Les happy end et la mort du protagoniste

Pas tant un reproche ou une critique qu'une remarque mais encore trop répété à mon goût, comme quoi les films Disney se terminent toujours bien. Ce qui est vrai, certes... si l'on excepte Pocahontas (et encore ce n'est rein à côté de l'histoire originale, croyez moi) et quelques courts-métrages comme Education for Death (dénonçant l'aveuglement de l'Allemagne nazi) et le Chicken Little de 1943 qui a le même contexte que le précédent et qui se termine sur le triomphe du méchant, un renard.

Et il est vrai que c'est une tendance dans les films hollywoodien, pas seulement les Disney.
Mais est-ce pour autant une mauvaise chose ? J'ai envie de dire non.
Oui, tout le monde n'aime pas les happy-end, après tout chacun ses goûts. Mais petit scoop, tout le monde n'aime pas non plus les fins malheureuses. Ce n'est pas parce que nos goûts sont différents qu'ils faut passer d'un extrême à l'autre, bordel !
Parce que oui, il existe aussi des gens qui ne sont pas fans des fins tragiques et pessimistes, qui préfèrent plus de merveilleux et d'optimisme dans les films qu'ils regardent ou le livres qu'ils lisent. Pour tout vous dire, JE fais partie de ces gens là et la dernière chose dont j'ai besoin c'est qu'un film ou un livre me rappelle que je suis un raté, que mes projets sont voués à l'échec, que je suis voué à l'échec même avec la meilleur volonté du monde, que je ne suis en sécurité nulle part, que je ne peux me fier à personne même pas à ma famille, que le monde dont lequel je vis est pourri et de toutes façon condamné. Parce que là, autant m'inciter au suicide.

C'est la raison qui me pousse à écrire cet article, pour faire comprendre aux anti-happy end/pro-fin tragique que ce n'est pas parce qu'on s'éloigne de la tendance que ça veut dire que c'est mieux que la tendance. Au mieux, c'est juste s'éloigner d'un style pour en suivre un autre.
Une fin tragique n'est pas mieux qu'un happy-end, elle est juste différente. Ce qui fait qu'une fin est meilleure qu'une autre est son exploitation la manière dont elle conclut l'histoire, dont elle dénoue l'intrigue, le fait qu'elle soit satisfaisante ou pas. Une fin tragique mal exploitée sera de toute aussi mauvais goût qu'un mauvais happy-end.
Sachez aussi qu'un happy-end ne veut pas forcément dire que l'histoire tourne à l'avantage du ou des protagoniste(s) et au final tout le monde est heureux tout le monde est content. Il arrive que le happy-end ne soit que partiel et cache une fin moins joyeuse (comme la fin du Seigneur des Anneaux où même après avoir détruit l'anneau et sauvé la Terre du Milieu, Frodo doit tout de même quitter les siens et s'en aller vers les terres immortelles). Ou encore que le happy-end ne soit qu'un message positif derrière une fin moins joyeuse.

Et je vous le demande : Pourquoi un happy-end serait par définition niais ? Du moment qu'elle apporte une conclut l'histoire de manière satisfaisante.
Prenons les Disney. À part les deux-trois que j'ai cités plus haut, oui, les films Disney se terminent bien. Seulement, il a été convenu dans un précédent article que Disney était tout public, "pour les gosses" selon certains. Il est donc préférable de montrer aux gosses une fin qui leur apporte un peu d'optimisme à leur enfance, âme si c'est dérisoire, plutôt qu'une autre qui leur en enlève. Aussi, j'ai évoqué dans l'article en question que contrairement à ce qu'on croit, les Disney ne sont pas aussi inoffensif et enfantin que trois-quarts premier Don Bluth, que si on retirait le côté comédie musicale, rêves se réalisant par magie et personnages rigolos, les histoires sont tout de suite moins drôles. Donc une fin heureuse serait plutôt le bienvenue, ne serait-ce que pour conclure sur une note positive et rassurante.
Il en va de même pour Harry Potter, beaucoup critiquent l'épilogue où l'on voit Harry et ses amis parents, accompagnant leurs enfants à la gare de King's Cross. Moi je considère cette épilogue comme une récompense pour les protagonistes après tout ce qu'ils ont traversé dans le dernier opus (qui je le rappelle, est le plus poignant de la saga avec tous ses personnages qui meurent).

Et oui, il y a des anti-happy end/pro-fin tragique. J'en ai croisé deux ou trois dans ma vie. Il y en a même qui préfèrent quand le personnage principal meure, sous prétexte de marquer le spectateur et de se vouloir plus intelligent.

Ce à quoi je réponds, non ! Ce n'est pas comme ça que marche une fiction, et je dis ça alors que je ne suis même pas un professionnel ! Ce n'est pas parce que vous faîtes mourir le personnage principal que votre histoire sera obligatoirement plus intelligente, et encore moins si vous le faîtes gratuitement ! Que vous ayez l'intention de faire mourir votre protagoniste, soit, que vous voulez faire une fin tragique, soit, mais par pitié, faîtes le intelligemment !
Et ne le faîtes pas non plus juste pour vous démarquer ou pur marquer votre public ! Parce que ne croyez pas que c'est original de faire un fin tragique ou de tuer le personnage principal. Ça date au moins de l'invention des tragédies grecques !
Aussi, évidemment  que ça va marquer le public si vous faîtes mourir le protagoniste ! Parce que si vous faîtes bien votre travail d'écrivain, de romancier ou de scénariste et que vous ayez un minimum de compréhension vis à vis du public, vous devrez comprendre que si le public est marqué par la mort de votre protagoniste, c'est souvent parce que le public ne veut pas que le protagoniste meurt ! Encore moins s'ils sont investi dans ce personnage, s'ils s'y identifient ou simplement s'il s'y attachent.   Parce que ça, c'est le minimum de ce que le public attend. Autrement, il s'en fichera complètement de ce qui arrivera au protagoniste. Donc il s'en fichera tout autant si vous décidez de le faire mourir.
Et aussi, évitez d'assimiler la mort du protagoniste à un échec. Parce que s'il y a un truc que le public supporte moins que de voir un personnage qu'ils affectionnent mourir, c'est de suivre le parcours d'un personnage pour le voir échouer comme une merde, peu importe s'il meure ou pas.
Encore une fois, rien ne vous empêche de tuer votre personnage principal, mais si vous le faîtes, posez vous les donnez question. Est-ce que sa mort est utile ? Qu'est ce que sa mort apporte à l'histoire ? Est-ce un échec ou une victoire ? Quel impact cela aura sur le public ? Est-ce que le public aura quelque chose à foutre du personnage pour que sa mort ait un impact ?
Et aussi, à moins que vous ne voulez faire un passage de flambeau, gardez à l'esprit que la mort du protagoniste est généralement synonyme de la fin de l'histoire.

Il en va de même pour la fin. Vous voulez faire une fin tragique ? Soit ! Mais là aussi posez vous les bonnes questions ! Est ce que cette fin apporte une conclusion satisfaisante à mon histoire ? Répond elle au message que je souhaite véhiculer ? Suis-je sûr qu'elle ne vient pas comme un cheveu dans la soupe ?

Pas facile, hein ? Voilà pourquoi je piétine tant avec mes propres projets.

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