Mon problème avec Arthas (1)
Précédement
Medivh, c'est fait.
Grommash, c'est fait.
Illidan, c'est fait.
Au tour à présent d'Arthas Mentethil AKA le Roi Liche de Wrath of the Lich King.
Alors, avant qu'on me reproche de rabaisser un autre personnage iconique de la licence pour valoriser des "mauviettes" comme Anduin ou n'importe quel personnage elfes (alors que deux articles plus tôt, je me suis plein d'elfes qui avaient sciemment pactisé avec le Mal, voulaient brûler le monde parce qu'ils n'arrivaient pas à faire leur deuil ou étaient prêts à laisser pour mort leur frère d'armes parce qu'ils étaient pressés d'assouvir leur désir immodéré de vengeance) ou que je fais juste pour attirer des vues, faire mon dissident ou mon anticonformiste genre "t'as vu, chuis trop un rebelle en tapant sur tout ce qui est populaire à aimer", deux-trois petites choses.
Premièrement, avec tous les avis impopulaires que j'ai publié défendu sur ce foutu blog, mon article le plus populaire fait tout juste dans les 450 clics (parce que je n'ai toujours la certitude qu'ils sont lus dans leur intégralité) et c'est à peine si j'ai des retours. Donc si mon but était purement de faire mon intéressant.
Deuxièmement, où est le mal de défendre l'honneur de personnages principalement bashés pour ne pas être aussi cools et badass que ceux que vous adulez ? Surtout quand les personnages que vous adulez tant ont certes un cool design, des armes stylés, une super-force, de super-pouvoirs, mais leurs look, compétences et exploits guerriers mis à part n'ont rien pour eux en tant que personne, limite ceux ne sont que des trous-du-cul tellement imbu d'eux-mêmes et mesquin qui ont davantage mis en danger ou condamné leur entourage qui ne leur ont concrètement sauvé la vie ? Et que ceux que je défend font ce qu'ils peuvent comme ils peuvent pour arranger leur situation ou celle de leur entourage, et dont leu seul reproche qu'on pourraient leur faire est d'être aussi imparfaits, faillibles et vulnérables que vous et moi ?
Troisièmement, désolé si ce que j'écris ne vous convient pas mais que voulez vous que j'y fasse ? Qu'est-ce que j'y peux si j'ai des opinions à moi et que ni vous arrangent pas ? J'assume ! Et puis moi-même, si je gagnais un euro chaque fois j'entendais ou voyais un avis qui me dérangeait sur Internet comme dans la vraie vie, je serais riche !
Concernant Arthas, j'avoue avoir un avis assez mitigé... sur un point en particulier de son histoire.
Pour le reste, je lui reconnais être avec Illidan un des personnages les plus iconiques de licence, notamment en tant que Roi Liche qui en fait une fusion entre Dark Vador et Sauron, allant jusqu'à le considérer comme LE Dark Vador de la licence Warcraft.
Et quitte à aller plus loin en le comparant avec le méchant iconique de la licence Star Wars et l'un des non moins iconiques de l'histoire du cinéma, je suis assez d'accord pour dire qu'il fait un meilleur Anakin Skywalker que l'Anakin Skywalker joué par Hayden Christensen (surtout que Warcraft 3 est sorti la même année que l'Attaque des Clones). En tout cas pour la partie où il était encore paladin — plus précisément durant la campagne des humains dans le jeu et jusqu'au moment où il assassine son propre père. Après et jusqu'au moment où il devient le Roi Liche, c'est là où j'ai plus l'impression que son personnage part en vrille me fait penser qu'il est surestimé sur les bords.
Car concernant la partie dépeinte dans la campagne des humains dans laquelle Arthas était encore un paladin, je le pense sincèrement, je la trouve plutôt bien écrite, que les scénaristes avait plutôt bien dosé le côté tragédie. Mieux que pour Grom qui boit volontairement le sang de Mannoroth et incite ses orcs à en faire de même (alors qu'il sait pertinemment que ce n'est pas la première fois que ça lui arrive) pour par la suite se "racheter" en tuant lui-même le démon et ainsi libérer les orcs de son influence. (Si vous voulez comprendre en quoi je trouve cette partie de l"histoire artificiel, allez voir le précédent article)
Parce que durant la campagne en question, les motivations d'Arthas étaient sincères et compréhensibles. À savoir, sauver son royaume du Mal qui le ronge (la Peste mort-vivante), protéger son peuple du Fléau et du démon Mal'Ganis qui contrôle les morts-vivants pour le compte de la Légion Ardente, quitte à aller combattre le Mal à sa source (le Norfendre). Même lorsqu'il s'empare de Deuillegivre en apprenant qu'elle est maudite,que l'épée pourrait corrompre son esprit, sa préoccupation restait la sûreté de son royaume contre les démons et les morts-vivants.
Arthas : Je subirai avec joie n'importe quel malédiction pour sauver ma terre natale [...] Je donnerai tout ce que j'ai et paierai n'importe quel prix... si seulement vous m'aidez à sauver mon peuple.
(vrais répliques du jeu)
Sûr, on peut déplorer certaines de ces décisions extrêmes et moralement discutables dans sa démarche comme la purge de Stratholme pour commencer, ou le fait qu'il ait dû bruler ces propres navires pour empêcher ses hommes d'être rapatrié quitte à les retenir prisonniers sur les terres gelés du Norfendre, que pour cela il ait dû engager des mercenaires pour ensuite les trahir une fois la besogne terminé et les dénoncer à ses hommes, et donc a dû leur mentir, abuser de leur confiance et de la loyauté.
Mais comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions et la fin justifie les moyens... Plus ou moins.
Et puis, son cas reste plus justifiable et défendable que :
— pactiser sciemment (et pas pour la première fois) avec les démons qu'on a juré de combattre pour qu'en échange ils nous aident à gagner le cœur de celle qu'on aime parce qu'on est trop borné et imbu de soi-même pour assumer que le cœur de cette dernière appartienne déjà à quelqu'un d'autre (Coucou Illidan !),
— s'imprégner toujours aussi sciemment (et toujours pas pour la première fois) de puissances démoniaques pour pouvoir écraser de adversaires nous donnant du fil à retordre... alors qu'on est supposé être un guerrier légendaire, qu'on s'est frotté à plus coriace dans le passé, ainsi que le genre d'énergumène à ne vivre que pour le combat quitte à les provoquer soi-même et même quand elles sont perdus d'avance (Coucou, Grommash !),
— traquer jusqu'au confins du monde une personne au nom de la justice alors que la personne en question a été fait prisonnier puis condamné à l'exil pour ses méfaits et ses crimes, donc la justice a techniquement déjà été rendu, juste parce qu'on est pissé à l'idée que la personne condamné ne soit pas mort ou en quatre murs (Coucou Maiev !),
— vouloir détruire le monde juste parce qu'on arrive pas à faire le deuil d'un être cher (Coucou Fandral !), montrer qu'on en a une plus grosse que les autres (Coucou, Garrosh !) ou juste parce que c'est notre seule raison d'exister (Coucou Aile-de-Mort, Archimonde, Kil'jaeden, Sargeras et les Dieux Très Anciens !)
— risquer le destin du monde juste pour assouvir sa soif de puissance (Coucou tous ceux qui se sont affiliés à la Légion Ardente, au Fléau ou aux Dieux Très Anciens !)
— le simple fait d'être un putain de raciste attendant le moindre prétexte pour condamner à mort tout un peuple fut-il allié de base (et celui auquel je pense, je ne le salue pas, mais son heure arrive bientôt, je peux vous l'assurer !)
— ou je ne sais quoi que Blizzard a prévu pour Sylvanas, si ce n'est de la branlette intellectuelle à tous les coups.
Aussi, il est le Prince du royaume infesté par les morts-vivants et leur Peste, royaume dont il sera un jour le roi. C'est un petit peu son devoir de faire tout ce qui en son pouvoir pour le protéger et de le servir, ça fait un petit peu partie de ses responsabilités et c'est un petit peu dans ses priorités. Et on ne peut décemment pas le lui retirer ça.
Surtout que durant la campagne, il a fait suffisamment fait preuve de dévotion envers son peuple pour qu'on n'ait pas à la remettre en question.
On peut éventuellement remettre en question ses méthodes, certes pas toujours moralement acceptables, mais là encore, on parle d'un monarque. Ça a tendance à faire ce qui lui passe par la tête.
Et puis, je me lance là dans le headcanon, je suis convaincu que même Arthas n'approuvait pas entièrement ses propres actions, qu'il ne les a pas commis de gaieté de cœur et qu'en d'autres circonstances il aurait été le premier à les désapprouver. Surtout pour la purge de Stratholme, événement qui marqua pour Arthas le début de sa descente aux enfers, qui bien que j'en comprenne l'utilité reste une décision dure à prendre. On parle quand même de massacrer des civils, contaminés ou non, avant que la Peste ne les changent en morts-vivants. Il y a bien sûr la quarantaine (qui ironiquement a été demandé au Roi Terenas en début de jeu, que ce dernier rejeta faute de preuve qu'une épidémie ravage ces terres) mais qui aurait sûrement pris du temps ne serait-ce que pour installer les barrières, rassembler des hommes et au mieux n'aurait fait que contenir des morts-vivants jusqu'à ce qu'ils arrivent à forcer la quarantaine.
Toujours est-il que les circonstances ont fait qu'Arthas ne pouvait pas agir autrement et devait en venir aux extrémités s'il voulait mener à bien sa mission. Ça et le fait qu'il soit révélé un peu borné et trop orgueilleux pour accepter l'idée d'abandonner ou d'échouer.
Cela dit, j'ai envie de dire que c'est comme ça que devrait marcher de bonnes tragédies, que c'est se qui distingue le tragique du mélodrame. Que des personnages imparfaits commettent des fautes qui amènera à leur perte mais qui restent dans leur droit, que leur mauvaises actions ou décisions restent légitimes dans leur contexte, plutôt qu'ils accumulent les mauvaises décisions pour des raisons juste absurdes et superficiels même dans leur contexte (voire SURTOUT dans leur contexte) et demandent après qu'on ait pitié d'eux.
Surtout qu'on apprend plus tard dans le jeu que la contamination de Lordaeron et la première invasion du Fléau qui l'accompagnait était en réalité une machination orchestré par le Roi Liche lui-même pour faire amener d'Arthas vers le côté obscur et en faire son champion. On nous dit même qu'il a choisi le prince de Lordaeron bien avant que le Fléau ne voit le jour, c'est dire s'il a une longueur d'avance.
Et ça aussi ça devrait être un truc qui devrait différencier une bonne tragédie d'un mélodrame un deux balles. Quand un protagoniste, toujours agissant dans son droit, tombe dans un piège sans s'en rendre compte (le principe-même du piège, en fait), non pas qu'il y en fonce tête baissée malgré les signes évidents que c'en est un.
Bon OK, dans le cas d'Arthas, il y avait bien l'inscription sur le socle où se tenait Deuillegivre avertissant qui quiconque s'emparerait de l'épée runique aussitôt d'un pouvoir incommensurable qui allait ronger son esprit (comme l'Anneau dans le Seigneur des Anneaux).
Mais ce détail mis à part, rien de concret ne prédisait qu'à son retour du Norfendre, Arthas passerait du noble prince défenseur de Lordaeron à celui que le condamnera, au champion du Fléau, à une sorte de cavalier de l'Apocalypse.
Et même lorsqu'il assassine son père aussitôt rentré du Norfendre et accueilli en héros, ça reste cohérent, si on assume que le Roi Liche, via Deuillegivre, a corrompu et manipulé son esprit déjà bien tourmenté et fragilisé par sa croisade pour sauver son peuple et le fait qu'il se soit senti trahi deux fois par ses proches (la première lorsqu'on contesta son idée de purger une ville de ses hommes, la seconde lorsqu'on ordonna le rapatriement de ses hommes). De la même manière que Palpatine manipule Anakin dans la Revanche des Sith ou que les fantômes de l'hôtel dans The Shining aient corrompu et manipulé l'esprit déjà pas très net de Jack Torrance et l'aient incité à "corriger" sa femme et son propre fils pour rappeler qui était le patron dans la famille.
Parce que c'est sûr que ça aurait été de sa seule et unique initiative, genre il a décidé qu'il "voulait déjà être roi", que son père avait régner suffisamment longtemps pour assumer que c'était à lui de reprendre le flambeau ou encore parce qu'il assumait avoir fait un meilleur boulot que son paternel avec sa croisade contre les morts-vivants et donc ferait un meilleur roi, ça ne l'aurait pas moins fait passer pour un connard qui trucide son propre père pour lui prendre sa place alors que ce dernier l'accueillait à bras ouvert et le félicitait pour son triomphe contre la menace qui sévissait son royaume.
Et ça aurait également été débile parce que tel qu'on nous le montre dans le jeu, il n'est plus tout jeune, le roi Terenas. Soixante-dix ans de règne, selon Uther ! Et je serais pas étonné qu'il commençait à être sénile ou simplement malade durant les événements relatés dans le jeu. On le voit fatigué dans la cinématique où il reçoit la visite de Medivh en pleine audience avec ses conseillers et ambassadeurs. Si le motif d'Arthas était bel et bien la succession au trône comme il laissait entendre en assassinant son paternel... ben vu l'état de ce dernier, il aurait juste à attendre qu'il pousse son dernier souffle, ou simplement qu'il prenne sa retraite et passe le flambeau à son fils (Parce que franchement, pourquoi est-ce qu'il faut obligatoirement que le roi meurt pour qu'il puisse passer le flambeau ? Pourquoi continuerait-il de régner si lui-même n'est plus un état physique ou mentale de gouverner ? Il n'y a donc pas de retraite pour les rois ? Dans ce cas, QUI voudrait être roi si c'est pour travailler dans de tels conditions ?).
Mais bon, du moment où l'on assume qu'Arthas est sous l'influence du Roi Liche, qu'il est passé du côté obscur et parti pour transformer ses sujets en cadavres ambulants (alors qu'il avait mené une croisade pour justement empêcher qu'on leur infligeait un tel sort, "douce" ironie) on peut tout aussi aisément assumer que la raison et le bon sens ne font plus du tout partie de son vocabulaire.
C'est juste dommage qu'après qu'il ait buté Mal'Ganis, on ait pas plus de détails sur son basculement dans le côté obscur, à part le fait qu'il entende la voix du Roi Liche à travers l'épée runique et un écran-texte indiquant qu'il vagabondait dans les terres gelés du Norfendre et avait perdu ce qui restait de sa santé mentale, tourmenté par les voix émanant de l'épée, avant de se décider à rentrer au Norfendre réclamer son dû. Un peu vague comme description des faits.
Il y a juste un passage que j'aurais éventuellement critiqué, c'est quand après avoir pris possesion de Deuillegivre, Arthas ne ramène pas le corps "sans vie" du nain Muradin — et oui, je sais qu'il n'est pas mort, qu'on le retrouve en vie dans Wrath of the Lich King, qu'il a juste perdu la mémoire mais dans Warcraft 3 on assumait qu'il était mort.
Surtout que voilà, Muradin était non seulement son maître d'arme (donc son second mentor avec Uther) mais un de ses plus fidèles alliés, celui qui l'a suivi dans sa "folie" jusque dans la Caverne de Deuillegivre, non sans avoir tenter de lui faire entendre raison ni l'avoir reproché d'avoir menti à ses hommes et trahis les mercenaires que le prince avait lui-même recruté pour brûler ses propres navires, là où Uther et Jaina (pour rappel la petite-copine d'Arthas encore à l'époque) l'avait "lâchement" laissé tomber quand il parla de nettoyer une ville de ses habitants.
J'ai beau savoir qu'il commençait déjà à sombrer dans la folie lorsqu'il s'était emparé de l'épée runique et que ce fut cette même épée, lié au Roi Liche, qui rendit sa folie irréversible, mais je peine à croire qu'il soit suffisamment ingrat et indifférent quant au sort de ses compagnons d'armes pour laisser pour mort son plus fidèle allié et se contente de rentrer au camp seul et se contenter d'un "Muradin est mort" puis passer aussitôt à autre-chose quand justement on lui demande où est passé le nain. Faire comme si la disparition de son ami et mentor ne signifiait rien.
Parce que c'est sûr que pour le coup, il passe de héros tragique faisant des choses horribles pour le bien de son peuple au stade "trou-du-cul" ingrat et je-m'en-foutiste.
Et même l'excuse de Deuillegivre ayant déjà transformé Arthas en connard indifférent au sort de ses compagnons d'armes, je ne l'avale qu'à moitié, vu qu'il a l'épée runique en main que depuis deux minutes et ne s'en ait servi qu'à son retour au camp pour reprendre sa croisade contre Mal'Ganis et le Fléau, ce pourquoi il voulait tant obtenir l'épée. Or l'avertissement indiquait clairement "Comme la lame tranche la chair, le pouvoir balafre l'esprit" insinuant que l'épée runique corrompait l'esprit de son porteur au fur et à mesure que ce dernier en faisait usage.
Et c'est sans compter qu'il n'est devenu aussitôt champion du Fléau, chevalier de la Mort et encore moins qu'il ait aussitôt fusionné avec le Roi Liche, autrement il aurait éradiquer sans propre camp aussitôt qu'il serait rentré de la caverne et aurait facilement approcher Mal'Ganis en entrant simplement dans le camp de morts-vivants comme dans une boulangerie sans engager le moindre combat avec ces derniers.
De plus, on nous informe dans Wrath of the Lich King où Arthas est devenu entretemps le Roi Liche corps et âme, on nous fait comprendre qu'il y a encore une part de bonté en lui, avec pour preuve la cinématique de fin de l'extension où Arthas, vaincu et mourant dans les bras du fantôme de son père en mode "Papa, j'ai peur !". Un autre détail qui me laisse sceptique mais sur lequel je ne vais pas m'étendre — mon article étant suffisamment long pour que je le scinde en deux, donc je vais me calmer.
Toujours est-il que même si étant le Roi Liche corps et âme il y avait une part de bonté qui subsister dans l'esprit d'Arthas, il devrait en avoir assez à l'époque où il n'était qu'un paladin avec une épée runique dans la main depuis pas plus de cinq minutes et n'ayant d'autres préoccupations que de sauver son royaume du Mal qui le rongeait, ne serait-ce que pour ramener à son campement le corps du compagnon d'arme qui l'avait suivi jusqu'au bout, par respect pour sa loyauté. Surtout qu'il est indirectement responsable de sa mort, quoi !
Encore une fois, il n'était encore ni chevalier de la Mort ni au service du Fléau ou complètement soumis à l'influence du Roi Liche, en mode "JE VAIS CHANGER TOUT LE MONDE EN CADAVRE AMBULANT PARCE QUE LA VIE, ÇA CRAINT, QUE LA NON-VIE C'EST TROP COOL !". Pas comme lorsqu'il assassine son propre père à son retour triomphant du Norfendre.
Ce n'est qu'après avoir buté Mal'Ganis avec Deuillegivre qu'il se laissa dominer par l'influence du Roi Liche et qu'il devint un chevalier de la Mort et décida d'éradiquer la vie de transformer ses sujets ainsi que ces anciens compagnons d'armes en morts-vivants.
Mais là encore, tout ça passe... durant la campagne des humains.
Parce que là où Arthas me pose vraiment problème, c'est durant la campagne des morts-vivants (et même après jusqu'à ce qu'il fusionne avec le Roi Liche).
Oh, pas parce qu'il réduit son propre royaume en ruine, qu'il massacre et transforme ce qui était autrefois ses sujets et qu'il avait juré de protéger et servir en morts-vivants, qu'il assiège le royaume elfique de Quel'thalas (se rendant ainsi responsable de la décadence des hauts-elfes rebaptisés par la suite elfes de sang) puis la cité des mages de Dalaran, ou même qu'il se moque du mal qu'il fait autour de lui mais bien parce que tout ce qui faisait d'Arthas un personnage tragique dans la campagne précédente disparaît pour faire place à une tête-à-claque indigne de Joffrey Baratheon de Game of Thrones, de Drago Malefoy de Harry Potter ou je ne sais quel stéréotype de personnage dark-emo-gothique-tourmenté-torturé prétentieux, le genre à se vanter d'être un gros connard tout en démontrant qu'il n'est qu'un abruti à peine pourvu de volonté ou de logique même pour quelqu'un supposé être un connard.
À suivre...
Medivh, c'est fait.
Grommash, c'est fait.
Illidan, c'est fait.
Au tour à présent d'Arthas Mentethil AKA le Roi Liche de Wrath of the Lich King.
Alors, avant qu'on me reproche de rabaisser un autre personnage iconique de la licence pour valoriser des "mauviettes" comme Anduin ou n'importe quel personnage elfes (alors que deux articles plus tôt, je me suis plein d'elfes qui avaient sciemment pactisé avec le Mal, voulaient brûler le monde parce qu'ils n'arrivaient pas à faire leur deuil ou étaient prêts à laisser pour mort leur frère d'armes parce qu'ils étaient pressés d'assouvir leur désir immodéré de vengeance) ou que je fais juste pour attirer des vues, faire mon dissident ou mon anticonformiste genre "t'as vu, chuis trop un rebelle en tapant sur tout ce qui est populaire à aimer", deux-trois petites choses.
Premièrement, avec tous les avis impopulaires que j'ai publié défendu sur ce foutu blog, mon article le plus populaire fait tout juste dans les 450 clics (parce que je n'ai toujours la certitude qu'ils sont lus dans leur intégralité) et c'est à peine si j'ai des retours. Donc si mon but était purement de faire mon intéressant.
Deuxièmement, où est le mal de défendre l'honneur de personnages principalement bashés pour ne pas être aussi cools et badass que ceux que vous adulez ? Surtout quand les personnages que vous adulez tant ont certes un cool design, des armes stylés, une super-force, de super-pouvoirs, mais leurs look, compétences et exploits guerriers mis à part n'ont rien pour eux en tant que personne, limite ceux ne sont que des trous-du-cul tellement imbu d'eux-mêmes et mesquin qui ont davantage mis en danger ou condamné leur entourage qui ne leur ont concrètement sauvé la vie ? Et que ceux que je défend font ce qu'ils peuvent comme ils peuvent pour arranger leur situation ou celle de leur entourage, et dont leu seul reproche qu'on pourraient leur faire est d'être aussi imparfaits, faillibles et vulnérables que vous et moi ?
Troisièmement, désolé si ce que j'écris ne vous convient pas mais que voulez vous que j'y fasse ? Qu'est-ce que j'y peux si j'ai des opinions à moi et que ni vous arrangent pas ? J'assume ! Et puis moi-même, si je gagnais un euro chaque fois j'entendais ou voyais un avis qui me dérangeait sur Internet comme dans la vraie vie, je serais riche !
Concernant Arthas, j'avoue avoir un avis assez mitigé... sur un point en particulier de son histoire.
Pour le reste, je lui reconnais être avec Illidan un des personnages les plus iconiques de licence, notamment en tant que Roi Liche qui en fait une fusion entre Dark Vador et Sauron, allant jusqu'à le considérer comme LE Dark Vador de la licence Warcraft.
Et quitte à aller plus loin en le comparant avec le méchant iconique de la licence Star Wars et l'un des non moins iconiques de l'histoire du cinéma, je suis assez d'accord pour dire qu'il fait un meilleur Anakin Skywalker que l'Anakin Skywalker joué par Hayden Christensen (surtout que Warcraft 3 est sorti la même année que l'Attaque des Clones). En tout cas pour la partie où il était encore paladin — plus précisément durant la campagne des humains dans le jeu et jusqu'au moment où il assassine son propre père. Après et jusqu'au moment où il devient le Roi Liche, c'est là où j'ai plus l'impression que son personnage part en vrille me fait penser qu'il est surestimé sur les bords.
Car concernant la partie dépeinte dans la campagne des humains dans laquelle Arthas était encore un paladin, je le pense sincèrement, je la trouve plutôt bien écrite, que les scénaristes avait plutôt bien dosé le côté tragédie. Mieux que pour Grom qui boit volontairement le sang de Mannoroth et incite ses orcs à en faire de même (alors qu'il sait pertinemment que ce n'est pas la première fois que ça lui arrive) pour par la suite se "racheter" en tuant lui-même le démon et ainsi libérer les orcs de son influence. (Si vous voulez comprendre en quoi je trouve cette partie de l"histoire artificiel, allez voir le précédent article)
Parce que durant la campagne en question, les motivations d'Arthas étaient sincères et compréhensibles. À savoir, sauver son royaume du Mal qui le ronge (la Peste mort-vivante), protéger son peuple du Fléau et du démon Mal'Ganis qui contrôle les morts-vivants pour le compte de la Légion Ardente, quitte à aller combattre le Mal à sa source (le Norfendre). Même lorsqu'il s'empare de Deuillegivre en apprenant qu'elle est maudite,que l'épée pourrait corrompre son esprit, sa préoccupation restait la sûreté de son royaume contre les démons et les morts-vivants.
Arthas : Je subirai avec joie n'importe quel malédiction pour sauver ma terre natale [...] Je donnerai tout ce que j'ai et paierai n'importe quel prix... si seulement vous m'aidez à sauver mon peuple.
(vrais répliques du jeu)
Sûr, on peut déplorer certaines de ces décisions extrêmes et moralement discutables dans sa démarche comme la purge de Stratholme pour commencer, ou le fait qu'il ait dû bruler ces propres navires pour empêcher ses hommes d'être rapatrié quitte à les retenir prisonniers sur les terres gelés du Norfendre, que pour cela il ait dû engager des mercenaires pour ensuite les trahir une fois la besogne terminé et les dénoncer à ses hommes, et donc a dû leur mentir, abuser de leur confiance et de la loyauté.
Mais comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions et la fin justifie les moyens... Plus ou moins.
Et puis, son cas reste plus justifiable et défendable que :
— pactiser sciemment (et pas pour la première fois) avec les démons qu'on a juré de combattre pour qu'en échange ils nous aident à gagner le cœur de celle qu'on aime parce qu'on est trop borné et imbu de soi-même pour assumer que le cœur de cette dernière appartienne déjà à quelqu'un d'autre (Coucou Illidan !),
— s'imprégner toujours aussi sciemment (et toujours pas pour la première fois) de puissances démoniaques pour pouvoir écraser de adversaires nous donnant du fil à retordre... alors qu'on est supposé être un guerrier légendaire, qu'on s'est frotté à plus coriace dans le passé, ainsi que le genre d'énergumène à ne vivre que pour le combat quitte à les provoquer soi-même et même quand elles sont perdus d'avance (Coucou, Grommash !),
— traquer jusqu'au confins du monde une personne au nom de la justice alors que la personne en question a été fait prisonnier puis condamné à l'exil pour ses méfaits et ses crimes, donc la justice a techniquement déjà été rendu, juste parce qu'on est pissé à l'idée que la personne condamné ne soit pas mort ou en quatre murs (Coucou Maiev !),
— vouloir détruire le monde juste parce qu'on arrive pas à faire le deuil d'un être cher (Coucou Fandral !), montrer qu'on en a une plus grosse que les autres (Coucou, Garrosh !) ou juste parce que c'est notre seule raison d'exister (Coucou Aile-de-Mort, Archimonde, Kil'jaeden, Sargeras et les Dieux Très Anciens !)
— risquer le destin du monde juste pour assouvir sa soif de puissance (Coucou tous ceux qui se sont affiliés à la Légion Ardente, au Fléau ou aux Dieux Très Anciens !)
— le simple fait d'être un putain de raciste attendant le moindre prétexte pour condamner à mort tout un peuple fut-il allié de base (et celui auquel je pense, je ne le salue pas, mais son heure arrive bientôt, je peux vous l'assurer !)
— ou je ne sais quoi que Blizzard a prévu pour Sylvanas, si ce n'est de la branlette intellectuelle à tous les coups.
Aussi, il est le Prince du royaume infesté par les morts-vivants et leur Peste, royaume dont il sera un jour le roi. C'est un petit peu son devoir de faire tout ce qui en son pouvoir pour le protéger et de le servir, ça fait un petit peu partie de ses responsabilités et c'est un petit peu dans ses priorités. Et on ne peut décemment pas le lui retirer ça.
Surtout que durant la campagne, il a fait suffisamment fait preuve de dévotion envers son peuple pour qu'on n'ait pas à la remettre en question.
On peut éventuellement remettre en question ses méthodes, certes pas toujours moralement acceptables, mais là encore, on parle d'un monarque. Ça a tendance à faire ce qui lui passe par la tête.
Et puis, je me lance là dans le headcanon, je suis convaincu que même Arthas n'approuvait pas entièrement ses propres actions, qu'il ne les a pas commis de gaieté de cœur et qu'en d'autres circonstances il aurait été le premier à les désapprouver. Surtout pour la purge de Stratholme, événement qui marqua pour Arthas le début de sa descente aux enfers, qui bien que j'en comprenne l'utilité reste une décision dure à prendre. On parle quand même de massacrer des civils, contaminés ou non, avant que la Peste ne les changent en morts-vivants. Il y a bien sûr la quarantaine (qui ironiquement a été demandé au Roi Terenas en début de jeu, que ce dernier rejeta faute de preuve qu'une épidémie ravage ces terres) mais qui aurait sûrement pris du temps ne serait-ce que pour installer les barrières, rassembler des hommes et au mieux n'aurait fait que contenir des morts-vivants jusqu'à ce qu'ils arrivent à forcer la quarantaine.
Toujours est-il que les circonstances ont fait qu'Arthas ne pouvait pas agir autrement et devait en venir aux extrémités s'il voulait mener à bien sa mission. Ça et le fait qu'il soit révélé un peu borné et trop orgueilleux pour accepter l'idée d'abandonner ou d'échouer.
Cela dit, j'ai envie de dire que c'est comme ça que devrait marcher de bonnes tragédies, que c'est se qui distingue le tragique du mélodrame. Que des personnages imparfaits commettent des fautes qui amènera à leur perte mais qui restent dans leur droit, que leur mauvaises actions ou décisions restent légitimes dans leur contexte, plutôt qu'ils accumulent les mauvaises décisions pour des raisons juste absurdes et superficiels même dans leur contexte (voire SURTOUT dans leur contexte) et demandent après qu'on ait pitié d'eux.
Surtout qu'on apprend plus tard dans le jeu que la contamination de Lordaeron et la première invasion du Fléau qui l'accompagnait était en réalité une machination orchestré par le Roi Liche lui-même pour faire amener d'Arthas vers le côté obscur et en faire son champion. On nous dit même qu'il a choisi le prince de Lordaeron bien avant que le Fléau ne voit le jour, c'est dire s'il a une longueur d'avance.
Et ça aussi ça devrait être un truc qui devrait différencier une bonne tragédie d'un mélodrame un deux balles. Quand un protagoniste, toujours agissant dans son droit, tombe dans un piège sans s'en rendre compte (le principe-même du piège, en fait), non pas qu'il y en fonce tête baissée malgré les signes évidents que c'en est un.
Bon OK, dans le cas d'Arthas, il y avait bien l'inscription sur le socle où se tenait Deuillegivre avertissant qui quiconque s'emparerait de l'épée runique aussitôt d'un pouvoir incommensurable qui allait ronger son esprit (comme l'Anneau dans le Seigneur des Anneaux).
Mais ce détail mis à part, rien de concret ne prédisait qu'à son retour du Norfendre, Arthas passerait du noble prince défenseur de Lordaeron à celui que le condamnera, au champion du Fléau, à une sorte de cavalier de l'Apocalypse.
Et même lorsqu'il assassine son père aussitôt rentré du Norfendre et accueilli en héros, ça reste cohérent, si on assume que le Roi Liche, via Deuillegivre, a corrompu et manipulé son esprit déjà bien tourmenté et fragilisé par sa croisade pour sauver son peuple et le fait qu'il se soit senti trahi deux fois par ses proches (la première lorsqu'on contesta son idée de purger une ville de ses hommes, la seconde lorsqu'on ordonna le rapatriement de ses hommes). De la même manière que Palpatine manipule Anakin dans la Revanche des Sith ou que les fantômes de l'hôtel dans The Shining aient corrompu et manipulé l'esprit déjà pas très net de Jack Torrance et l'aient incité à "corriger" sa femme et son propre fils pour rappeler qui était le patron dans la famille.
Parce que c'est sûr que ça aurait été de sa seule et unique initiative, genre il a décidé qu'il "voulait déjà être roi", que son père avait régner suffisamment longtemps pour assumer que c'était à lui de reprendre le flambeau ou encore parce qu'il assumait avoir fait un meilleur boulot que son paternel avec sa croisade contre les morts-vivants et donc ferait un meilleur roi, ça ne l'aurait pas moins fait passer pour un connard qui trucide son propre père pour lui prendre sa place alors que ce dernier l'accueillait à bras ouvert et le félicitait pour son triomphe contre la menace qui sévissait son royaume.
Et ça aurait également été débile parce que tel qu'on nous le montre dans le jeu, il n'est plus tout jeune, le roi Terenas. Soixante-dix ans de règne, selon Uther ! Et je serais pas étonné qu'il commençait à être sénile ou simplement malade durant les événements relatés dans le jeu. On le voit fatigué dans la cinématique où il reçoit la visite de Medivh en pleine audience avec ses conseillers et ambassadeurs. Si le motif d'Arthas était bel et bien la succession au trône comme il laissait entendre en assassinant son paternel... ben vu l'état de ce dernier, il aurait juste à attendre qu'il pousse son dernier souffle, ou simplement qu'il prenne sa retraite et passe le flambeau à son fils (Parce que franchement, pourquoi est-ce qu'il faut obligatoirement que le roi meurt pour qu'il puisse passer le flambeau ? Pourquoi continuerait-il de régner si lui-même n'est plus un état physique ou mentale de gouverner ? Il n'y a donc pas de retraite pour les rois ? Dans ce cas, QUI voudrait être roi si c'est pour travailler dans de tels conditions ?).
Mais bon, du moment où l'on assume qu'Arthas est sous l'influence du Roi Liche, qu'il est passé du côté obscur et parti pour transformer ses sujets en cadavres ambulants (alors qu'il avait mené une croisade pour justement empêcher qu'on leur infligeait un tel sort, "douce" ironie) on peut tout aussi aisément assumer que la raison et le bon sens ne font plus du tout partie de son vocabulaire.
C'est juste dommage qu'après qu'il ait buté Mal'Ganis, on ait pas plus de détails sur son basculement dans le côté obscur, à part le fait qu'il entende la voix du Roi Liche à travers l'épée runique et un écran-texte indiquant qu'il vagabondait dans les terres gelés du Norfendre et avait perdu ce qui restait de sa santé mentale, tourmenté par les voix émanant de l'épée, avant de se décider à rentrer au Norfendre réclamer son dû. Un peu vague comme description des faits.
Il y a juste un passage que j'aurais éventuellement critiqué, c'est quand après avoir pris possesion de Deuillegivre, Arthas ne ramène pas le corps "sans vie" du nain Muradin — et oui, je sais qu'il n'est pas mort, qu'on le retrouve en vie dans Wrath of the Lich King, qu'il a juste perdu la mémoire mais dans Warcraft 3 on assumait qu'il était mort.
Surtout que voilà, Muradin était non seulement son maître d'arme (donc son second mentor avec Uther) mais un de ses plus fidèles alliés, celui qui l'a suivi dans sa "folie" jusque dans la Caverne de Deuillegivre, non sans avoir tenter de lui faire entendre raison ni l'avoir reproché d'avoir menti à ses hommes et trahis les mercenaires que le prince avait lui-même recruté pour brûler ses propres navires, là où Uther et Jaina (pour rappel la petite-copine d'Arthas encore à l'époque) l'avait "lâchement" laissé tomber quand il parla de nettoyer une ville de ses habitants.
J'ai beau savoir qu'il commençait déjà à sombrer dans la folie lorsqu'il s'était emparé de l'épée runique et que ce fut cette même épée, lié au Roi Liche, qui rendit sa folie irréversible, mais je peine à croire qu'il soit suffisamment ingrat et indifférent quant au sort de ses compagnons d'armes pour laisser pour mort son plus fidèle allié et se contente de rentrer au camp seul et se contenter d'un "Muradin est mort" puis passer aussitôt à autre-chose quand justement on lui demande où est passé le nain. Faire comme si la disparition de son ami et mentor ne signifiait rien.
Parce que c'est sûr que pour le coup, il passe de héros tragique faisant des choses horribles pour le bien de son peuple au stade "trou-du-cul" ingrat et je-m'en-foutiste.
Et même l'excuse de Deuillegivre ayant déjà transformé Arthas en connard indifférent au sort de ses compagnons d'armes, je ne l'avale qu'à moitié, vu qu'il a l'épée runique en main que depuis deux minutes et ne s'en ait servi qu'à son retour au camp pour reprendre sa croisade contre Mal'Ganis et le Fléau, ce pourquoi il voulait tant obtenir l'épée. Or l'avertissement indiquait clairement "Comme la lame tranche la chair, le pouvoir balafre l'esprit" insinuant que l'épée runique corrompait l'esprit de son porteur au fur et à mesure que ce dernier en faisait usage.
Et c'est sans compter qu'il n'est devenu aussitôt champion du Fléau, chevalier de la Mort et encore moins qu'il ait aussitôt fusionné avec le Roi Liche, autrement il aurait éradiquer sans propre camp aussitôt qu'il serait rentré de la caverne et aurait facilement approcher Mal'Ganis en entrant simplement dans le camp de morts-vivants comme dans une boulangerie sans engager le moindre combat avec ces derniers.
De plus, on nous informe dans Wrath of the Lich King où Arthas est devenu entretemps le Roi Liche corps et âme, on nous fait comprendre qu'il y a encore une part de bonté en lui, avec pour preuve la cinématique de fin de l'extension où Arthas, vaincu et mourant dans les bras du fantôme de son père en mode "Papa, j'ai peur !". Un autre détail qui me laisse sceptique mais sur lequel je ne vais pas m'étendre — mon article étant suffisamment long pour que je le scinde en deux, donc je vais me calmer.
Toujours est-il que même si étant le Roi Liche corps et âme il y avait une part de bonté qui subsister dans l'esprit d'Arthas, il devrait en avoir assez à l'époque où il n'était qu'un paladin avec une épée runique dans la main depuis pas plus de cinq minutes et n'ayant d'autres préoccupations que de sauver son royaume du Mal qui le rongeait, ne serait-ce que pour ramener à son campement le corps du compagnon d'arme qui l'avait suivi jusqu'au bout, par respect pour sa loyauté. Surtout qu'il est indirectement responsable de sa mort, quoi !
Encore une fois, il n'était encore ni chevalier de la Mort ni au service du Fléau ou complètement soumis à l'influence du Roi Liche, en mode "JE VAIS CHANGER TOUT LE MONDE EN CADAVRE AMBULANT PARCE QUE LA VIE, ÇA CRAINT, QUE LA NON-VIE C'EST TROP COOL !". Pas comme lorsqu'il assassine son propre père à son retour triomphant du Norfendre.
Ce n'est qu'après avoir buté Mal'Ganis avec Deuillegivre qu'il se laissa dominer par l'influence du Roi Liche et qu'il devint un chevalier de la Mort et décida d'éradiquer la vie de transformer ses sujets ainsi que ces anciens compagnons d'armes en morts-vivants.
Mais là encore, tout ça passe... durant la campagne des humains.
Parce que là où Arthas me pose vraiment problème, c'est durant la campagne des morts-vivants (et même après jusqu'à ce qu'il fusionne avec le Roi Liche).
Oh, pas parce qu'il réduit son propre royaume en ruine, qu'il massacre et transforme ce qui était autrefois ses sujets et qu'il avait juré de protéger et servir en morts-vivants, qu'il assiège le royaume elfique de Quel'thalas (se rendant ainsi responsable de la décadence des hauts-elfes rebaptisés par la suite elfes de sang) puis la cité des mages de Dalaran, ou même qu'il se moque du mal qu'il fait autour de lui mais bien parce que tout ce qui faisait d'Arthas un personnage tragique dans la campagne précédente disparaît pour faire place à une tête-à-claque indigne de Joffrey Baratheon de Game of Thrones, de Drago Malefoy de Harry Potter ou je ne sais quel stéréotype de personnage dark-emo-gothique-tourmenté-torturé prétentieux, le genre à se vanter d'être un gros connard tout en démontrant qu'il n'est qu'un abruti à peine pourvu de volonté ou de logique même pour quelqu'un supposé être un connard.
À suivre...


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