Mon avis sur Godzilla de Gareth Edwards
Alors je tiens à préciser que je n'ai vu la version de Gareth Edwards que récemment — même que j'ai attendu de le visionner avant de m'attaquer à la licence — alors que c'est sorti en 2014. Et j'avoue qu'entretemps j'ai vu et lu quelques critiques et qu'elles m'aient un peu influencé. Mais ça ne m'a pas empêché de le visionner dans le but de me faire mon propre avis, sans m'attendre à un chef-d'œuvre mais en espérant pouvoir relativiser les avis les plus mitigés. Et maintenant que je l'ai vu, ben mon avis rejoint un peu ceux de 100Pseudo, du Fossoyeur du film et même l'animation How Godzilla 2014 Should Have Ended (et il se peut que je les paraphrase).
Avant de m'attaquer au film, je voudrais m'attaquer à sa promo. Je sais qu'il ne faut pas juger un film sur sa bande-annonce ou son affiche, que ça revient à juger un livre sur sa couverture, mais je ne peux pas m'empêcher de me mettre à la place des gens qui sont allé le voir au cinéma car ils on été séduits par ses bande-annonces, aux vrais fans cinéphiles qui espéraient une renaissance de leur monstre favoris ,rendant hommage au film original et corrigeant les défauts de la version d'Emmerich, et qui sortent de la salle déçus.
Parce que même moi qui ne suis pas fan de films catastrophe et suis fâché avec la licence à cause du traitement réservé à Zilla dans Final Wars, je trouvais que les bande-annonces et les affiches faisaient envie et promettant un bon film Godzilla digne de l'original sorti 60 ans plus tôt, présentant le personnage-titre comme l'antagoniste principal et comme une réponse de Mère Nature face à la folie et l'arrogance de l'Homme, une sorte d'animalisation des catastrophes naturelles (séismes, tsunamis) engendrés par la pollution et le dérèglement climatique, une sorte de jugement dernier où l'espèce humaines vit ce qui pourrait être ses derniers instants et lutte pour sauver le peu qui lui reste.
Et que nous offre le film au final ? Un Godzilla qui se révèle un sauveur de l'humanité, qui paradoxalement fait personnage secondaire alors qu'il a son nom dans le titre, des espèces insectes géants (qui à mes yeux ont plus un design de créatures aliens que d'insectes préhistoriques) appelés les MUTO pour antagonistes, un combat entre monstres géants dont le humains ne sont même pas concernés et un happy end des plus niais même pour l'inconditionnel de Disney. que je suis. Plus une morale écologique bancale pour des raisons que j'expliquerai plus tard.
Niveau promo, on a eu droit à de la publicité mensongère. Des gens ont eu un procès pour moins que ça.
Quant à l'aspect reboot, je suis désolé mais plus j'y pense plus j'ai l'impression d'avoir vu une suite qu'un reboot digne de ce nom. Une bonne suite, peut-être, mais un très mauvais reboot. Je sais que j'ai dit précédemment qu'il fallait arrêter d'attendre d'un remake ou d'un reboot qu'il recopie plan par plan l'orignal, mais le film d'Edwards s'est vendu comme un hommage au Godzilla original, il aurait pu au moins reprendre l'histoire original dans laquelle Godzilla était le méchant du film, et l'adapter à sa sauce, comme Peter Jackson l'a fait avec King Kong, son film préféré. Là l'histoire fait plus suite de Godzilla que "redémarrage" : un monstre autre que Godzilla fait son apparition et sème la terreur, l'armée est impuissante, des scientifiques font leur hippie en expliquant que c'est du à la folie de l'Homme, d'autres personnage qui ne servent rien à part jouer être témoins, Godzilla (qu'on ne prend même plus la peine de te présenter car avec le temps tu sais qui c'est) intervient pour rappeler au monstre qu'il n'y a que lui qui ait le droit de semer la terreur, un combat de monstres qui se règle au souffle atomique, Godzilla en sort vainqueur et repart là d'où il vient tandis que le public l'acclame.
Ça semble plus s'adresser au fans de Godzilla qu'aux néophytes (ce que devrait faire un reboot), vu que ça ne leur introduit pas Godzilla pas ça était fait dans la version d'Emmerich (je commence à croie que lui avait conscience que son Godzilla n'était pas LE Godzilla auquel les fans étaient habitués). Ça te l'introduit moins bien que les MUTO, ça te l'introduit même maladroitement, de manière brève par une réplique de Ken Watanabe comme un épisode précédent.
Mais mis à part toute cette publicité mensongère, qu'en est-il du film en lui-même ? Ben il y a des qualités, et je serais de mauvaise foi si je prétendait le contraire. La première demi-heure avec le personnage de Bryan Cranston qui enquête sur les véritables circonstances de la mort de sa femme (jouée par Juliette Binoche) dans une centrale nucléaire et le côté mystère qui nous amène à l'introduction des MUTO, la présence de certains acteurs qui de ce que j'ai lu ont un bon CV (et mention spéciale à Bryan Cranston qui pour moi sera toujours le père de Malcolm de la série du même nom), les monstres dont l'image de synthèse n'est pas trop mal, il faut le reconnaître, la scène de saut HALO des superbes images, voire une superbe ambiance apocalyptique, l'idée de filmer les monstres du point de vue des humains pour qu'on sente leur gigantisme (ce qu'on devrait faire dans tous les films de kaijus, d'ailleurs) et le cri de Godzilla qui te cale dans ton siège rien qu'en l'écoutant.
Et c'est tout. Ce sont toutes les qualités que je reconnais aux films.
Parce qu'il y en a des défauts. La plupart entachant même quelque unes des qualités que je viens d'énumérer, allant même jusqu'à les saboter.
Comme par exemple Bryan Cranston... qui meurt dans la première demi-heure. Et on l'oublie très vite après, et avec tout ce que le film avait mis en place autour de son personnage, le fait qu'il soit ravagé par la perte de sa femme dans la centrale où ils travaillaient, ses recherches afin de connaître la vérité sur ce qui s'était passé ce jour-là, le fait que son obsession l'ait quelque peu éloigné de son fils, joué par Aaron Taylor-Johnson, qui lui a su passé faire son deuil et s'est fondé une famille entretemps. Le reste du film se résumant à "détruisant les MUTO en utilisant une bombe nucléaire comme appât" puis "finalement laissons Godzilla nous débarrasser des MUTO et profitons en pour récupérer la bombe et la faire exploser le plus loin possible de la ville".
Franchement, c'était bien la peine de le mettre autant en avant si c'est pour s'en débarrasser et faire comme si c'était un personnage anecdotique. Pire ça fait de sa première demi-heure... un prologue.
Même l'acteur était déçu de ce mauvais timing, estimant que sa mort aurait du intervenir plus tard pour selon lui "faciliter le processus de réconciliation avec son fils".
Donc voilà, on se retrouve avec son fils, le énième héros militaire américain, sa femme infirmière, son fils, un chercheur joué par Ken Watanabe (le spécialiste en Godzilla), son assistante et deux-trois militaires lambdas. En clair, que des personnages plats et peu mémorables, qui se démarquent à peine. — qui font d'ailleurs que le film souffre de longueurs.
J'en ai vu qui reprochaient aux personnages, ainsi qu'à l'histoire d'être clichés. Moi qui défends des œuvres coupables de ne pas être originales et qui maintient qu'on peu faire une histoire décente avec des trucs vu et revus pour base, je dirais que le vrais problème n'est pas tant que les personnages soient clichés, c'est que les cinéastes n'ont font rien, ils n'essaient même pas de les développer ou de les rendre attachants. Juste des personnages témoins d'un combat de monstres qui ne les concernent pas du tout à la base. Ce qui fait qu'on a du mal à se soucier de ce qui pourrait leur arriver.
Et j'en ai vu d'autres qui reprochaient le côté familiale du film. Moi ça ne me dérange pas tant que ça, j'estime au contraire que que de faire du personnage d'Aaron Taylor-Johnson un père de famille qui risque sa vie pour sauver sa famille en aurait un personnage plus intéressants et avec une motivation plus défendable que le énième soldat prêt à mourir pour sa patrie — qui oubliera son nom aussitôt. Le problème c'est que la famille de Taylor-Johnson est trop mise en retrait dans l'histoire et pas assez exposée au danger pour qu'on s'en soucie. C'est tout juste s'ils croisent Godzilla une seconde pour ensuite se mettent à l'abri (en passant le Golden Gate Bridge ou en se réfugiant dans une station de métro) et attendre tranquillement que ça se calme pour les retrouvailles. Et pourtant c'est pourtant bien là où ils vivent, la ville de San Francisco, qu'aura lieu l'affrontement final.
Et le personnage de Watanabe... Je n'ai rien contre l'acteur mais qu'est-ce que son personnage est soûlant. Avec sa moral de hippie comme quoi l'homme croit contrôler la nature alors qu'il n'en est rien (message qui, j'insiste là-dessus, était plus efficace dans Jurassic Park) qui arrive comme un cheveux sur la soupe et sonne faux — preuve qu'il s'agissait d'une phrase d'accroche qu'une vrai réplique. C'est le genre de personnage qui ferait grincer des dents Nicolas Hulot ou Jean Michel Cousteau.
Et aussi quand il insiste sur le fait que Godzilla pour restaurer l'équilibre, qu'il pourrait sauver l'humanité des MUTO et qu'on devrait les laisser s'affronter. Merci, Watanabe, de confirmer que ce film n'est qu'un énième combat de monstres dont vous n'êtes que des personnages témoins et que vous ne servez à rien.
*sarcastique* Parce que quand tu vas voir un film où il y a "Godzilla" dans le titre ce n'est pour ces personnages — non, les protagonistes qui essaient de survivre à des attaques de monstres géants ou de sauver leur ville et que toi en tant que spectateur t'es censé suivre, tu t'en fiches ! Si tu regardes un film Godzilla, c'est pour celui qui a son nom dans le titre, pour le voir faire ce qu'il fait depuis 1954 à savoir tout casser et botter des culs à ceux qui voudraient lui piquer son rôle. Ai-je besoin de ré-expliquer pourquoi j'ai plus l'impression de voir une suite de Godzilla et non un reboot ?
Après ce n'est pas forcément une mauvaise chose qu'on ait des personnages témoins pour protagonistes, et ça peut apporter un angle de vue intéressant dans le cas d'une attaque de monstre géant. Le souci, c'est qu'à la fin, on a trop l'impression de faire partie du décor et d'assister à un combat de monstre qui ne nous concerne pas, donc on a du mal à s'investir.
Bon assez parler des personnages humains. Parlons des monstres. A commencer par les MUTO ("Massive Unidentified Terrestrial Organism").
Leur design est plutôt cool, je dois le reconnaître, même si comme je l'ai dit plus haut, j'ai plus l'impression d'avoir affaire à des créatures aliens qu'à des insectes préhistoriques (m'enfin ce n'est que mon avis). quant à leur rôles, ils me rappellent le Godzilla d'Emmerich. Je veux dire ils ont sont être les antagonistes principaux du film et être une menace pour l'humanité, leur but est le même que celui de Zilla, à savoir pondre leurs œufs. Œufs qui sont d'ailleurs détruits par le protagoniste. Je commence à croire que dans l'univers des kaijus, on est injustes avec ceux qui veulent juste vivre et assurer la survie de leur espèces alors qu'on laisse vivre ceux qui font autant de dégâts et dont la motivation et de prouver qu'ils sont les plus forts. Du darwinisme pur et dur. Si t'es pas assez fort, tu ne mérites pas de vivre.
Et c'est Godzilla est supposé être le gentil ? Lui qui se fiche royalement des humains et qui s'en prend au MUTO sous prétexte d'être le prédateur alpha alors qu'ils se contentent de les tuer pour rester le numéro 1 des monstres ? Parce que vu sous cet angle, il n'y aurait pas les humains qui subissent leur forces destructrices, je serais plutôt du côté des MUTO dans le combat de monstres — surtout quand je les vois se faire des mamours ou leur réaction quand ils voient leur nid se faire exploser.
Et tiens ! Parlons en de Godzilla. Décidément le plus gros défaut du film (sans mauvais jeu de mot) malgré son design proche de l'original, son cri et ses entrées en scène. Parce que comme je l'ai dit plus haut, pour un personnage qui a son nom dans le titre et dont le film présente comme le héros du film (contrairement à sa promesse), il ait mis en retrait et fait plus personnage secondaire. Il est moins bien introduit et moins présent à l'écran que les MUTO. Il n'est mentionné qu'après la première demi-heure, autrement dit après qu'on ce soit débarrassé du seul personnage intéressant du film — quand je vous dit que cette première demi-heure fait prologue au vrai film.
Bordel, Beetlejuice et le Batman de Tim Burton sont mieux mis en avant dans leur film respectif ! Pareil pour Totoro et Princesse Mononoké !
Bien que ses entrées en scène soient sympas, ces scènes à lui sont mal découpés et s'interrompt de manière trop brutal, comme un mauvais cliffhanger. Prenons un exemple son arrivé à Hawaï, on a un tsunami qui annonce son approche, puis un plan sur son poitrail éclairé par des fusée de détresse, puis un autre sur sa plan entrant dans le champs dans l'aéroport en train d'être saccagé par le MUTO mâle, puis un travelling vertical qui nous montre enfin le monstre des pieds à la tête, se terminant par son puissant cri, s'apprêtant à affronter le MUTO mâle, et.... COUPEZ ! Scène suivante sur le gamin de Taylor Johnson devant la télé en train de diffuser des brides du combat entre Godzilla et le MUTO que tu ne verras jamais.
Et c'est comme ça dans ses scènes suivantes. On te refait le coup du "on montre peu la bête avant de te la révéler complètement" pour la scène du Golden Gate Bridge et de son arrivé à San Francisco, et on coupe ses scènes dès qu'elles commencent à être intéressantes.
Et vient le combat entre Godzilla et les MUTO... qui aurait pu être super si c'était mieux gérer niveaux montage et si ça ne déroulait dans des scènes de nuit réalistes. Vous savez, ce genre de scène tellement sombre et avec tellement peu de lumière que tu peines à voir ce qui se passe à l'écran. Ce genre de scène qui te fait regretter les nuits américaines. Quant au problème de montage, je vous jure, plus j'y pense et plus j'ai l'impression que des scènes ont été supprimés, des scènes importantes pour qu'on suive le combat.
Je vous donne un exemple, une fois arrivé à San Francisco, Godzilla (ré)engage avec le MUTO mâle le combat qu'ils avaient laissé en suspens à Hawaï. Lors de la scène de chute en parachute qui suit, on les voit en plein combat. Puis quelques minutes plus tard, on revoit Godzilla sortir de la brume pour engager le combat cette fois avec la femelle MUTO, et aucune trace du mâle... qui revient d'on ne sais-où pour soutenir sa partenaire. Qu'est ce qui lui est arrivé entretemps ? On ne saura jamais.
Et je ne parlerai pas des deux-trois fois où on voit Godzilla en difficulté ou à terre, limite laissé pour mort ou assommé par le combat, et à la scène suivante, il est debout et d'attaque, comme si de rien n'était. Et avec tout ce qu'il se prend durant les combats, soit il se rétablit très vite, soit il jouait la comédie pour mieux surprendre ses adversaires (le coup du "Je l'ai fait exprès de dire que j'étais mort").
Et le final... Là j'avais vraiment l'impression que le film se foutait de moi. Godzilla se relève une nouvelle fois (et toujours hors-champs, alors que ça aurait été sympa de le voir se réveiller pour le final), quitte la ville comme si de rien n'était pour regagner l'océan et la foule et à la limite de l'acclamer... alors qu'il a ravagé une bonne partie de San Francisco lors de son combat contre les MUTO.
Ça me fait pensé aux débats autour de Man of Steel. J'en entends qui reprochent à Superman d'avoir détruit Métropolis, une ville fictive, alors que d'après ces défenseurs, ce serait plutôt Zod le véritable destructeur, qui aurait commis le plus gros des dégâts (et dont il avait l'intention de toutes façons), et que Superman ne serait coupable que de ne pas avoir su empêcher la destruction d'une ville qu'il devait sauver. Alors comment ça se fait que personne ne reproche à Godzilla d'avoir saccagé une bonne partie de San Francisco qui elle est une ville réelle ? Et sans parler du tsunami à Hawaï qu'il a provoqué en débarquant sur l'île.
Toujours à propos de Man of Steel, de ce que j'ai compris, un la fin du film, Superman se voit considéré comme une menace pour l'humanité suite à la destruction de Métropolis parce qu'il aurait les mêmes pouvoirs de destructions de Zod (mais serait moins expérimenté que ce dernier), ce qui collait avec l'atmosphère de l'Amérique post-11 septembre. Alors pourquoi dans le Godzilla de Gareth Edwards, on acclame Godzilla alors qu'il représente autant une menace pour l'humanité (si ce n'est plus) que les MUTO ? Parce qu'ils nous a débarrassé de ce dernier ? Alors pourquoi reproche-t-on aussi à Superman d'avoir tué Zod pour sauver des innocents ?
Je fait mention de ses débats autour de Man of Steel parce qu'en comparant ça avec le final du Godzilla Gareth Edwards, j'ai vraiment l'impression d'avoir affaire à des hypocrites. Même le non-fan de Superman que je suis soutiendrait davantage le super-héros à la cape rouge que l'espèce de dinosaure cracheur de souffle atomique. Parce que Superman, fut-il coupable de dégâts matérielles qu'il voulait empêcher de meurtres de criminels super-dangereux qu'il en pouvait pas arrêter autrement, est plus digne du titre de héros que Godzilla qui récidive à détruire des villes et à provoquer des catastrophes, qui a autant de considérations pour les humains que pour des cafards et botte le cul de ses adversaires juste pour rester numéro 1.
En plus, voir Superman confronté à ses limites, ses erreurs et ses échecs attise plus mon intérêt le super-héros et ma sympathie pour le personnage.
Donc voilà, c'était mon avis sur le Godzilla de Gareth Edwards. Et je suis désolé si vous avez aimé le film, mais je ne peux pas être plus positif. Entre la publicité mensongère, de bonnes intentions et de bonnes idées qui sont au final mal exploités et réduits à des prétextes pour un énième combat de monstres géants et le fait que ça ait plus l'air d'une énième suite de Godzilla qu'un reboot, je ne peux que trouver ce film moyen. Et encore, je suis gentil.
Normalement je ne donne pas de notes au trucs que je critique (je trouve ça trop prétentieux de ma part et de tout façon, je ne suis pas assez expérimenté pour savoir noter), mais franchement, je ne lui donnerai même pas la moyenne.

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