d'avoir le goût du risque et l'impulsivité dans le sang.

Aussi la première réaction de "Siréna" quand elle voit le prince se noyer est de se réjouir, croyant à tort qu'il descendait la rejoindre. Ne vous plaignez plus jamais de l'intelligence d'Ariel après ça. Parce qu'elle au moins a compris qu'Éric était en danger de mort dès l'instant où le bateau est en train de sombrer.

Et au moins, elle est plus à même d'apprendre, d'expérimenter, de satisfaire sa curiosité, d'ouvrir de nouveaux horizons, de douter, de remettre en question que ce soit elle-même ou le monde qui l'entoure, ce qui en soi est déjà un signe d'intelligence. Chose que je ne peux pas attribuer au roi Triton qui en tant que père ET dirigeant est supposé être le plus sage et réfléchi mais clairement plus dans l'anti-intellectualisme avec sa vision limité à "ce qui vient de la surface = mauvais", son refus d'écouter ou même de laisse parler sa fille et la manière dont il gère ses émotions, en plus d'être incohérent dans son autorité — on parle quand même d'un mec qui dit se soucier de la sécurité de sa plus jeune fille, sort de ses gonds en apprenant que cette dernière a approché un humain ou même à discuter avec un goéland mais réagit à peine quand on lui dit qu'elle a failli se faire bouffer par un requin. Avec autant de red flags, les gens sont plus indignés par l'attitude d'Ariel que celle de son père ?

Et puis en revoyant la version Disney, vous remarquerez que non seulement Ariel a été influencé par Ursula et ses murènes dans l'idée de devenir humaine mais surtout réticente au début à l'idée de la voir ou d'accepter son marché. Même après ce que son père a fait à sa grotte, elle appréhendait le fait de ne plus revoir sa famille.

Tandis que "Siréna" a non seulement décidé toute seule et sans aucune ingérence extérieure d'aller voir la sorcière (que je vais appeler "Gorgona") mais accepte sans broncher ses termes, notamment qu'elle ne sera plus jamais une sirène et ne reverra jamais sa famille, qu'elle réussisse son entreprise ou non, que ses jambes vont lui faire souffrir le martyr et qu'elle mourra si par malheur son aimé épouse quelqu'un d'autre. Tu parles d'un protagoniste "réfléchi" !

2) Je comprends mieux ce qu'Ariel trouve à Éric

D'autres l'ont démontré mieux que moi mais c'est extrêmement et injustement réducteur de dire qu'Ariel a abandonné sa famille et ses amis pour un type "qu'elle connaît un peine" juste parce qu'il est beau gosse, alors que c'est loin d'être la seule qualité d'Éric et que le peu que la petite sirène connaît de lui suffit à le rendre plaisant et sympathique aux yeux de n'importe qui.

Je veux dire, en début de film, on le voit travailler avec les marins tel un membre de l'équipage malgré son statut de prince. Et du point de vue d'Ariel, on peut voire qu'il aime faire la fête avec les autres marins, danser, jouer de la musique, son chien, qu'il est gêné par une statue offerte pour son anniversaire le représentant comme un dirigeant fier et brave, le dirigeant qu'on attend de lui (trahissant une certaine modestie) tout en étant poli et reconnaissant, que c'est un romantique désespéré qui attend de trouver le grand amour, fusse une noble ou une roturière, plutôt que d'épouser une noble qui n'a d'intérêt que pour son statut juste parce qu'on lui met la pression, aide les marins à la manœuvre durant la tempête, les aide même à monter dans le canot de sauvetage quand ils font naufrage et risque sa propre vie pour sauver son chien des flemmes. Si ça ne fait pas assez de raisons d'apprécier ce gars, même en faisant abstraction de son apparence physique, je ne sais pas ce qu'il vous faut.

Au moins, on est loin du prince donneur d'ordre, capricieux et incompétent qui traite tous ses subordonnés comme de vulgaires servants, qui aurait trop peur de salir pour se rendre utile, quitte à laisser un être humain ou son animal de compagnie crever et aurait été plus un boulet qu'autre chose dans une telle situation.

Tandis que pour le prince du conte d'origine (que je vais appeler "Prince Petit-Con" et ce pour de bonnes raisons, croyez-moi), je beau avoir relu le conte pour les besoins de cet article, je ne vois ce que "Siréna" lui trouve à part qu'il est beau... et qu'il ressemble à une statue de marbre qu'elle a dans son jardin. À ce stade, elle aurait pu tomber amoureuse de Joffrey Baratheon.

Et je ne fais allusion qu'à la première rencontre entre le prince et la petite sirène, j'ai pas encore évoqué comment le prince la traite après que celle-ci ait obtenu des jambes au prix de sa faculté à parler. Et là encore, ça Éric qui sort gagnant dans la comparaison. Parce que "Prince Petit-Con", lui, traite "Siréna" à peine comme une personne, plus comme une chose, limite un animal qu'il "laisse dormir à sa porte sur un coussin de velour". Ça ou alors une poupée. Et qu'il promet, sans pour autant en avoir l'intention, de l'épouser simplement parce qu'elle lui est dévoué et ressemble vaguement à une autre femme pour qui son cœur est déjà prise, à savoir celle qui l'a trouvé sur la plage et qu'il épousera car convaincu que c'est celle qui lui a sauvé la vie. Vous comprenez pourquoi je l'appelle "Petit-Con" ?

Si je devais faire un reproche à Éric ce serait de ne pas avoir eu la présence d'esprit de fourni à Ariel de quoi écrire — et ouais, les gens qui disent "qu'elle n'est pas très fute-fute" parce qu'à aucun moment elle ne songe à communiqué par écrit, AVEC QUOI BANDE DE GROS MALINS ? UN SMARTPHONE ? UN E-MAIL ? SON CUL ??? Quand bien même l'écriture aurait été la solution, ce n'est pas à elle de sortir un papier et un crayon de son cul, ce serait plutôt à Éric ou à ses servants de lui en fournir, bon sang ! (Et encore...)

Cela dit, au moins Éric, en plus de tomber sincèrement sous le charme d'une Ariel muette sans se douter que c'est bien celle qui lui a sauvé la vie et la traite avec respect et attention, a eu la décence de renvoyer l'ascenseur à Ariel, que ce soit par amour sincère ou simplement pour lui avoir sauvé la vie, plutôt que de l'abandonner à son sort, quitte à la laisser crever la bouche ouverte.
Ce qui, selon moi, devrait être le b.a.-ba de toute bonne relation.

Car c'est une des raisons pour lesquels je méprise le conte d'origine, au point de le trouver moralement discutable pour ne pas dire purement abject et qui fait que je reconnaissant à Disney d'avoir modifié ce détail dans leur version.

Pour rappel, le conte d'origine parle d'une sirène qui sauve la vie d'un humain, puis quitte sa famille, renonce à sa vie et sa nature de sirène, jusqu'à se faire couper la langue par une sorcière pour des jambes qui lui feront un mal de chien et met ainsi sa propre vie en jeu pour pouvoir avec ce même humain... qui la laissera crever la bouche ouverte en épousant une autre femme qu'il connait à peine et lui attribue son sauvetage. Ce qui fait juste demander comment peut-elle être amoureuse d'un pareil trou du cul.

En termes de romance, on est sur un condensé de Joker et Harley Quinn, Sansa et Joffrey et les parents de Voldemort.

Et j'en ai rien à faire que "Petit-con" n'ait jamais eu l'intention d'épouser, "Siréna" il lui doit la vie, nom d'un chien ! Qu'il ne lui tombe pas instantanément dans les bras, qu'il ne l'aime pas assez pour l'épouser passe encore mais qu'au moins il lui renvoie l'ascenseur en ne la laissant pas crever comme une merde, en l'aidant à la libérer de son sort, ce serait la moindre des choses. Et puis je rappelle qu'il épouse l'autre femme précisément parce qu'il pense que c'est elle qui lui a sauvé la vie... alors qu'elle l'a juste trouvé allongé sur la plage et qu'à ce stade il était déjà sauvé. Donc même suivant cette logique, il aurait tout aussi bien pu épouser la sirène et ainsi lui épargner une mort certaine, merde !

3) Je comprends mieux les enjeux

Dans la version Disney, Ariel a trois jours pour séduire Éric et lui obtenir un baiser faute de quoi elle redeviendra une sirène et sera la prisonnière d'Ursula... qui se servira d'elle comme monnaie d'échange pour prendre le pouvoir mais je tiens à rappeler ça ne faisait pas parti du contrat donc pas la pleine de mettre ça sur le dos d'Ariel. On l'aurait laissé faire, elle aurait contrecarré les plans d'Ursula sans même sans rendre compte. Autrefois, pourquoi la sorcière s'acharne-t-elle tant à lui mettre des bâtons dans les roues après lui avoir promis d'exaucer ses souhaits ?

Non et puis, Ariel n'a jamais eu l'intention de nuire à qui que ce soit en acceptant le marché avec Ursula, encore moins de laisser tout le monde crever pour ses erreurs après coup. Parce que je vois sans cesse des personnages acclamés, voire défendus par une bonne partie d'Internet alors que non seulement ils se sont laissé plus facilement manipulés que la petite sirène — genre, dans certains cas, ce n'est même plus de la manipulation, ils sont assez justes pour tout prendre au pied de la lettre et gober n'importe quel mensonge, voire à se plier en quatre pour en méchant même quand leur aide n'a jamais été sollicité — avec moins d'excuses et des raisons plus égoïstes qu'un besoin de liberté, mais qui en plus, en se "faisant manipuler" de la sorte, ont clairement consenti à nuire des gens qui soit n'ont rien demandé soit ne cherchaient qu'à l'aider, voire pire qui ont choisi de fermer les yeux sur les conséquences de leurs actes et la souffrance qu'ils ont causés à des innocents, et pour ajouter l'insulte à l'injure, qu'on décide de tout pardonner malgré tout. Comme si ce n'était qu'une erreur.
Sauf qu'accepter de nuire à quelqu'un, ce n'est pas une erreur — encore moins si c'est intentionnel, réfléchi, à répétition et en continu — c'est rien que de la méchanceté et c'est moins pardonnable. Dans un contexte pareil, l'excuse d'avoir été manipulé est aussi irrecevable que celle d'obéir aux ordres.
Et ça c'est quand on n'est pas à limite de leur dérouler le tapis rouge et de le féliciter pour avoir autant foutu la merde parce que "ils ont compris leur erreur"... quand bien même rien ne les a incité ou obligé à commettre ladite erreur en premier lieu, prouvant plus qu'autre chose leur bêtise.
À un moment, faut faire la différence entre commettre une erreur comme n'importe qui ferait et un acte de pure malveillance que seul un psychopathe trouverait pardonnable et que t'as pas besoin de commettre un crime pour comprendre que c'est mal. Parce que c'est bien d'apprendre de ses erreurs mais ce qui serait plus malin c'est de ne pas avoir à les commettre en premier lieu pour se féliciter par la suite d'avoir appris quelque chose.
Que des gens sur cette même planète où on respire le même air soient plus indulgents des cas sociaux prêts à provoquer l'apocalypse par refus de grandir ou vont jusqu'à trahir de façon honteuse leur peuple ou simplement leur proches pour entrer dans les bonnes graces d'un tyran exagérément maléfique, voire qui n'ont pas besoin de manipulation pour jeter leur propre famille sous le bus, commanditer un meurtre (ce qui est plus grave et moins pardonnable que le meurtre en lui-même), se rendre coupable d'esclavage ou de génocide, qu'envers une petite sirène qui cherchait juste le bonheur, sa place dans le monde, un sens à sa vie et s'affranchir d'un parent un peu trop autoritaire, dont le seul crime est de s'être laissée berner par une mauvaise personne et qui pourtant aurait pu contrecarrer les plans de ladite mauvaise personne si on avait laissé atteindre son but à ladite sirène, me laissera à jamais dans l'incompréhension.
Et dire que ce sont les mêmes qui se plaignent qu'on laisse des criminels en liberté. Alors que si on suit  leur logique, ce ne serait pas les criminels qu'en enverrait en prison mais plutôt leurs victimes — en particulier celles qui n'ont pas les moyens de se défendre, tandis qu'on laisserait leur bourreau prendre le contrôle d'un pays et applaudirait même leur pires décisions juste parce que eux sont puissants.

Et sinon pour revenir aux enjeux de la Petite Sirène, dans le meilleur des scénarios, Ariel en cas d'échec sera contrainte de retourner à son ancienne vie et de renoncer à son amour et sa passion, auprès d'un père trop borné pour comprendre son intérêt pour les humains qu'il condamne avec violence et fermeté. Pour dire que faire sa vie avec Éric, qui la traite avec bienveillance et la comprend même quand elle ne peut plus s'exprimer, était la meilleure option.

Et oui, c'est pour ça qu'Ariel reste avec Éric à la fin au lieu de retourner sagement auprès de son père, même après s'être réconciliée avec lui, même après que ce dernier se soit rattrapé et ait accordé sa bénédiction à sa fille. Parce qu'après ce qui s'est passé dans la grotte, le mal est fait. Impossible de faire ça ne s'était jamais produit, que rejeter (injustement, qui plus est) toute la faute sur Ariel ne peut qu'aggraver les choses (en plus d'être moralement dégueulasse) et ça, même cet abruti de Triton l'a compris. Ce pourquoi il accepte de laisser sa fille vivre sa vie, même si ça lui fait du mal. Parce que c'est là sa pénitence. Et que la rédemption de personnage ne consiste pas à tout lui pardonner, même la pire des actions, et prétendre qu'il n'a commis aucun tort, que c'est pas à lui de payer les pots qu'il a cassé pour que ce soit les autres, à commencer par les victimes de ses torts, qui paient à sa place, qu'on lui déroule le tapis rouge et le traite comme un saint sous prétexte qu'il a eu "un passé difficile" comme je vois trop souvent, ce qui est à l'encontre du principe même de rédemption. Car en vrai, la rédemption, ça rime moins avec indulgence et disculpation qu'avec repentance et punition.

Bref...

Dans le conte d'origine,"Gorgona" ne gagne rien du tout avec le marché qu'elle conclut avec "Siréna", même quand elle échoue. Ce qu'elle gagne au mieux c'est une langue et des cheveux de sirènes, ce qui en fait un piètre antagoniste, le genre qui fait des trucs méchants juste pour être méchants mais sans rien gagner en retour à part des cacahuètes.

Et il n'y a pas de délai pour ce qui est d'épouser le prince, juste que "Siréna" devait boire la potion avant le lever du soleil pour se changer en humaine, autrement elle se serait faite couper la langue pour rien, et rebelote quand elle doit assassiner le prince la nuit de ses noces pour échapper à la mort.

Mais qu'elle épouse le prince ou pas, elle ne redeviendra jamais sirène — ou alors il faut qu'elle tue la nuit de ses noces pour avoir épouser une autre femme. Toutefois, il faut quand même qu'il épouse — pas juste obtenir un baiser d'amour mais bien l'épouser devant un prêtre et tout le toutim — s'il veut avoir une chance d'obtenir une âme immortelle (j'y reviendrai plus tard). Mais son prince épouse une autre, elle mourra le matin suivant, le cœur brisé.

Et chaque fois, une question me taraude... Pourquoi ?

Qu'elle se change en écume en mourant, je peux faire l'impasse dessus vu qu'il est établi que c'est ainsi que meurent les sirènes dans le conte d'origine — même si je trouve que ça ressemble à de la désintégration donc plus horrifique que poétique, surtout que la sirène n'est encore qu'une gamine, je rappelle.

Mais pourquoi doit-elle mourrir ?

Parce que la sorcière l'a dit ?

C'est faible comme argument. Juste un "Ta Gueule, C'est Magique" qu'on pourrait facilement traduire par "Ta gueule, c'est dans le script".

À cause d'une peine de cœur ?

Je me doute que ce soit douloureux à vivre, tout comme la perte d'un être cher... mais de là en mourrir ? À se suicider ? Ce n'est pas un peu excessif ?

Dans Roméo et Juliette, on peut trouver excessif qu'à la fin l'un se suicide parce que l'autre est mort (ou supposé mort). Mais on peut aussi soutenir que leur cas était tellement désespéré que le seul moyen pour eux d'être réunis et heureux était dans la mort.

Mais mourrir pour une peine de cœur ? À cause d'un amour non réciproque ? Parce que l'être aimé est déjà épris d'un autre ? Je maintiens que c'est complètement excessif et inutile. Je n'y vois même pas une preuve d'amour, plutôt d'obsession. À ce stade, "Siréna" aurait tout aussi bien pu se venger de "Petit-con" en leur pourrissant la vie par jalousie.

Déjà que j'en ai marre qu'on m'oblige à être désolé pour des personnages qui se joignent à des forces maléfiques, quand ils deviennent pas eux-mêmes des psychopathes en puissance, à cause d'une peine de cœur (*tousse*Severus Rogue*tousse*Illidan Hurlorage*tousse*Il me faut un verre d'eau) alors qu'en plus de pourrir ou compromettre la vie de celles qu'ils prétendent aimer, ils vont jusqu'à foutre leur propre vie en l'air pour ça... Au lieu de simplement accepter la réalité et d'aller de l'avant dans l'espoir de trouver chaussure à leur pied...

Sans compter que j'en ai des exemples de personnages qui subissent des peines de cœur sans pour autant  virer suicidaire ou psychopathe (au pire, ils éprouvent juste de la jalousie), voire qui ont une attitude plus qu'admirable malgré ça. Qui continuent d'agir de manière héroïque et chevaleresque envers l'être aimé, voire qui finissent en bon terme avec le rival de cœur — pour peu que celui-ci ne soit pas un trou du cul.

Je pense déjà Hup de la série Dark Crystal — qui me sert d'ailleurs de photo de profil non seulement sur Netflix mais aussi sur Youtube et DeviantArt — mais il y aussi Quasimodo du Bossu de Notre-Dame de Disney (décidément), Dipper de Gravity Falls, Emily des Noces Funèbres, Brooklyn de la série Gargoyles, Fone Bone de la série de comics Bone...

Je pourrais même citer Obélix de la licence Astérix — oui, le même qui ne pense qu'à se goinfrer de sangliers et à taper sur des Romains pour s'amuser et collectionner leurs casques. Quand il apprend que Falbala est fiancée, il a évidemment le cœur brisé. Mais comme on apprend également que celui-ci a été enrôlé de force par les Romains, la première réaction d'Obélix, avant de pleurer dans les bras d'Astérix, et de promettre à Falbala que lui et son ami allaient le délivrer.

Et Will Byers de la série Stranger Things... Là je me permets un coup de gueule hors-sujet, non pas contre le final que j'ai kiffé (et qui en toute honnêteté m'a fait verser quelques larmes) mais plutôt contre les fans qui ne veulent pas lâché l'affaire avec leur shippings. Parce que bien qu'ayant des sentiments pour Mike, Will, contrairement à ses fans, a accepté que son meilleur ami était plus intéressé par les filles et était épris d'Onze alias "Elfe". Et qu'il a aussi compris qu'en amour, même platonique, le bonheur de l'être aimé est plus important que le sien. D'autant qu'entre deux saisons, Will a développé une relation frère-sœur avec "Elfe" donc ça aurait été doublement dégueulasse de sa part qu'il s'interpose dans la relation entre elle et Mike, jusqu'à leur briser le cœur, juste pour l'avoir pour lui tout seul, il ne l'aurait tout simplement pas mérité. Même mieux, après qu'il ait fait son coming-out à sa famille et ses amis, il accepte que sa relation avec Mike reste platonique. Et c'est en acceptant tout ça que lui et toute la bande viennent à bout de Vecna et du Flagelleur Mental. Et puis, vouloir briser une relation par pure jalousie, c'est déjà moyen et limite dégueulasse, mais forcer quelqu'un, qu'on prétend aimer qui plus est, à une sexualité qui nous convient mieux mais qui n'est pas la sienne, je doute que ce soit favorable à la cause LGBTQ+. Je dis ça, je dis rien...
Et puis la fin de la série promet que Will, maintenant en paix avec ses sentiments et son homosexualité, trouvera chaussure à son pied auprès de quelqu'un qui partage sa sexualité. Ce qui est toujours mieux et surtout plus sain que d'être en couple qui ne partage pas du tout des préférences en la matière.
Rien que pour ça, je dis que les fans devraient suivre l'exemple de Will au lieu de forcer un shipping mort dans l'œuf depuis l'arrivée de Onze, jusqu'à faire de cette dernière une cible à abattre. Quand bien même, (SPOILER) elle est celle qui se sacrifie à la fin pour que tous les autres, Mike et Will compris, aient leur happy-end, donc un peu de respect !
Non et puis... Deux personnages qui doivent se contenter d'une relation platonique parce que leur sentiments ne seraient pas réciproques alors qu'ils vont si bien ensemble malgré ce qui les différencie ? Et où l'on force l'un d'eux dans une relation encore plus insipide, artificielle et creuse, avec en prime le pire personnage avec qui mettre en couple le protagoniste, une relation digne d'une mauvaise fan-fiction ? AH BAH ON ME L'A JAMAIS FAÎTES, CELLE-LÀ ! N'est-ce pas Gravity Falls
Fin du coup de gueule hors-sujet.

Tout ça pour dire que je ne comprends pas qu'un personnage, qui je rappelle est encore un enfant et a donc toute sa vie devant lui, doive mourir pour une peine de cœur. Qu'il doive se tuer parce que l'être aimé aime quelqu'un d'autre.

Ça aura beau être tragique, ça n'en fait pas une bonne tragédie pour autant, surtout quand rien ne l'obligeait légitiment d'un tel acte. C'est du gâchis et cruel pour être cruel, point barre.

Au moins, dans une bonne tragédie, on ressent de la tristesse car ce qui arrive aux protagonistes est à la fois injuste et inévitable. Pour dire, sans le happy-end, la version Disney aurait fait une meilleure tragédie, notamment avec le Roi Triton dont l'autorité excessif et violente a plus poussé sa propre fille vers sa pire ennemie. Là, on a plus envie de se taper la tête contre un mur tel un elfe de maison tant les personnages sont juste trop cons pour vivre —genre, ça aurait été un film d'horreur, ils seraient morts sans que le méchant y soit pour quelque chose.

Quand bien même la morale du conte serait de ne pas se laisser aveugler par ses sentiments, elle n'aurait pas pu juste apprendre la leçon et obtenir un nouvel arrangement avec la sorcière pour qu'elle revienne à sa vie de sirène ? Non ? Il fallait qu'elle meure ? Pour un gars qui l'a traitait au mieux comme une poupée ? Pour avoir une âme immortelle en l'épousant ?

Et ben puisqu'on en parle...

4) Il n'y a pas le coup de l'âme immortelle dans la version Disney

Quelque chose que j'ai oublié de mentionner à propos des motivations de "Sirena".

Elle ne fait pas tout ce qu'elle fait par amour pour un prince mais plutôt pour avoir une âme immortelle.

Chose que, d'après sa grand-mère, les sirènes n'ont pas... à moins qu'elles épousent un humain devant un prêtre.

Ce qui est impossible tant qu'elles ont leur queue de poisson qui fait horreur aux humains.

Ce qui amène "Sirena" à aller voir une sorcière pour qu'elle lui change la queue de poisson en jambes.

Et après ça, les gens disent que les motivations d'Ariel sont superficiels ?

Au moins, elle sortait d'une violente confrontation avec son père qui l'a laissée meurtrie quand elle a accepté de voir Ursula... qui elle profitait justement de son état de détresse pour la manipuler et la contraindre à signer le contrat. Si Triton n'était pas aussi colérique et despotique, Ariel s'en serait tenu à son plan d'origine et aurait tenté de contacter Éric par ses propres moyens, sans passer par la case Ursula, point barre.

Parce que je rappelle que "Sirena" n'a pas la même excuse, pas de famille dysfonctionnelle, limite toxique avec laquelle elle a une divergence d'opinion et une envie de s'émanciper, pas une attitude rebelle, casse-cou et indiscipliné qui la pousse à prendre des risques et des décisions inconsidérées, pas même une sorcière qui profite de ses états d'âmes pour s'en servir de pion pour un potentiel coup d'État et qui de toute façon ne gagne rien du tout dans l'histoire à part une langue de sirène en guise de paiement.

Mais la promesse d'une âme immortelle ? En récompense à tous ces "sacrifices" ?

Quelque chose de si hypothétique qu'il n'y a aucune garantie que "Siréna" en obtiendrait une si elle avait réussi à épouser "Prince Petit-Con" ?

Et c'est là ce qui l'a motivé à se faire couper langue pour des jambes qui lui font souffrir le martyr. Rien d'autre ne lui obligeait à en venir à une telle extrémité.

Mais plus nul comme cause perdue, tu meurs !

Un autre truc que je déteste dans le conte d'origine et que je suis content que Disney ait simplement supprimé pour leur version.

Parce que cette histoire d'âme immortelle, ça sonne un peu comme du prosélytisme. Du style : "Si tu veux avoir une chance d'entrer au paradis, il faut que tu rejettes tes origines et que tu te convertisses à la religion que j'ai arbitrairement décidé que c'était la seule et vraie qui comptait, même si tu en souffres comme pas permis, autrement tu ne seras que poussière et c'est tout ce que tu mérites, sale infidèle de merde !" — et quand tu réalises qu'aller au paradis ou en enfer n'aurait en réalité rien à voire avec le fait d'avoir été bon ou mauvais mais plutôt d'être croyant et de pratiquer la "bonne" religion, limite une question de soumission,  ou que dans le meilleur des cas il faut être bon seulement par peur de finir en Enfer, soyez pas surpris d'apprendre que j'ai fini par tourner le dos aux religions.

Mais surtout, ça te fait demander si "Siréna" agit vraiment par amour pour "Prince Petit-Con" ou si elle était juste intéressée et qu'elle convoitait quelque chose que lui avait dès la naissance.

À ce stade, elle aurait tout aussi bien pu agir pour son argent, au moins ça fait un but concret.

Parce que si c'était vraiment par amour pour un stupide prince qu'elle quitte sa famille à l'age de quinze ans, conclut un marché avec une sorcière et endure milles souffrances en rejetant sa nature de sirène, elle se ficherait d'avoir une âme immortelle en récompense, du moment qu'elle est avec l'homme qu'elle aime, bon sang.
De la même manière qu'une personne sincèrement bonne se ficherait de ne pas aller au Paradi tant qu'elle a fait ce qui était juste.


Je suis incapable de dire c'est quoi le pire entre tout sacrifier et tout balancer pour une personne qui ne te rendra jamais la pareille, pas même pour payer une dette, ou faire tout ça non par amour pour ladite personne mais pour obtenir d'elle quelque chose que tu convoites.

Dans les deux cas, je comprends mieux que ça se termine aussi mal. Ce n'était pas juste voué à l'échec, c'était mort dans l'œuf.

En fait, ça me rappelle une critique que j'ai entendu à propos de la saga Twilight, comme quoi Bella ne serait pas tant amoureuse d'Edward mais plutôt intéressée par devenir un vampire, être immortelle, obtenir des pouvoirs et tout le toutim. Une critique que j'entends tout à fait — bien que mon problème à titre personnelle est surtout l'absence d'alchimie entre les protagonistes, déjà pas assez sympathiques et développés pour que je m'y attache, que leur romance, pourtant le point central de la saga, artificielle, insipide et chiante comme la mort — et que je ne peux m'empêcher d'appliquer à la Petite Sirène d'Andersen tant j'y vois une similitude. Et c'est sans parler de mon aversion pour la glorification du pouvoir sans nuance ni conséquence.

Et c'est pour toutes ces raisons que je préfère de loin la version Disney, n'en déplaise aux puristes pour que l'œuvre originale est sacré.

Quand à sacrifier le protagoniste...

J'ai beau apprécier des œuvres pour enfants qui se permettent d'être dark et matures  (pour peu qu'il ne prennent pas le public cible pour un con), je pense que c'est tout de même risqué de faire un film pour enfants dans lequel ils s'attachent au personnage principal uniquement pour le voir mourrir comme une merde et pour une cause perdue. C'est juste un coup  à les traumatiser plus que n'importe quel séquence  terrifiante ou scène larmoyante où ils perdent un être cher. Je ne peux que supposer que ceux qui ont  connu la Petite Sirène avec la version Toei ont dû prendre cher.

Il y en a qui apprécient autant la version Disney que le conte d'origine (ou la version Toei) et grand bien leur fasse.

Il y a cependant un point que tiennent ceux qui défendent la version d'origine avec lequel je suis en total désaccord. À savoir...

"La Petite Sirène d'Andersen parle d'abnégation et d'altruisme"

Ma réponse la plus sincère :


Je veux dire, est-ce qu'on a lu la même histoire ?

Parce que j'ai démontré avec le point sur l'âme immortelle que la quête de "Siréna" n'avait rien de désintéressé ou d'altruiste, qu'elle pourrait tout aussi bien tenter d'épouser "Prince Petit-Con" pour son argent ou le pouvoir à ce compte-là. Donc pour l'altruisme et le désintéressement, on y repassera.

D'autant que j'ai vu Voltron, le défenseur légendaire, la troisième saison de Sonic X et j'ai évoqué le final de Stranger Things. Il y a sûrement d'autres exemples de sacrifices et d'abnégation à vous faire verser une larme, mais c'est assez pour que je confirme que ce qui se passe dans la Petite Sirène d'Andersen n'a rien à voir avec de l'abnégation ou du sacrifice. C'est plutôt un manque d'amour-propre.

Certes, elle sacrifie sa langue, sa queue de poisson, sa vie sous l'eau avec sa famille, même sa propre vie, mais comme je l'ai démontré plus haut, elle fait tout ça pour de mauvaises raisons, juste pour une cause perdue, autant l'hypothétique âme immortelle que le prince qui n'en fout pas une pour lui rendre la pareille. Des raisons qui rendent son "sacrifice" juste inutile et plus proche d'un suicide.

T'aurais exactement la même chose avec un kamikaze.

Vous voulez connaître la différence entre un héros et un kamikaze ? Qu'est-ce qui rend un vraiment sacrifice héroïque... héroïque et désintéressé ? Et le distingue d'un attentat suicide ?

Ben pour commencer, contrairement au kamikaze, le héros ne cherche pas à commettre un attentat sanglant et dévastateur en se faisant exploser ou quelque chose. S'il se sacrifie, c'est précisément pour sauver des vies, pour que son entourage puisse avoir un happy-end, bref, pour une bonne cause — et encore, dans la plupart des cas, il ne cherche pas délibérément à se tuer, juste se battre comme un lion jusqu'au bout quoi qu'il lui en coûte.

Et il faut aussi que le sacrifice soit volontaire et consenti de la part du héros qui se sacrifie. Sinon, ce n'est pas un sacrifice, c'est un meurtre. Peu importe que sa mort sauve des vies, ça reste un meurtre si sa mort est décidé et faite contre son gré.

Mais le plus important, c'est que le sacrifice héroïque, aussi dur et douloureux soit-il, doit être nécéssaire. Injuste, cruel, déchirant, tragique (et dans le bon sens, pour le coup) mais tout de même nécéssaire. Parce que s'il se donne la mort pour rien, si sa mort est purement gratuite et inutile — et j'insiste là dessus — ce n'est pas un sacrifice, c'est un suicide. Purement et simplement.

Et ce n'est pas quelque chose que les religions devraient encourager ni approuver, pas plus que le meurtre. Qu'importe que vous soyez croyant ou pas.

Et en tant qu'auteur, c'est pas vraiment recommandé de tuer des personnages (plus particulièrement les principaux) sans raison, juste pour "choquer" le public comme si on était dans Game of Thrones (ce qui est une des raisons pour lesquelles j'ai arrêté la série au bout de quatre saisons). Ça revient juste à faire un doigt d'honneur au public qui s'est attaché au personnage que t'as décidé de faire mourrir comme une merde.

Je ne dis pas pour autant que les auteurs devraient s'interdire de sacrifier leurs personnages, autant les principaux que les secondaires ou les tertiaires, simplement que ça ne doit pas être traités à la légère ni bâclé ni gratuit. Ça doit être fait avec soin, surtout quand il s'agit d'un personnage important et populaire. Sinon le public ne va pas apprécié du tout. Ce ne sera pas tant de la tristesse que de la colère qu'il éprouvera.

Et j'insiste là dessus, le "sacrifice" de "Siréna" était purement et simplement gratuite et inutile.

Quand bien même la morale de l'histoire d'origine est de ne pas se laisse aveugler par ses sentiments au risque de se brûler les ailes, elle avait juste besoin d'apprendre la leçon et de vivre avec. Quel intérêt de lui infliger une mort aussi injustifiée qu'inutile, juste parce que la sorcière l'a dit, parce que "ta gueule c'est magique", parce que c'est dans le script ?

Et après, ça critique la mort de Jack Dawson dans Titanic... Genre c'est possible de tenir à deux sur une planche flottante au beau milieu de l'océan sans risquer de couler sous le poids de deux personnes.

Je ne vois en quoi les gens trouvent son geste héroïque.

Quoi, parce qu'elle laisse la vie sauve à "Petit Con" en décidant de se laisser mourrir à la place ? Quand bien même le tuer lui aurait sauvé la vie et permis de redevenir sirène ?

Déjà, ça ne justifie toujours pas que "Siréna" doive mourrir pour une peine de cœur juste parce que la sorcière en a décidé ainsi — ce qui est d'autant plus ridicule vu que c'est la même sorcière qui fournit aux sœurs de "Siréna" le couteau le devrait la sauver pour peu qu'elle la plante dans le cœur qui lui a brisé le sien. Genre, elle n'aurait pas pu évoqué ça plus tôt ? Genre PENDANT qu'elle imposait ses termes à la petite sirène ?

Mais surtout... Il n'y a rien d'héroïque à ne pas tuer quelqu'un, même si ta vie en dépend. C'est juste ne pas être un tueur assoiffé de sang.
Ça ou un piètre assassin qui n'a aucun cran.

J'ai dis plus haut que ce qui rendait un sacrifice héroïque était que ça sauvait des vies ce faisant. Et j'entends par là les sauver d'une réelle et sérieuse menace qui ne repose pas juste de la volonté du protagoniste.

Ce n'est pas comme si "Siréna" était possédée par une entité maléfique (genre "Gorgona" elle-même, ce qui serait une idée pour corriger le conte) qui l'oblige à commettre une chose horrible contre son gré, contre laquelle elle doit lutter du mieux qu'elle peut, au point que le seul moyen de sauver "Petit Con" est d'utiliser le peu de volonté qui lui reste pour retourner l'arme contre elle-même.
Et BAM ! J'ai fait une version de la Petite Sirène plus tragique que le conte d'origine et ça m'a pris que cinq secondes de réflexion ! Et même là, je ne fait que réinventer la roue vu que c'est pratiquement comment le prêtre vient à bout du démon dans l'Exorciste.

Parce que je rappelle qu'il n'y a rien de ce je viens de décrire dans le conte d'origine. "Sirèna" était parfaitement libre de son choix. Personne ne la faisait agir contre son gré, pas même ses sœurs ou la sorcière.
Et avec le peu de volonté qu'elle a démontré, si elle avait été possédé comme je l'ai suggéré, elle conclut le conte avec les mains pleines du sang de "Petit Con", même s'il l'avait épousé et déclaré son amour.

C'est pour ça que je ne peux pas considérer sa tentative de meurtre comme une menace à prendre sérieux vu qu'elle n'a ni la volonté ni le cran de commettre un tel acte même si ça lui sauvé la vie. À peine elle lève le couteau au-dessus du prince endormi, elle le jette dans l'océan.

Ce serait comme assumé que la vrai menace dans Blanche-Neige était le chasseur et non la méchante reine qui l'a ordonné d'assassiner sa belle-fille et menace de le faire exécuter s'il échouait ou lui désobéissait.

Merde, dans les suites d'Avatar, Neytiri (juste la putain d'héroïne de la saga et une de mes préférée) était mille fois plus menaçante quand elle a tenté de tuer Spider, car elle était vraiment déterminée à le faire, que ce soit pour sauver ses filles de Quaritch, vengé la mort de son fils en privant son ennemi du sien ou simplement pour sauver son peuple et sa planète, et même dans le 3 elle n'en démordait pas jusque sa conscience prenne le dessus sur sa haine. Au point où elle est pleine de remord quand Jake se range de son avis et décide de lui-même de faire le boulot à sa place, et ce alors qu'elle commençait à se remettre en question.

Malgré ça, je maintiens que le pire, genre pas de rédemption possible (normalement, du moins), reste celui qui non seulement tente de commettre un meurtre pour son propre intérêt mais en plus engage, force ou se sert de quelqu'un pour faire le sale boulot à sa place, montre à peine — voire pas du tout le moindre remord ou la moindre honte (comme si ça aurait changé quoi que soit dans son cas, autrement) et n'en est même pas à son premier coup d'essai, pas même APRÈS qu'il soit "réformé".
J'ai bien un nom ou deux en tête mais vu que tout Internet a décidé qu'ils étaient intouchables et irréprochables, blanc comme neige et vénéré comme Jésus malgré ça, j'ai peur de me faire disputer en évoquant leur nom. Quand bien même tu ne fais plus lâche, sournois et inexpiable que ce que de commettre ou tenter délibéremment un meurtre par le biais d'une autre personne. Juste parce qu'ils ont eu une enfance difficile à cause d'un père violent et intolérant, comme si ça justifiait tout... Vous vous rendez compte de l'ironie, là ?

Tout ça pour dire que la menace que représente "Siréna" est ridicule en comparaison.

D'autant que tuer "Petit Con" n'était même pas de son initiative, à la base. C'était plutôt celle de ses sœurs désespérées de la sauver qu'elles en ont sacrifiés leur cheveux.

Donc est-ce qu'on pourrait enterrer une bonne fois pour toutes l'argument de "elle surmonte sa jalousie en laissant au prince la vie sauve ?"

Parce que si c'était vraiment la jalousie qui motivait "Siréna" à tenter un meurtre, elle n'aurait pas attendu passivement la mort au lever du soleil ni que ses sœurs lui apportent un couteau qu'elles ont obtenu en échange de leurs cheveux et lui disent que c'est sa seule chance de s'en sortir. Elle aurait prit l'initiative d'elle-même et se serait contenté d'un couteau qu'elle volé dans la cuisine. Et HOP ! Encore une astuce pour améliorer le conte ! Même si ça ne suffit pas à lui sauver la vie, au moins elle ne laisse pas "Prince Petit Con" s'en tirer impunément pour avoir épouser la mauvaise personne et ainsi la laisser crever la bouche ouverte alors que c'est à elle qu'il lui doit la vie.

Prendre une initiative, ne serait-ce que pour se tirer d'affaire ou réparer une injustice — ou qui ne consiste pas à se foutre tout seul et tête la première dans le pétrin comme un grand — juste la base d'un bon personnage pro-actif, même ça elle n'en est pas capable.
Et il y a des gens qui la disent supérieur à son homologue de chez Disney ?
Au moins quand Ariel comprend qu'Ursula est en train de la duper en se servant de sa voix volée pour épouser Éric, sa première réaction et d'aller empêcher le mariage. Et même durant le climax, elle n'est pas complètement inactive, juste impuissante face une sorcière dix fois plus forte qu'elle et qui a pris le contrôle des océans.

Quand à l'argument de "c'est pour pas que 'Siréna' fasse payer aux autres ses erreurs", ben...

Elle l'a fait.

Avec ses sœurs.

Qui je le rappelle ont dû sacrifié leurs propres cheveux à "Gorgana" pour obtenir le couteau qui devrait sauver leur petite sœur si elle plante dans le cœur du prince. Un sacrifice qui s'avérera inutile, encore une fois.

Certains diront que ce n'est pas si grave qu'elles se fassent couper leur cheveux et il est vrai que c'est moins grave que de se faire couper la langue (d'une part, c'est moins douloureux et surtout ça repousse).

Mais on parle tout de même de la même sorcière qui a coupé la langue une sirène de quinze ans pour changer sa queue de poisson en jambes qui lui font souffrir le martyr et lui promet une mort certaine si elle échouait à épouser le prince. Donc je doute qu'avec ses sœurs ainées ce soit juste une séance chez le coiffeur. Fort probable qu'elles auront les cheveux courts ou le crâne rasés (le conte est assez vague là dessus) jusqu'à la fin de leur jour, soit durant trois ans, et peut-être même que ça va les démanger, vu la tendance des sorcières et des fées dans ce genre conte à être excessivement punitives, même pour une raison dérisoire.

Et de nos jours, avoir les cheveux courts n'empêche les femmes d'être jolies mais à l'époque où le conte a été publié, la longueur des cheveux d'une femme était tout de même un critère de beauté, limite une coupe à la garçonne était plus considérée comme une mocheté. 
En tout cas, dans les Quatre filles du docteur March, il y a un moment où Jo, la garçon manquée de la famille, "vend" ses propres cheveux pour venir en aide à sa famille et à leurs yeux c'était comme si elle s'était changé en crapaud. Et c'était publié une trentaine d'année APRÈS la Petite Sirène d'Andersen.

Bref, c'est pour cela que je ne peux considérer l'acte de "Siréna" comme "altruiste" et "désintéressée" alors qu'elle ne prend même pas en compte les efforts et les sacrifices que ses proches pour lui venir en aide, voire elle les envoie royalement chier. Sans parler de ce que sa propre famille doit ressentir en la perdant alors qu'elle fout sa propre vie en l'air pour une cause qui n'en vaut pas la peine. Encore une fois, tu parles d'un personnage "calme et réfléchi"...

Tu ne peux pas faire plus égoïste et anti-héroïque qu'un personnage qui fait souffrir ses proches de la sorte et ignore complètement les efforts et les sacrifices qu'ils font pour lui, quand bien même ils aient remué ciel et terre, se sont saigné et bougé le cul pour sauver le sien pendant que lui foutait sa vie en l'air pour une cause perdue.

Dans le meilleur des cas, ça fait juste un point commun entre "Siréna" et "Petit Con"... Et il fallait que ce soit leur pire traits. Juste pour confirmer que rien n'est plus attiré par un petit con qu'un(e) autre petit(e) con(ne).

Au moins d'Ariel montre plus de gratitude à l'égard de ceux qui l'aident, pour peu qu'on ne se serve pas d'elle, et quand elle se rend compte que ses actions ont des conséquences et affectent ses proches, quand elle les voient payer pour ses erreurs, elle le regrette instantanément (et accessoirement comprend où est-ce qu'elle a merdé par la même occasion) et fait ce qu'elle peut pour arranger les chose — ou du moins essaie, ce qui est toujours mieux que de baisser les bras et ne rien faire — au lieu de détourner le regard, abandonnant à leur sort et ignorant la souffrance de ceux subissant les conséquences de son acte, attendant juste des excuses non-mérités pour en avoir quelque chose à foutre et se bouger le cul.

Et puisqu'on en parle, histoire de crever l'abcès une bonne fois pour toutes...

Parlons de l'"égoïsme" d'Ariel

Vu que c'est une critique très répandu sur elle.

Et histoire d'être honnête, je comprends qu'on puisse la voir ainsi — LAISSEZ MOI FINIR !

Elle a beau être ma princesse Disney préférée et j'ai beau la défendre bec et ongle, je ne vais pour autant prétendre que quitter l'océan pour épouser avait pour but faire bouger les choses et d'aider son peuple — si c'est le cas, c'est plus par inadvertance. Comme quoi une bonne action peut très bien se faire par accident et même se révéler plus efficace qu'un soi-disant acte de charité par quelqu'un qui se donne une image de bon Samaritain.

L'aspect positive est que ça démontre que c'était son initiative, sa volonté et non un truc qu'on lui a imposé, auquel elle n'a pas son mot à dire et qu'elle doit accepté sans broncher comme un mariage arrangé, une quête ou une prophétie.

Pour ce qui est de son égoïsme, j'aimerai relativiser.

Parce que ses motivations ont beau être égoïstes, elle reste soucieuse de ses amis et proches, assez pour les empêcher de souffrir et de payer pour ses erreurs ou le regretter le cas échéant. Après tout :
- elle empêche Polochon, qu'elle a entraîné dans son exploration d'épaves, de se faire boulotter par un grand requin blanc, requin dont elle ne soupçonnait pas la présence jusqu'à ce qu'il passe à l'attaque
- sauve Éric de la noyade,
- cache sous sa cloche Sébastien, qui a accepté de l'aider, pour éviter qu'il se fasse manger,
- tente de libérer Éric de l'influence de Vanessa/Ursula en s'en allant empêcher leur mariage,
- est horrifiée de voir son père se faire changer en polype après qu'il ait accepté de prendre sa place sur le contrat,
- est en colère contre Ursula pour s'être servie d'elle contre sa propre famille.
Durant le climax, elle demande même à Éric, venu la sauver des tentacules de la sorcière, de s'en aller et se sauver, quitte à l'abandonner à son sort.

On est loin du personnage tellement égocentrique qui va jusqu'à complètement ignorer la besoin et la sécurité de ses proches et les entraîner en toute connaissance de cause dans le pétrin où il s'est lui-même fourré.

Sans oublier que quand elle accepte le marché avec Ursula, c'était SA voix qu'elle s'était résolue à sacrifier et SON âme qu'elle mettait en jeu, PAS LE ROYAUME DE SON PÈRE. Ça ne faisait pas parti du contrat à la base, je rappelle. Et même si c'était le cas, elle aurait pu empêcher si elle avait pu embrasser Éric à temps, sans les ingérences de la sorcière.

Donc peut-on arrêter de lui mettre sur le dos la victoire d'Ursula ? Je veux dire, la sorcière n'a pas encore gagné quand elle parvient à faire signer le contrat à Ariel, pour rappel. Et même si elle a vraiment aidé à elle seule la sorcière à s'emparer du pouvoir, pourquoi donc cette même sorcière se donne tant de mal à lui mettre des bâtons dans les roues ? Soyez un peu logique, les gens ! Entre ça et le fait qu'elle n'aurait jamais songé à accepter un marché avec Ursula si son paternel était plus flexible et contrôlait mieux son tempérament, on est dans le victim-blaming.

Et même en admettant qu'Ariel est égoïste... Et alors ?

Tout qu'elle demande dans l'histoire c'est d'être libre et indépendante, s'émanciper satisfaire sa curiosité, s'épanouir et trouver le bonheur par ses propres moyens.

Où est le mal dans tout ça ?

Ce n'est pas comme si elle demandait aux autres de se plier au moindre de ses exigences et de se saigner pour elle comme une enfant gâtée, comme si ses besoins à elle se faisait au détriment de ceux des autres, qu'elle imposaient ses choix à son entourage ou qu'elle les empêchait d'en faire de même, ce qui serait non seulement égoïste mais surtout condamnable.
Et non, la suite ne compte pas. Elle ne cherche pas à empêcher sa fille d'être heureuse et de s'épanouir, seulement à protéger Mélodie d'une menace réelle et existante, à savoir la sœur d'Ursula venu venger cette dernière sur Ariel et toute sa famille et réussir là où sa sœur a échoué — pas comme Triton persuadé que les humains sont des tueurs de sirènes alors que dans les faits, c'est à peine s'ils ont conscience de leur existence — ainsi que d'empêcher cette dernière de refaire ses erreurs et lui épargner les problèmes qu'elle a eu à son age, ce que doit faire tout parent responsable.

Et quand bien même les besoins de liberté, de bonheur et d'émancipation d'Ariel sont au détriment de quelqu'un (comme le roi Triton, par exemple), bah alors c'est lui le problème. C'est lui le vrai égoïste de l'histoire, qui est à blamer et qui a le plus besoin d'une leçon altruisme... ce qui se passe d'ailleurs à la fin.
Et non, le fait qu'il ait de l'affection pour sa fille et cherchait à la protéger n'en fait pas un père modèle, ça rend juste ses actions plus inexcusables, vu que c'est lui qui fait le plus de tort à Ariel dans l'histoire (après Ursula) en détruisant sa collection et qu'il n'y rien de abject que briser le cœur et ruiner la vie de quelqu'un en s'auto-persuadant d'agir pour son bien et qu'on devrait lui jeter des fleurs.
Les gens qui font ça, ils ne cherchent pas le bonheur de leur proche, ils veulent leur contrôle et se mentent à eux-même en prétendant le contraire, ce qui en fait un red-flag sur pattes et une bonne raison de couper les ponts avec eux.

J'ai même envie de dire que l'égoïsme c'est comme la liberté : tant que tu ne t'en sers pas au détriment des autres, il ne devrait pas y avoir de problème.

Et dans le cas d'Ariel, si par égoïste t'entends se respecter soi-même et prendre un minimum soin de soi, de poser des limites pur son bien-être et de couper les ponts avec ceux qui l'empêchent de s'épanouir, fusse sa propre famille, alors elle a raison de l'être !

Du moins, tant que c'est pas pour faire du tort aux autres, entendons nous bien là-dessus.

Tout comme Cendrillon a de bonnes raisons de quitter sa belle-mère et ses demi-sœurs qui l'ont réduite au rôle de servante après la mort de son père, Jasmine et Mérida ont raison de refuser d'épouser un prétendant si ce n'est pas par amour ou Raiponce a raison de se rebeller contre sa fausse mère qui l'a enlevé à ses vrais parents et gardé enfermée dans une tour pour profiter du pouvoir que procuraient les cheveux de la princesse 

Parce que c'est bien d'être altruiste et de payer de sa personne pour les autres MAIS il faut pour autant passer d'un extrême à l'autre et se serait mieux de faire la différence entre le don de soi et l'oubli de soi.

C'est une chose que même les plus grand super-héros ont besoin d'apprendre : c'est peut-être formidable qu'ils se donnent autant pour les autres mais ça ne devrait pas les empêcher d'être heureux, de prendre soin et de se respecter eux même, d'imposer des limites pour leur bien-être, parce que s'ils ne s'occupent un minimum d'eux-même, ils n'aideront personne.

C'est juste un coup à laisser des gens ingrats et opportunistes à profiter de ta générosité sans jamais te rendre la pareille et ce jusqu'à épuisement, jusqu'à ce que tu en crèves. Et tout ça pour des gens qui n'en valent pas la peine.

Ce qui nous amène au cas de "Siréna".

Car s'il y un truc que je retiens de la Petite Sirène d'Andersen, ce que l'altruisme poussée à l'extrême — ce que, d'après ses défenseurs, le conte promeut — est juste toxique et auto-destructeur. Autant si ce n'est plus que l'égoïsme pur et dur.
Car ce n'est plus de l'altruisme, c'est un manque de respect de soi-même. Et ça, peu importe comment vous le présentez, ça n'aide ni ne sauve personne et encore moins la personne concernée.

Donc pas vraiment un modèle à suivre. À moins que vous teniez à élever des kamikazes.

Et ça, même la version Disney l'a compris.

Je veux dire, quand Ariel accepte de sacrifier sa voix à la demande d'Ursula en échange de jambes, ce que ses détracteurs critiquent, le film est clair que c'était une erreur et non une soit-disante preuve de désintérêt et d'abnégation comme dans le conte. Et même quand elle agit par altruisme, c'est jamais sans risque ou conséquences. Je rappelle qu'elle se fait réprimander et punir par son propre père pour avoir sauvé une vie humaine.
Ajoutez à ça, le roi Triton qui se justifie en prétendant agir pour le bien de sa fille alors qu'elle lui fait plus du tort qu'autre chose en "la guérissant de sa folie" et Ursula qui s'auto-proclame "une sainte pour toutes les âmes en perdition" alors qu'elle ne fait que les exploiter tout en dédaignant et se moquant de leur détresse. Démontrant que ceux qui s'enorgueillissent d'être altruiste et désintérêt, soit ils font tout de travers, soit des escrocs qui ont juste une idée derrière la tête mais que dans les cas, ils ne valent pas mieux que les gens dits égoïstes qui trouvent pourtant le moyen de faire le bien à leur échelle.
Et même quand Triton se rachète et se sacrifie pour libéré sa fille d'Ursula, c'est précisément ce qui permet à la sorcière de s'emparer du pouvoir et du contrôle des océans. Comme quoi, aussi sincère et désintéressée soit-elle, une bonne action n'est jamais à l'abri d'un retour de bâton, surtout quand elle sert les intérêts d'une personne mal-intentionnée — ce qui n'est pas tant la faute de celle qui fait la bonne action que celle qui en profite, je signale.

D'autant que malgré son égoïsme, je maintiens qu'Ariel est celle qui a le plus contribué, si ce n'est autant qu'Éric, au happy-end, même indirectement et par inadvertance, rien qu'en sauvant la vie d'Éric et en gagnant son amour. Sans cela, il n'y aurait eu personne d'assez courageux pour risquer sa vie en la sauvant d'Ursula, vaincre cette dernière et ainsi libérer le peuple de la mer qu'elle a changé en polype.

Et c'est pour ça que je continue de défendre la version Disney et de considérer, malgré ses défauts, Ariel comme un meilleur modèle à suivre que "Siréna".

Car au moins Ariel apprend de ses erreurs — juste qu'elle n'a pas à le dire à haute voix ni à faire l'ultime sacrifice pour le prouver. Là "Siréna" est plus du genre à persister dans son erreur, et ce après en avoir royalement ignorer les signes, jusqu'à ce qu'elle en crève.

Et comme on dit :

"L'erreur est humaine, persister dans son erreur est diabolique"

Et en ce qui me concerne (comme je suis tonton et ait peu voire zéro chances d'avoir des enfants qui seront de moi), je préfère voir mes neveux et nièces grandir avec la Petite Sirène de Disney, qu'ils développent leur propres hobbies et centres d'intérêts, remettent en questions des dogmes qui prônent l'intolérance, s'épanouissent tout en mûrissant et apprenant de leurs erreurs et leurs échecs, que de les voir foutre leur vie en l'air pour une cause perdue ou s'interdire d'aimer qui que ce soit à cause d'un conte pour enfants ayant pour moral "Ne tombe jamais amoureux ou tu en crèveras".

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