Pourquoi je n'accroche pas Godzilla (non-critique)
Je sens que je vais me faire assassiner avec cet article, et plus ou moins à juste titre. Et je dois avouer que j'ai longuement hésiter à aborder le sujet. Sachez que je ne fais pas ça pour faire mon intéressant ou mon rebelle, que ça m'énerve autant que vous qu'un abruti défonce quelque chose que vous adulez et que je n'adhère pas à la rhétorique "C'est nul parce que c'est populaire !" — rhétorique de snob, qui plus est, et qui serait hypocrite de ma part. Mais au bout d'un moment, il faut que ça sorte, quitte à heurter certains fans et à me faire des ennemis.
Pour tout vous dire, à l'heure actuelle, je n'ai vu que trois films sur Godzilla : l'original de 1954 réalisé par Ishirô Honda la version de 1998 par Roland Emmerich et celle de 2014 par Gareth Edwards — d'ailleurs, j'ai attendu de visionné ce denier avant de commencer cet article et dans l'éventualité d'une critique. Le reste de la licence, je n'en ai vu que des extraits éparpillés sur le Web et des critiques sur le site Nanarland. Et avant qu'on me reproche de critiquer une licence en ne me basant que sur des extraits, sachez que 1) je ne critique que ce que j'ai lu et vu, 2) je l'assume, et si il y a des éléments qui m'ont échappé, j'aimerais qu'on m'explique, 3) je rappelle qu'on est à l'époque d'Internet et que donc ça ne coûte rien de faire des recherches et se renseigner un minimum, et 4) il m'est arrivé d'accrocher des sagas ou des séries que je ne pensais pas du tout aimer après n'en avoir vu que des extraits
Donc oui, je ne suis pas du tout un fan de Godzilla. Pour vous dire à quel point je suis dans l'embarras avec ce dinosaure, des trois films que j'ai vu et mentionné plus haut, le seul que j'apprécie... c'est celui que tout le monde déteste ou trouve populaire de détester. À savoir celui de 98. Ne me blâmez pas, c'est avec cette version du monstre que j'ai grandi.
Mais ce n'est pas pour autant que j'insinue que Godzilla n'aurait jamais dû voir le jour où que l'original soit tout pourri. Au contraire, je reconnais le succès du premier Godzilla — de ce film-là en tout cas, dont mon principal reproche, et ce comme pour n'importe quel film sorti a la même époque ou antérieur, serait d'avoir mal vieilli.
Je reconnais la référence à Hiroshima, notamment avec la destruction de Tokyo (pour rappel le film original est japonais et se passe au Japon), aux armes nucléaires et aux ravages qu'ils provoquent (encore pour rappel, le monstre est réveillé et/ou muté par les essais nucléaires faits dans le Pacifique).
Et j'aime particulièrement le rôle du scientifique qui a mis au point le l'arme ultime contre l'indestructible Godzilla, tient à la garder secrète car conscient des conséquences que cela aurait sur le monde si cet arme était utilisée à des fins militaires, puis accepte de l'utiliser sur le monstre pour venger les millions de morts causés par le monstre radioactif. Il va jusqu'à détruire ses recherches pour s'assurer qu'elles ne soient jamais utilisées à des fins malhonnête, et ce sacrifier en restant sur place quand il actionne elle destructeur d'oxygène destiné au monstre. Notez bien ce sacrifice !
Et j'aime bien aussi l'idée que Godzilla soit le fruit de la folie de l'Homme, comme une sorte de frankestein, ou une réponse de la nature face à ladite folie (ce qu'avait promis le reboot de 2014).
J'aurais même aimé, que ce soit dans l'original ou dans les remake/reboot, qu'on exploite, si ce n'est davantage et un peu mieux, le dilemme entre abattre le monstre parce qu'il est incontrôlable et représente une menace pour la population, pour l'humanité et peut-être pour l'écosystème, ou le laisser en vie pour pouvoir l'étudier et/ou parce que c'est le dernier ou le seul représentant de son espèce.
Juste dommage que le coup du dilemme soit à peine exploiter dans le film original, trop peu à mon goût. Et ça aurait dû figurer dans la version d'Emmerich.
Comme quoi je lui reconnais du potentiel.
Seulement voilà, autant je comprends le succès du premier Godzilla et y voit su potentiel, autant je ne comprends pas l'engouement pour les films qui ont suivis et de ce que je voit semble gâcher ce potentiel pour des catch entrés monstres et plus de destructions de villes.
Rien que le fait qu'on ait eu une suite ruine un peu la fin du film original, en rendant le sacrifice du scientifique inutile. Pour rappel, Godzilla meurt à la fin du film original, tué par le destructeur d'oxygène mis au point par le scientifique quoi s'est sacrifié et brûlé ses notes de recherches pour que cet arme ne soit pas utilisé à des fins militaires. La bête morte, un paléontologue-zoologiste laisse entendre que Godzilla n'était peu-être pas le seul de son espèce et qu'un autre fera son apparition si on continue les essais nucléaires continuent.
Un an plus tard, comme pour confirmer ses prédictions, sort le Retour de Godzilla, et voilà qu'un autre Godzilla apparaît. Et parce qu'un dinosaure radioactif et assez immense pour balayer une ville au passage n'est pas suffisant, il en arrive un autre, Anguirus, qui me rappelle un peu Bowser des jeux Mario. C'était vraiment la peine de faire disparaître le scientifique avec son arme et ses recherches pour qu'on en ait plus que jamais besoin par la suite.
Et vous m'excusez de critiquer un film en ne me basant que sur des extraits mais quand je vois le combat entre Godzilla et Anguirus sur Youtube, déjà je ne peux m'empêcher au combat de dinosaures dans Fantasia, mais rien qu'à la manière dont c'est filmé, ça pue la merde. Je m'explique ! Dans le film original, le monstre était filmé au ralenti, ce qui lui donnait une impression gigantisme et de lourdeur assez convaincant pour l'époque. Ce qui n'est pas le cas dans cette suite et ça donne trop l'impression que les monstres ont été filmé en accéléré. Pire on perd cet effet de gigantisme et de réalisme.
Puis vint la couleur, ce qui n'arrange pas les effets spéciaux car ça finit par se voir que les monstres sont des costumes en latex et qu'ils détruisent plus des maquettes que du vrai décor. Et on fait s'affronter King Kong et Godzilla. Sur le papier, ça fait rêver, le singe géant contre le dinosaure radioactif, le monstre du cinéma américain contre le monstre du cinéma japonais, l'Amérique contre le Japon. Mais concrètement, on s'aperçoit que le combat est inégale — Godzilla faisant au minimum 50 mètres de hauts, résiste à tout même à l'armée japonaise ou ou les linges à haute-tension et sait cracher un rayon comique là où Kong fait dans les 6-8 mètres, sait au mieux venir à bout d'un T-Rex et se fait abattre par des avions militaires. Ce qui fait qu'ils ont du tricher, pour équilibrer le combat, quitte à augmenter la taille du gorille et lui donner la faculté d'absorber la foudre et rendre Godzilla vulnérable à l'électricité. Alors que dans le premier film on le voit venir à bout des pylônes de lignes à haute-tension supposés l'arrêter.
Et pour ce qui est du scénario, à en croire le site Nanarland, le singe géant aurait été amené au Japon non pour affronter le dinosaure déjà en train de ravager le pays (encore) mais pour faire de la pub pour une compagnie pharmaceutique. En clair, un monstre géant sème la terreur et la destruction dans un pays à l'après-guerre et on en amène un autre à des fins médiatiques parce que certains ne pensent qu'aux affaires. Il y en a qui doivent impérativement revoir leur priorités.
Et j'en profite pour lancer un coup de gueule. Comment ça se fait que tout le monde se plaigne du re-design de Godzilla dans la version d'Emmerich et du fait qu'il soit en synthèse plutôt qu'en latex mais que personne ne se soit offusqué de la refonte du singe géant pour King Kong vs Godzilla. Autant j'excuse le fait qu'ils en ait fait un costume au lieu de reprendre la figurine animé en stop motion du film orignal, mais putain qu'il est moche ! Tellement mioche qu'ils ont pris la version de 1976 (plus réaliste) pour la jaquette du DVD américain, alors que dans le film il ressemble à une vieille peluche rapiécé de gorille, inexpressif et moins crédible que le King Kong original, qui je le rappelle est une marionnette animé image par image. Là il fait plus costume d'Halloween que vrai singe géant.
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| Sérieusement, vous le trouvez beau à voir ? Même pour un singe géant ? |
Aussi voir le singe géant transporté par l'armée avec des ballons gonflés à l'hélium avant l'affrontement final, c'est joli à voir dans Là-haut avec la petite maison du vieux, là avec un singe géant ça fait ridicule.
Et j'adore les scènes ajoutés dans la version américaine apportant une explication scientifique quant à l'affrontement entre les deux montres : les singes étant plus intelligents que les reptiles, cela en fait des ennemis naturels. En clair ils se battent et sont prêt à s'entretuer parce que l'un est plus intelligent que l'autre. Parce que l'un a un cerveau plus fors que l'autre. Vraiment ? Ils ne pouvaient pas se contenter de dire qu'ils ne sont pas copains ou que l'un est le prédateur de l'autre, alors de faire du pseudo-scientifique ?
Tout ça pour finir sur un combat de catch entre les deux icônes du cinéma, dont on ne sait même pas qui est le vainqueur, genre le scénariste et les producteurs n'en avaient rien à foutre du moment qu'on ait deux monstres qui s'affrontent. Et ce film fut un succès commercial à l'époque.
Puis après on fait affronter Godzilla contre Mothra, un papillon géant et secondé par deux petites fées (WTF ???), puis Rodan, le ptérodactyle géant (après tout pourquoi pas ?), ainsi que Ghidorah, un dragon à trois têtes venus de l'espace. Et à partir, Godzilla passe de porteur de destruction à protecteur de l'humanité — ou est présenté ainsi de manière alternative, on en fait même un héros pour enfants, on le fait adopté Minilla dans le Fils de Godzilla, et le fait faire équipe avec d'anciens adversaires dont Anguirus (au passage, il ne l'avait pas tué dans le Retour de Godzilla ?) ou avec d'autres kaijus (monstres géants de films japonais pour les néophytes) inédits pour le fait affronter d'autres kaijus aux design aussi kitsch les uns que les autres — dont un clone venus de l'espace(Space Godzilla) et une version robot (Mechagodzilla) — d'origine extra-terrestres, préhistoriques ou issu de radiations atomiques (encore), de la pollution ou de dérives et d'irresponsabilités de scientifiques — comme Biollante qui à en croire le résumé de Godzilla vs Biollante, serait la création d'un chercheur ayant mélangé les cellules d'une rose serait la réincarnation de sa fille décédée et était sur le point de mourrir avec celles de Godzilla. Cellules destinées à créer une arme bactériologique. Qu'il soit affecté par la perte de sa fille je veux bien comprendre mais vous m'excuserez, je me demande comment il a eu son diplôme. Aussi, s'il est à ce point chagriné, il devrait se retenir d'utiliser le peu de souvenir qui reste de sa fille décédée comme cobaye pour ses expériences et ses recherches, surtout si c'est pour en faire un monstre.
Et aussi, on fait faire à Godzilla des cascades physiquement impossibles pour un dinosaure de 50 mètres et de 20 000 tonnes minimum (comme tenir sur sa queue à l'horizontal et glisser les pieds en avant) et irréalistes pour un dinosaure encore vivant et radioactif (comme voler à reculons avec le souffle atomique comme propulseur) et ce sur du banjo ou de la fanfare.
Là j'espère que vous comprenez pourquoi je n'accroche pas la licence Godzilla. Que vous en soyez fan, tant mieux, que ce soit une question de goûts, je veux bien le reconnaître, qu'il y ait des bons côtés que j'aurais occulté, c'est pas impossible, mais comment voulez vous que je m'investisse dans une saga visant les 30 films avec un personnage titre qui change de rôle et de personnalité (pour peu qu'il en ait) et passant du gentil au méchant quand ça arrange les scénaristes, un ton qui alterne entre film d'horreur-catastrophe sérieux et programme pour enfants, un univers aussi bordélique et qui en plus de ça s'assoit sur le message du premier film.
Non sérieusement, faire de Godzilla l'allégorie des armes nucléaire et de la destruction, rappelant au public japonais le bombardement d'Hiroshima, pour en faire un gentil défenseur du Japon et de la Terre, c'est un peu comme dénoncer la libre circulation des armes à feu dans certains pays, la pollution ou la Shoah pour finalement les approuver.
Quand je pense qu'on est légion à se plaindre des suites Disney ou celles de Shrek, de l'Age de Glace ou des films de Don Bluth, de la saga Transformers de Michael Bay, du dernier Die Hard ou du dernier Terminator mais qu'il y en ait si peu qui admettent que la licence Godzilla a connu des bouses bien avant le remake d'Emmerich.
Sans parler de toutes ces thématiques autour de la pollution, de l'usage des armes nucléaire et de la folie de l'Homme qui font moins thèmes chers aux cinéastes que prétextes pour un match de catch entre kaijus. Et je peux vous citer deux-trois blockbusters qui exploitent mieux ces thématiques sans négliger pour autant le côté spectacle.
J'ai déjà du mal à accrocher les James Bond et les super-héros en général alors qu'ils ont généralement un univers et un personnage-titre plus consistants et un scénario plus intelligent et plus crédible. Et je dis ça alors que j'ai moins de problème avec les Tortues Ninja qui ont aussi un univers perché, un ton qui selon les versions est soit dark soit enfantin et qui pourtant a plus de consistance avec son univers et ses personnages, avec lesquels on s'investit plus facilement.
Et j'oubliais de parler du design de Minilla, le (premier) fils de Godzilla : sérieusement, C'EST QUOI CETTE HORREUR ?! Autant Godzilla Junior, l'autre fils de Godzilla, il a un design correct (quoi qu'il fasse un peu Casimir dans Godzilla vs Space Godzilla), autant Minilla il est plus moche que le King Kong de King Kong vs Godzilla. Il en est même repoussant Voyez par vous-même !
Et c'est supposé être un personnage aussi attendrissant à voir que Bambi ou Dumbo ? Assez pour justifier qu'on fasse un film intitulé le Fils de Godzilla, destiné au jeune public et montrant Godzilla comme un "gentil papa" ? Et ce avec sa tronche qui semble vouloir dire "Achevez moi s'il vous plaît !!! ". Qu'il soit pleurnichard et faiblard c'est excusable, après tout ce n'est qu'un bébé et il sort de l'œuf, même si ça le rend moins mignon qu'insupportable, mais putain qu'est ce qu'il est disgracieux. Il fait passer Quasimodo du Bossu de Notre-Dame et Sinok des Goonies pour Georges Clooney et Brad Pitt alors qu'ils sont supposés être repoussants. Là on dirait un concept rejeté d'un programme pour enfants, genre l'Île aux enfants, parce qu'il faisait pleurer le public cible-test.
Et on reproche aux bébés Godzilla de la version d'Emmerich de ressembler aux raptors de Jurassic Park. Ça ne devrait même pas être un reproche, bordel ! En plus ils sont cools les raptors de Jurassic Park alors autant les prendre comme références.



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